ON PRÉPARE LA REPRISE DES OPÉRATIONS
trichard de relever mes postes depuis la Loisach jusqu'à l'Isar. Le général Debilly fut prévenu de cet avis, et des ordres lui furent donnés pour faire passer sur la rive droite de l'Isar ce qu'il avait des troupes de sa brigade sur la rive gauche, ainsi que ses postes quand ils seraient relevés, et de les placer dans les nouveaux cantonnements qui lui furent indiqués.
30 brumaire (21 novembre). — Les renseignements qui me parvinrent à la fin de brumaire apprirent, entre autres choses, que l'artillerie qui avait été envoyée des bords de l'Inn en Bohême, après le premier armistice, était en mouvement pour se porter, une partie vers Straubing et Ratisbonne; et l'autre, renforcée par trois bataillons, se portait vers Schârding, Braunauet Wasserburg ; [que] les batteries le long de l'Inn, depuis Passau jusqu'à Mùhldorf, venaient d'être garnies avec des pièces de différents calibres et que tous les ouvrages de Braunau, en deçà et au delà de l'Inn, étaient achevés et garnis d'artillerie ; qu'auprès de Straubing, on formait en toute diligence un grand magasin de farine, avoine, etc..
Les divers rapports annonçaient des mouvements de troupes se dirigeant sur différents points ainsi que des transports de vivres et de munitions.
Le quartier général était toujours à Wels. Cependant plusieurs généraux et officiers supérieurs avaient rejoint leurs corps respectifs.
L'archiduc Charles, disait-on, commanderait indubitablement la levée en masse de la Bohême. Les troupes paraissaient très animées par la gratification de deux mois de gages accordée par l'empereur.
Un grand corps de cavalerie se portait au delà de l'Eger.
Les dernières recrues qui manquaient encore pour compléter les différents corps venaient d'arriver de la Moravie, et l'armée d'Allemagne serait de 100 000 hommes.
On présumait que les Autrichiens dirigeraient leurs plus grandes forces sur Wùrzburg et que c'était là qu'ils voulaient attaquer avec vigueur.
L'armée n'était pas contente de l'archiduc Jean, et il n'était pas encore décidé qui commanderait l'armée d'Allemagne.
Les officiers sont très mécontents. Ils jurent contre la guerre,
les généraux et les minisires, et disent qu'il faudrait que les Français allassent à Vienne pour faire revenir l'empereur de son égarement où l'ont conduit des ministres mal intentionnés.
Les Bavarois, sous les ordres du duc de Deux-Ponts, étaient placés entre Miihldorf et Oetting.
L'Electeur continuait la levée extraordinaire pour former son armée.
Le peuple bavarois commence à manifester un esprit mutin, ce qui est excité par les charges de guerre qu'ils ont à supporter.
L'état-major général de l'armée autrichienne est composé des généraux Schmidt, Lutz, Kouheics (1), Weyrother, Stipsics et Lauer. Ces deux derniers sont constamment auprès de l'archiduc Jean.
On a été fort étonné, au quartier général, à l'arrivée de la dénonciation de l'armistice. On a expédié des courriers et des estafettes sur-le-champ.
Le sentiment de plusieurs officiers est que leur armée n'agira que défensivement sur le centre, et qu'elle attaquera avec vigueur les Français du côté du Tyrol et par la Franconie pour les tourner. On porte leur armée du Tyrol à 60 000 combattants.
On répand, dans l'armée autrichienne, que 40 000 Russes sont déjà arrivés dans la Galicie.
Les officiers autrichiens comptent sur un nouvel armistice. Ils disent que l'empereur ne tardera pas à céder encore quelques places.
Les habitants de l'Autriche, poussés à bout par le manque de numéraire, les contributions, les prestations de vivres et fourrages, les logements et les transports, etc., sont fort indifférents sur ceux qui remporteront la victoire, soit Autrichiens ou Français, pourvu que la guerre finisse.
La Révolution française avait, dès son commencement, jeté des germes de liberté dans les divers états de l'Allemagne. Les invasions des armées françaises dans ce pays, leurs victoires, la conquête de l'Italie et la création de la République cisalpine avaient beaucoup contribué à faire désirer un tout autre système de gouvernement que celui qui existait pour l'Allemagne en général
(1) Peut-être faut-il lire Juerczick.