‹ Mémoires et journaux du général Decaen. Publiés avec introd., notes et cartesChapitre 24 sur 184 · DECAEN ÉTEND SA DROITE VERS LE SUD · texte numérisé non relu

DECAEN ÉTEND SA DROITE VERS LE SUD

régiment de Croates de nouvelles levées, s'étaient établis à Benedictbeuern ; qu'ils avaient six pièces d'artillerie et que c'était le général Grùnne qui commandait; que ses troupes étaient, dix jours avant, à Schongau où était resté le 3e bataillon de Manfredini.

Je dis au général en chef que, si j'étais plus fort en infanterie, je lui proposerais de prolonger ma droite jusqu'à Wolfratshausen pour être plus à même de surveiller les mouvements de l'ennemi vers le Tyrol, parce qu'en même temps je ferais avancer sur Starnberg jusqu'à la Wûrm, à la partie supérieure du lac ; qu'alors, avec une réserve établie à Baierbrun et un échelon à Schâftlarn, je serais en mesure et solidement appuyé, et qu'avec un bataillon de plus, je pourrais faire ce que je proposais; que, la veille, il était arrivé à mes avant-postes sur la rive droite quatre hussards et un brigadier; qu'ils avaient rapporté que le 2e régiment de hulans, deux divisions de hussards de Barco , deux de Kaiser, avec 2 000 hommes d'infanterie bavaroise aux ordres de M. de Merveldt, étaient établis vers Oberndorf, au delà de la forêt d'Ebersberg; que les reconnaissances envoyées sur les différentes routes pour arriver à Munich n'avaient vu que des patrouilles ennemies qui s'étaient retirées ; mais que celle des dragons qui était allée sur Perlach était tombée dans une embuscade et y avait perdu trois dragons et trois chevaux; que, ramenée jusqu'aux avantpostes, les hussards avaient été poussés à leur tour; que quelquesuns avaient été blessés et qu'on en avait fait un prisonnier avec son cheval.

Je fis l'observation que ce régiment était médiocre pour le service des avant-postes, qu'il n'avait pas d'officiers et qu'il serait nécessaire d'y faire passer quelques jeunes gens vigoureux.

Je reçus une lettre du général Lahorie, datée le 15, de Pôrnbach, par laquelle il m'informait que, d'après les rapports des reconnaissances dirigées sur Landshut, il paraissait que l'ennemi se retirait décidément sur Passau et Braunau, et qu'il avait dirigé un assez fort détachement de Landshut sur la route de Munich ; qu'il m'en prévenait pour que je me misse bien en mesure sur ma gauche que je pouvais renforcer sans inquiétude, et que le général Lecourbe devait marcher avec une division de PfafFenhofen à Freising où l'ennemi n'avait pas même d'infanterie; que tout cela prouvait bien sa retraite au delà de l'Isar.

58 MEMOIRES ET JOURNAUX DU GÉXERAL DECAEX

11 messidor (G juillet). — Je rendis compte au général en chef que la letlre pour le général Kray qu'il m'avait envoyée avait été, aussitôt qu'elle m'avait été remise, portée aux avant-postes; que l'officier chargé de cette mission avait été jusqu'à Riem où on n'avait trouvé qu'un faible poste de hussards de Kaiser; que l'ennemi avait retiré, dans l'après-midi, ses hulans (1) sur la ligne devant moi, et que c'était tout ce que j'allais lui annoncer si, à l'instant, il ne m'était pas arrivé un homme d'Erchingqui m'avait rapporté que des chevau-légers y avaient pris poste dans la nuit du 15 au 16; qu'à Ismaning, où nous n'avions trouvé personne, il y avait des hussards et des chevau-légers; que M. de Kray était à Erding avec un corps de 15 000 hommes; que M. Gyulai était à Pliening avec 7 000 hommes, et que le bruit était répandu dans le pays que les Bavarois, sous les ordres de M. deBirkenfeld, devaient arriver à Landshut pour se réunir à M. de Kray ; que cet homme paraissait de bonne foi; qu'il avait déjà servi les généraux Férino et Abbatucci; au surplus, que j'étais en mesure et me tenais sur mes gardes; cependant, que je lui demandais ses instructions dans le cas où ces messieurs viendraient m'attaquer; que les dragons du 17e s'étaient encore fait prendre quatre hommes, par leur faute, en allant sur Wolfratshausen.

Le général en chef me manda, dans une lettre de ce jour, que la division Montrichard allait se placer entre Freising et Munich; qu'ainsi je pouvais être sans nulle inquiétude à gauche; de bien veiller [sur] ma droite jusqu'à ce qu'il m'eût fait soutenir plus fortement, et que, le lendemain ou après, le quartier général serait aux environs de Munich ; de tâcher d'avoir des nouvelles de mon front et du corps de M. de Reuss, et de les lui faire passer, le soir, à Freising.

Cette lettre étant arrivée peu de temps après celle que je venais d'envoyer, et n'ayant pas d'autres renseignements à faire parvenir, ie ne fis pas de nouveau rapport (2).

18 messidor (7 juillet) . — Je rendis compte au général en chef qu'un déserteur de Kaiser, arrivé le matin, avait rapporté que le

(1) «... Le 2e régiment <le hulans a été relevé par les hussards de Kaiser... » (Plauzonne à Laliorie, IVympheuburg, 16 messidor, A. H. G.).

(2) Le général Decaen fit, ce même jour, arrêter une réquisition de 24 000 rations de pain que le général Montrichard avait frappée sur Munich Plauronne à Lahorie, Xympheuburg, 17 messidor, A. H. G.).

Page 1