‹ Mémoires et journaux du général Decaen. Publiés avec introd., notes et cartesChapitre 30 sur 184 · DECAEN RETOURNE A MUNICH · texte numérisé non relu

DECAEN RETOURNE A MUNICH

de respecter les personnes et les propriétés, les chefs de corps devraient s'occuper de la tenue et de l'instruction, et de défendre toute communication entre leurs troupes et les Autrichiens.

Les compagnies de grenadiers réunies en bataillon reçurent l'ordre de rentrer à leurs corps respectifs; le bataillon de la 50% celui de tenir garnison à Munich jusqu'à nouvel ordre.

29 messidor (18 juillet). — Il fut expédié l'ordre aux deux bataillons de la 14e et le 10e de chasseurs, que le général Leclerc avait dû laisser à Freising pour faire partie de ma division, de se mettre en marche, le 30, pour arriver à Munich.

Le général en chef me dit que ma division avait encore à garder la partie de la ligne de démarcation depuis Valley, passant par Gmund, en suivant la jrive droite du Tegern See, traversant l'Isar à la hauteur de son confluent avec le Jachen et, de là, vers la Loisach et Murnau, liant mes postes avec ceux des troupes du général Lecourbe avec lequel je devais me concerter.

Alors je convins avec ce général, qui était venu voir le général en chef, que mes postes ne dépasseraient pas la Loisach.

30 messidor (19 juillet). — Je fis donc partir un bataillon de la 14e légère et deux escadrons du 10e de chasseurs pour aller occuper cette autre partie de la ligne de démarcation, et j'envoyai mon chef d'ètat-major établir ces troupes, le général Debilly, qui devait en avoir la surveillance, étant alors occupé à placer ses autres postes.

Le bataillon de la 50e eut ordre de partir le lendemain de Munich pour se rendre à Augsbourg.

La garnison de Munich resta composée de deux bataillons de la 100e et de deux de la 14e et de deux escadrons du 10e de chasseurs. Toutes ces troupes furent casernées.

Le matériel de l'artillerie, ainsi que celui des équipages, des vivres et de l'ambulance, furent placés à Haidhausen, sur la gauche de l'Isar. Les canonniers, les hommes du train de ces différents services furent cantonnés dans cet endroit et dans les villages aux environs.

Les officiers de la garnison de Munich étant logés chez l'habitant, où ils devaient avoir la table, je recommandai au comman-

dant de la place de convenir, avec les magistrats, des lieux où les officiers pourraient se réunir par corps ou bataillon pour manger ensemble, que ces tables seraient présidées par des chefs, et que ce serait moins onéreux pour les particuliers et plus convenable pour les officiers.

L'armistice avait fait affluer à Munich beaucoup d'officiers de tous grades et de toutes armes et surtout des employés des administrations qui s'y faisaient donner le logement et des tables dont plusieurs étaient assez splendides, et qui, même, en allant visiter Nymphenburg, quoique ce fût le quartier du général en chef, s'y faisaient servir à manger à toute heure dans les dépendances du château, se disant attachés au grand quartier général, et en si grand nombre que le grand maréchal de la cour, que l'Electeur avait fait rester à Munich, vint me représenter qu'on ne pourrait pas suffire aux consommations à Nymphenburg, s'il fallait que le maître d'hôtel eût à fournir journellement à plus de 800 personnes comme cela était arrivé le jour précédent, et qu'il me priait de prendre en toute considération ses représentations, ainsi que pour Munich où il était aussi obligé de faire fournir pour un grand nombre de tables.

D'abord, je lui dis que le général en chef n'entendait pas qu'il y eût de tels abus à son quartier général et qu'il ignorait complètement qu'on y servit d'autres tables que la sienne, et qu'il fallait demander des ordres à ce sujet à un de ses aides de camp ; au surplus, que je ferais part de ses représentations au général en chef lorsque j'aurais le plaisir de le voir.

Etant allé à Nymphenburg, je parlai au général Moreau de ces abus. Il me chargea de les faire cesser et de débarrasser Munich de son encombrement, et il me dit de revenir avec lui à Nymphenburg où, le lendemain, j'établis mon quartier général.

Alors je donnai des ordres qui mirent une fin aux abus dans cet endroit, et je notifiai au commandant de Munich de prendre les mesures les plus strictes pour que toutes les personnes qui n'étaient pas attachées à ma division ou qui ne seraient pas munies d'un ordre du général en chef et qui seraient établies en ville, eussent à en sortir sans retard et que, désormais, les magistrats n'expédieraient de billets de logement que lorsqu'il aurait autorisé ceux qui en réclameraient.

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