POSITION AVANTAGEUSE DE HOHENLINDEN
faudrait que le pain vînt de Munich, pour la droite du corps d'armée qui serait sur la rive droite de l'Isar, c'est-à-dire depuis Valley jusqu'au fleuve ; enfin que, pour une partie de la division Gudin, Wolfratshausen pourrait être un point convenable en raison de sa grande communication avec Munich.
J'écrivis au général en chef que je désirais que le lieu que j'avais choisi pour la position de l'armée sur les débouchés de Braunau et de Wasserburg fût tel qu'il le désirait; qu'ayant pensé qu'il n'avait pas entendu que je m'occupasse de tous les débouchés qui menaient à Braunau, je n'avais bien fait attention qu'à ceux par lesquels on pouvait se diriger sur cet endroit et sur Wasserburg en partant de Munich et de Freising; que le camp que j'avais jugé convenable d'être occupé sur les débouchés de ces deux points avait sa droite sur la hauteur d'Ebersberg, vers Grafing, son centre à Hohenlinden, et sa gauche en arrière d'Isen, vers Forstern, laquelle on pourrait cependant prolonger aux sources de la Vils, pour avoir bien tous les débouchés par lesquels on arrive par Dorfen sur la grande communication de Braunau.
Je n'entrerai pas, lui dis-je, dans les détails des avantages que donne cette position, soit pour l'offensive, soit pour la défensive. Il faudrait pour cela avoir des données sur les opérations à entreprendre ou faire des suppositions.
La droite du camp, sur la hauteur d'Ebersberg, est une excellente position. Il y a un champ de bataille, et on ne peut y arriver du côté de l'ennemi, sur le flanc et sur le front, que par des défilés.
De cette position, on peut très bien, par des chemins praticables, manœuvrer ou sur le débouché de Rosenheim ou sur celui de Haag, Mailetskirchen, entre Ebersberg et Hohenlinden. C'est un point intéressant si, absolument, on voulait agir sur Wasserburg. Je dis : absolument, car les approches de cet endroit, d'après les renseignements, sont assez difficiles.
Pour l'offensive et la défensive, le point de Hohenlinden est très essentiel, car c'est un point central de communication pour Ebersberg, Wasserburg, Haag et Dorfen. C'est aussi à Hohenlinden que se réunissent les chaussées de Munich et d'Erding à Braunau. Il y a aussi d'assez bonnes communications en arrière de cette position pour longer le camp.
En avant de Munich et aux environs d'Erding, les localités sont convenables pour faire le rassemblement des troupes qu'on destinerait à occuper la position de Hohenlinden (c'est ainsi que je la nomme), et pour les y diriger. Comme il y a sept lieues de Munich à Ebersberg et à Hohenlinden, et que, le jour où l'armée prendrait cette position, les avant-gardes se porteraient plus en avant pour éloigner l'ennemi à qui, je crois, il
serait difficile d'en prendre une parallèle, en avant de l'Inn, sans courir de grands risques, on pourrait très bien prendre des positions de marche aux lieux ci-après : pour la colonne marchant sur Ebersberg, à Zorneding ; pour celle sur Hohenlinden, entre Anzing et Parsdorf; enfin, pour la gauche, qui partirait d'Erding, vers Horlkofen et Walpertskirchen.
Je ne parle pas des débouchés de Rosenheim, n'ayant point eu l'ordre d'en prendre une connaissance relative à la position de Hohenlinden. Demain, j'irai sur les lieux pour en faire une reconnaissance exacte.
11 fructidor (4 septembre). — Aussitôt mon retour, je fis au général en chef le rapport suivant :
Si la position de Hohenlinden présente des avantages pour agir sur Wasserburg et Braunau, celle de Helfendorf, de laquelle on peut assez facilement communiquer à Hohenlinden par Ebersberg, n'en offre pas moins, pour agir sur Rosenheim et le Tyrol, soit pour l'assiette du camp, soit pour les mouvements de troupes qu'on voudrait faire exécuter sur Rosenheim et Kufstein ou sur le Tegern See, ou pour repasser l'Isar à Tolz pour opérer sur Innsbruck par le débouché de Mittenwald.
