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et que je n'aurais pas même dû avoir la peine de demander ce qu'on mandait à l'Electeur dans une dépèche qu'on lui adressait dans ces circonstances, surtout lorsque je donnais un passeport au porteur. « Enfin, pour vous prouver, lui dis-je, combien je suis loin de chercher à contrarier vos communications, et que je suis plutôt porté à les favoriser, il ne faut écrire, dans cette lettre, que ce qu'on veut que je sache; pour le surplus, comme c'est une personne de confiance qui est envoyée, eh bien ! qu'on la charge de dire verbalement ce qu'on ne veut pas qui vienne à ma connaissance. » M. de Cetto trouva ce moyen on ne peut pas meilleur. Il retourna faire part de mes observations. La dépêche me fut ensuite adressée, et, après avoir pris connaissance de son contenu, je la renvoyai avec le passeport.
J'écrivis au général en chef :
Je vous adresse, mon général, différentes lettres dont plusieurs ont été interceptées, les autres prises à la poste (I). Celles qui sont dans le petit paquet avec les gazettes sont celles qui m'ont paru donner le plus de renseignements sur la marche de l'armée autrichienne et les intentions du général Kray. Vous y trouverez aussi un ordre donné à un officier d'aller faire couper le pont de Freising. Cet officier, qui a été pris en faisant son retour à Munich, m'a dit que les troupes bavaroises étaient à Landshut.
Mes reconnaissances d'hier et d'aujourd'hui n'ont plus trouvé d'Autrichiens. Comme j'avais de l'argent et des lettres à faire remettre pour des officiers prisonniers de guerre, j'envoie mon aide de camp qui me donnera des nouvelles du lieu où a pris poste M. de Merveldt.
Je vous ai prévenu, mon général, que j'avais permis aux membres du gouvernement provisoire d'envoyer auprès de l'Electeur. Ils m'ont communiqué leur demande qui porte le caractère de la bonne foi et des instances assez vives pour que l'Electeur s'occupe d'une pacification.
On a trouvé à l'arsenal 15 000 fusils dont 12 000 bons et de calibre, 6 000 pistolets dont le calibre est petit, 300 sabres pour la cavalerie, 200 pour l'infanterie, 10 000 livres de poudre de guerre. Il y a quelques
(1) Parmi ces lettres interceptées, l'une était particulièrement intéressante pour le général Moreau. Elle éiairt adressée pir un M. Wolf à l'Électeur de Bavière et datée d'Ingolstadt le 28 juin, à 10 heures du matin. D'après sa lettre, les Français s'étaient retirés le 27, à la nuit tombante, d'une partie de Neuburg, mais malgré cela, l'armée autrichienne se retirait, le 28, jusque sous les mur» d Ingolstadt sur trois colonnes. Le camp se trouvait devaut Ingolstadt où le général Kray n'était pas encore arrivé le 27, mais devait y être certainement avant 11 heures, le 28... Enfin il ajoutait que le plau du général Kray était d'occuper Rain, de gagner le Lech, et de se joindre aux généraui Merveldt et Reuss ; mais que les Français l'avaient prévenu et avançaient sur la route de Donauworth jusqu'à Neuburg, et que la communication entre Ingolstadt et Munich serait bientôt interceptée, l'avant-garde des França:s ayant dépassé Lichtenau... ^Extrait de lettres saisies à Munich, 28 juin 1800, A. H. G.).