‹ Mémoires et journaux du général Decaen. Publiés avec introd., notes et cartesChapitre 54 sur 184 · DEBILLY MECONTENT · texte numérisé non relu

DEBILLY MECONTENT

ordonnées. Mais comme je savais qu'il avait été mécontent de n'avoir plus son quartier général à Munich depuis la seconde suspension d'hostilités, changement qui n'avait eu lieu qu'en raison de l'ordre qui m'avait fait occuper plus de terrain à ma droite, j'attribuai cette observation inconvenante à un reste de mauvaise humeur : cependant, j'étais loin de penser que ce général me donnerait lieu, dès le lendemain, de lui écrire moi-même que je n'étais pas satisfait de sa manière d'agir.

6 frimaire (27 novembre) . — Ayant attendu à Munich les ordres du général en chef avant de partir pour me rendre à mon quartier général, mon chef d'état-major, d'après l'instruction qui venait de m 'être donnée verbalement, écrivit de suite au général Debilly :

Le général de division me charge de vous mander sur-le-champ les dispositions suivantes :

Vous ne vous dirigerez pas sur Zorneding comme il avait été précédemment convenu; mais, aussitôt que vos troupes auront été relevées à Helfendorf, vous vous établirez à Lindach, Munster et Schlacht. Vous ferez relever les postes du général Durutte à Zinneberg et à la droite du général Richepance. Vous lierez vos postes par la droite avec ceux de l'aile droite.

Cette position vous est indiquée, plus pour servir de réserve à la gauche de l'aile droite, qu'à tout autre service. Vous ferez vos dispositions en conséquence; et surtout, vous ferez reconnaître les débouchés par lesquels vous pourriez vous rendre, pour être utile à l'aile droite, sur Helfendorf, au premier ordre que vous recevrez.

Vous préviendrez le général à votre droite de ces dispositions et, aussitôt votre établissement, vous en ferez le rapport au général de division à Zorneding.

J'ordonne au commandant d'artillerie de diriger sur-le-champ quatre caissons de cartouches et de pierres à feu en suffisante quantité sur Schlacht par Zorneding. Ils ont ordre de marcher jusqu'à votre brigade en relayant dans les villages. Envoyez au-devant pour leur direction à chacun de vos bataillons. Si les caissons de votre brigade fussent venus étant vides au parc, les bataillons en eussent eu une suffisante quantité.

Après cet ordre expédié, je partis pour me rendre à mon quartier général. Pendant la route, mon chef d'état-major reçut du général Debilly l'avis suivant :

11 est 10 heures, et toute ma brigade se trouve réunie à Helfendorf. J'ai vu hier le général Roussel, et je sais que je ne serai relevé qu'à midi dans ma position. J'en partirai aussitôt pour Zorneding.

L'ordonnance qui apporta cette lettre ayant dit que le général Debilly était arrivé de sa personne à Zorneding, ce qui faisait ju ger que l'officier qui lui avait été envoyé le matin lui porter des ordres ne l'avait pas rejoint, mon chef d'état-major me précéda pour informer ce général des dispositions qui lui avaient été envoyées, ainsi que pour arrêter le mouvement des troupes de sa brigade. Mais, lors de mon arrivée à Zorneding, il me rendit compte que le général Debilly prétendait avoir raison, « parce qu'il s'était conformé ponctuellement » , disait-il « à l'ordre qu'il avait reçu » , et qu'en outre il lui avait fait quelques observations fort déplacées.

De suite, j'écrivis à ce général :

Informé que vous étiez de votre personne à Zorneding, je vous avais envoyé le chef de l'état-major de la division pour vous prévenir qu'un officier vous avait été envoyé sur Helfendorf pour vous donner de nouveaux ordres. Je devais croire que votre brigade devait être encore à Helfendorf car, d'après les instructions qui vous ont été adressées le 4, vous auriez dû apercevoir que je n'avais pas présumé que les troupes de l'aile droite arriveraient aussi tôt à leur position, puisque je vous avais dit que ce serait le 6 que vous vous établiriez à Helfendorf. D'un autre côté, mon instruction vous disait de vous diriger sur Zorneding aussitôt que vous seriez relevé ; je vous disais aussi de me prévenir aussitôt que les troupes de l'aile droite se présenteraient.

Vous auriez dû juger, citoyen général, que, vous demandant d'être prévenu, c'était afin de vous indiquer l'emplacement de votre brigade. Je n'entre dans ces détails que pour vous prouver que l'ordre que je vous avais donné était très clair et que, si vous l'eussiez suivi, vous vous seriez trouvé dans le cas d'exécuter le nouveau que je vous ai adressé et dont je joins une copie à la présente.

Cependant comme il ne faut pas que les troupes souffrent de cette manière d'agir, établissez-les pour la nuit le plus convenablement. Informezmoi du lieu où elles seront; et demain, une heure avant le jour, vous rassemblerez votre brigade, pour aller prendre rétablissement qui vous a été indiqué par l'ordre précité.

Au contenu de cette lettre, qui ne pouvait pas être autrement, surtout d'après ce qui m'avait été rapporté des mauvaises observations faites par le général Debilly, au lieu de se rendre auprès de moi dès qu'il avait appris mon arrivée, ce qui m'aurait sans doute évité de lui écrire, il me fit une réponse dans laquelle il s'écarta de toutes convenances. Voici celte réponse :

Si vous aviez eu la bonté, citoyen général, de m' indiquer, dans chacun de vos ordres, le point où je devais communiquer avec vous, vous auriez

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