Du camp de Helfendorf, on peut se porter sur Rosenheim par la grande chaussée et par un chemin qui, de Helfendorf, passe par Ober-Laus, etc.. Cependant, cette communication, ainsi qu'une autre qu'on trouve à Valley, en passant la Mangfall, débouche sur la grande chaussée au\ environs d'Aibling.
La communication par Valley est peu praticable pour les voitures; mais, comme la nature du pays présente une position assez forte pour empêcher l'approche d'Aibling, cette communication de Valley pourrait faciliter l'entreprise qu'on voudrait faire sur Aibling qui est, en outre, couvert par la Glonn dont les bords sont très marécageux.
J'ai aussi remarqué que le terrain entre la Glonn et la Moosach présenterait une position défensive assez favorable à l'ennemi, si les communications avec Rosenheim etWasserburg sont aisées, ou s'il y avait un pont jeté sur l'Inn devant l'abbaye de Rott. On ne communique de Rott sur la rive droite de l'Inn que par un bac.
On ne peut bien communiquer avec Kufstein que par la grande chaussée qui part d'Aibling, y passe la Mangfall et suit l'Isar parallèlement. Il en est bien une autre à travers les montagnes, mais bien difficile; d'après les renseignements, on ne peut même être encore assuré si ce chemin est praticable pour les voitures depuis Fischbachau où il passe la Leizach, jusqu'à Kufstein. Ce chemin passe à Weyarn où, avant d'arriver, il y a un pont sur la Mangfall, et ensuite par Miesbach. Tout le terrain en arrière de la Mangfall, dans une profondeur assez étendue, présente la plus belle assiette d'un camp de rassemblement, soit qu'on veuille agir ou sur Rosenheim ou sur le Tyrol en passant l'Isar à Tôlz, parce qu'il ne faut guère compter sur une principale opération par la route du Tegern See sur
DECAEJV EXPLORE LA REGION 9i
Innshruck ou Hall, puisque l'Achen See présente un obstacle qu'on peut dire insurmontable. Lorsqu'on approche de TAchen See, on ne trouve point de moyen pour vaincre cet obstacle qui consiste dans une interruption de communication, la route n'étant point praticable pour des chariots de guerre; car, étant arrivé à Achensee, on est obligé d'embarquer les voitures sur le lac qui a plus d'une lieue et demie de longueur ; et, dans les montagnes, il règne une chaussée par laquelle on ne peut passer qu'avec des voitures du pays, et la sortie de ce défilé, ainsi que le point de débarquement, sont défendus par une trentaine de pièces de canon. Ces batteries sont établies depuis longtemps.
Ce camp, qui serait établi sur le beau plateau de Valley, avec l'avantage des communications précitées, avec de beaux appuis pour les flancs, aurait tout son front couvert par la Mangfall qui n'est abordable, quoique avec les plus grandes difficultés, que par Valley, Weyarn et Gmund. C'est auprès de ce village qu'elle sort du Tegern See. Ce serait pourtant à Gmund qu'il serait plus facile de déboucher : il y a un chemin qui conduit sur Kufstein par Fischbachau.
Les communications de Valley sur Munich et Helfendorf sont d'excellentes chaussées. Elles sont également bien bonnes de Valley et de Weyarn sur Tôlz. On a bientôt gagné la grande route qui conduit de Rosenheim à Tolz en passant à Holzkirchen. La communication de Gmund à Tolz, quoique de village à village, est très praticable; de Tôlz, il y a une communication qui remonte l'Isar et qu'on dit praticable avec des voitures jusqu'à Riss, en passant par Lenggries où il y a un pont sur l'Isar et une communication peu commode avec Benedictbeuern.
De Riss, on va par un chemin assez difficile à là maison dite Hagelhausen (1). Cette communication pourrait bien faciliter les approches de Hall et surtout servir à tourner le débouché de Mittenwald qu'on dit être très difficile. 11 serait peut-être possible que cette communication offrit quelques facilités pour vaincre les obstacles que donne l'Achen See.
