DEGAEN ET LES AUTORITES DE MUNICH
général Merveldt était parti pour le Tyrol avec le corps à ses ordres; qu'il était remplacé devant moi par le général de Rosenberg qui avait avec lui trois divisions de Kaiser, deux divisions de dragons (I) et six pièces d'artillerie sans infanterie; que je n'avais pas pu acquérir la certitude que M. de Kray fût à Erding; que j'avais seulement appris qu'il était, il y a trois jours, à Landshut; que ce déserteur avait aussi rapporté que son régiment avait quitté Landshut pour venir vers Munich ; que les cuirassiers de Lorraine, avec de l'infanterie, avaient marché sur Braunau.
Je l'informai que les ennemis avaient occupé, la veille, Wolfratshausen avec 600 hommes d'infanterie et quelques hussards; que mes découvertes avaient trouvé, le matin, beaucoup de patrouilles en campagne, et qu'on avait tiraillé pendant environ une heure à l'entrée du bois de Bogenhausen que les hussards ennemis voulaient fouiller.
Je fis l'observation que j'étais bien faible en infanterie, que j'avais au plus 4000 combattants de cette arme.
Je prévins le général en chef que mon chef d'état-major avait fait part au général Lahorie des désordres qui se commettaient sur les derrières de l'armée; que les assassinats s'y manifestaient d'une manière effrayante, et que le 8e de hussards était particulièrement désigné pour commettre ces affreux excès.
Je reçus une lettre du général Lahorie, datée de Freising le 17, pour m'annoncer que le général en chef, en approuvant mes dispositions, l'avait chargé de me prévenir que, le lendemain, les divisions Montrichard et Grandjean seraient en arrière de Munich pour me soutenir, au besoin, et que toute l'infanterie de ma division, à l'exception de la garde de la ville, pourrait passer l'Isar, ce qui me mettrait à même de bien recevoir le général Kray s'il se présentait devant moi.
Sur les plaintes qui me furent faites que les autorités de Munich mettaient beaucoup de lenteur et peu de bonne volonté à satisfaire aux demandes qui leur avaient été faites pour les besoins de la division et de l'armée, j'écrivis aux membres du gouvernement provisoire que, jusqu'à ce moment, j'avais pris les moyens les plus convenables envers eux et leurs administrés, persuadé qu'ils
(1) La lettre originale porte : Ferdinand-Drajons (A. H. G.).
s'empresseraient de me mettre dans le cas de continuer à agir de la même manière; mais que le retard, le défaut même de satisfaire aux réquisitions qui leur avaient été faites, m'obligeait de leur notifier que j'allais user strictement des droits dont jusqu'à présent je n'avais pas voulu faire usage.
19 messidor (8 juillet). — Je fus informé par le général Durutte que la division Montrichard, qui était à sa gauche jusqu'à Dietersheim, était partie pendant la nuit.
Une lettre du général Lahorie, datée de Freising le 19, m'annonça que le général en chef l'avait chargé de me prévenir que je pouvais faire rentrer les détachements qui étaient à Schâftlarn et à Dachau.
Le général en chef et son quartier général arrivèrent à Nymphenburg. Je voulus porter le mien à Munich, mais le général Moreau voulut que je restasse avec lui.
Je lui rendis compte que le chef de brigade Caulaincourt m'avait informé que l'ennemi avait attaqué, à 1 heure du matin, le poste du pont de Schâftlarn ; que sa force consistait en cavalerie qui avait été repoussée par notre infanterie et avec perte; qu'il n'était point arrivé d'autres forces à Wolfratshausen que celle précédemment annoncée; que, selon le dire de deux espions, l'ennemi aurait reçu un grand renfort de cavalerie dont la principale force était établie au couvent de Beuren (1), à neuf lieues de Baierbrun, et prolongeait sa gauche vers l'Animer See; qu'il annonçait aussi qu'un escadron de hussards du 9e et deux compagnies de notre infanterie légère élaient arrivés à 2 heures du matin à l'abbaye de Schâftlarn et qu'ils s'y étaient établis; qu'il faisait l'observation que le mouvement de nos troupes chassait l'ennemi de Wolfratshausen; [que] cela lui ôterait une de ses communications les plus essentielles avec la rive droite de l'Isa r et le forcerait nécessairement à s'éloigner, et qu'alors nous aurions un front plus resserré et moins difficile à garder; que la division Montrichard avait fait halte sur la route de Landsberg, vis-à-vis Lai m.
Je fus prévenu par le général Lahorie que la division aux ordres
(1) Peut-être Benedictbeuren. Il y a neuf lieues de cette localité à Baierbrun.