LA GUERRE VA RECOMMENCER
Kraiburg, Mùhldorf et Wasserburg; s'ils sont pourvus d'artillerie; quel est le nombre de pièces et leur calibre;
5° Remarquer si on construit de nouveaux ouvrages et sur quels points;
6* S'informer du lieu où se trouve le parc d'artillerie, et dans quels endroits sont établis les hôpitaux;
7° Apprendre, si cela est possible, qui commandera l'armée autrichienne d'Allemagne, et si on espère que ce sera le prince Charles ; et qui commandera l'armée d'Italie ;
8° Ce qu'on dit de la paix et de la guerre ; quelle est l'opinion à l'égard du congrès de Lunéville; enfin s'informer de l'esprit qui règne dans les Etats de l'Autriche, c'est-à-dire s'il y aurait mécontentement ou indifférence dans le cas où les hostilités se renouvelleraient.
11 brumaire (2 novembre). — Le général Dessolle arriva à Munich comme il me l'avait annoncé. Le lendemain était le terme des quarante-cinq jours de suspension d'hostilités selon la convention du 3e jour complémentaire (20 septembre). Ainsi nous attendions des ordres du gouvernement pour traiter d'une nouvelle prolongation d'armistice ou bien, selon ladite convention, pour prévenir l'ennemi de la reprise des hostilités, ou enfin à recevoir de sa part cet avertissement. Nous restâmes dans cette attente jusqu'au 20 brumaire qu'il arriva au général Dessolle une dépêche du général en chef dans laquelle il lui annonçait que, d'après les ordres du Premier Consul, il fallait se préparer à recommencer la guerre, l'Autriche se refusant à faire une paix séparée de ses amis les Anglais, tandis que ceux-ci la poussaient à la guerre.
20 brumaire (11 novembre). — Alors le général Dessolle, conformément aux instructions du général en chef, expédia un officier pour le quartier général de l'armée autrichienne, porteur de la notification que les hostilités recommenceraient après quinze jours expirés, à dater de l'heure à laquelle cette notification serait remise.
D'après les instructions que me donna verbalement le général Dessolle, je mandai aux généraux de brigade de ma division qu'à compter du 22 courant, toutes communications devraient cesser
aux avant-postes, et de prescrire à leurs avant-postes qu'on devait s'en tenir strictement à celles usitées lorsque les hostilités étaient en pleine activité; cependant, qu'il n'était rien changé à l'ordre relatif aux officiers autrichiens ou courriers porteurs de dépêches; mais de faire recommander aux officiers et sous-officiers charges de les escorter de ne les laisser communiquer avec qui que ce soit qu'avec des officiers de l'armée.
Le général Debilly reçut en outre l'ordre de renforcer sa [ligne] et de la prolonger par sa gauche jusqu'à Zinneberg exclusivement où appuierait la droite du général Durutte. Il lui fut recommandé de porter son attention surtout sur le débouché d'Ettal sur Murnau; de concentrer ses troupes de manière à ce qu'en six heures de temps chaque bataillon pût être réuni à chaque point central, ces points devant être illurnau, Weilheim et Tolz pour une partie, et Holzkirchen et Wolfratshausen pour l'autre partie; que ce qui lui resterait de cavalerie non employée sur la ligne d'avant-postes sur la gauche de l'Isar ne devrait pas être éloigné de Tolz de plus de deux marches.
Ce général fut invité d'établir son quartier au centre de sa brigade pour être en mesure de pouvoir surveiller sa ligne. Il fut prévenu que deux pièces de 4, et des caissons de munitions et de cartouches lui étaient envoyés. Il lui fut recommandé de se faire rendre compte sans retard de l'état de l'armement, et que, s'il manquait des armes, les chefs de corps devaient sur-le-champ adresser leurs états de demandes pour qu'ils fussent envoyés au général Eblé, commandant en chef l'artillerie de l'armée.
Ces dernières dispositions furent mandées au général Durutte auquel il fut aussi ordonné d'établir ses avant-postes de la manière la plus convenable pour garder tous les débouchés depuis la droite du lieutenant général Grenier jusqu'à Zinneberg.
Un des émissaires envoyés aux nouvelles était de retour le 18 et, par son rapport, que je communiquai au général Dessolle, on apprit que le régiment de hussards des frontières était à Haag; que le baron Daniel, colonel de ce régiment, commandait provisoirement toute la chaîne de postes jusqu'à Wasserburg, montant à 6 000 hommes, dont 2 000 de cavalerie; qu'à Ampfing, il avait trouvé deux escadrons de Kinsky ; qu'à Mùhldorf et dans les environs, il y avait 3 000 à 4 000 hommes récemment arrivés de la