La communication de Tolz à Benedictbeuern, où se trouvent les grandes routes qui conduisent à Innsbruck, soit en passant entre l'Achen See et le Walchen See, est praticable. La communication en passant par Murnau sur Mittenwald est la plus belle. Ce pays est plat et ouvert, tandis que celle par les lacs est un défilé continuel. Mais celle-ci est plus courte que l'autre de quatre lieues, car de Benedictbeuern à Innsbruck, il y a seize lieues, et, par .Murnau, il y en a vingt. Benedictbeuern, au lieu de Wolfratshausen, que j'avais indiqué comme pouvant servir de point pour une manutention, etc., présente beaucoup plus d'avantages par sa situation et ses bonnes communications.
Au surplus, mon général, l'adjudant général Guyot (2), qui a fait avec
(1) Hagelhùtte sur le 1/300 000e de Liebenow, Purschhùtte sur le 1/100 000e allemand et le 1/75 000e autrichien.
(2) Guyot (Etienne), né le 1er mai 1767, à Mantoche (Haute-Saône); volontaire au 1er bataillon de la Haute-Saône, en août 1791 ; lieutenant, le 6 septembre 1791 ; aide de
moi cette reconnaissance, répondra très bien aux questions que vous pourrez lui faire sur les objets que j'ai traités ou que j'aurais omis.
Une lettre du chef de l'état-major général, sous la date du 14, m'informa que, d'après les ordres du général en chef, les troupes du lieutenant général Grenier relèveraient les miennes, du 20 au 21, vers Vilsbiburg; que le général Grenier serait, vers le 20, sur Freising; qu'il avait adressé à l'ordonnateur en chef copie de tout le paragraphe de ma lettre relatif aux approvisionnements.
camp du général Bourcier, le 27 octobre 1793; chef d'escadrons, le 17 pluviôse an VII; adjudant général, le 25 messidor an Vil; chef de brigade, le 15 nivôse an IX: général •de brigade, le 3 nivôse an XIV; lue sur le champ de bataille de Kleiuenfeld .Prusse), le 8 juin 1807 (A. A. G.).
(1) A cette date, le gouvernement électoral prévint Decaeu qu'il venait d'expédier les commissions qui lui avaient été demandées pour MM. Grunberger, Millier. Gazzi et Urschneider par une lettre de Plauzoune en date du 18 fructidor i Le gouvernement électoral à Decaen, Munich, 5 septembre 1800, Papiers Decaeu, in-f° 77, 39, p. 25).
18 fructidor (5 septembre) (1) . — Je mandai au général Debilly de se préparer à faire faire un mouvement à sa brigade du 20 au 21 , mais de donner préalablement des ordres pour que ce qu'il avait d'infanterie et de cavalerie cantonné sur la route de Munich à Hohenlinden et à la gauche de cette route, quittât ses cantonnements, excepté ce qui formait la ligne et qui resterait jusqu'à ce qu'il fût ^remplacé, et qui, au fur et à mesure, appuierait sur sa droite; que, comme il était présumable que la division marcherait vers Helfendorf, il serait convenable que les troupes dont je lui ordonnais le mouvement fussent rapprochées de ce point et prissent leurs cantonnements entre la chaussée qui conduit à Ebersberg et celle qui va à Helfendorf.
Le général Durutte fut prévenu que le général Grenier devait faire relever sa ligne d'avant-postes du 20 au 21 (ces postes appuieraient vers leur droite lorsqu'ils seraient remplacés) ; que la portion de ses troupes qui était entre l'Isar et la ligne de démarcation devait cantonner, le lendemain, à Erding et environs, ainsi qu'à Hohenlinden et environs; que, le 20, les troupes qui occupaient Freising viendraient à Erding et celles qui seraient à Erding cantonneraient à Schwaben et environs.
Le général en chef arriva à JVymphenburg. Le chef de l'étatmajor m'avait donné avis que, le 16, le quartier général viendrait