COMPOSITION DE LA DIVISION DEGAEN
répandre des pamphlets et il en parut plusieurs dans le moment où il fut question que les hostilités allaient probablement recommencer.
Entre autres brochures, on remarqua l'adresse des députés des Etats de Bavière à l'Electeur, dans laquelle toutes les voix réunies demandaient la convocation des Etats encore dans le courant de Tannée.
Un autre ouvrage, attribué au comte de Rieg (1), ayant pour titre : Un mot à Voreille et au cœur de Maximilien- Joseph II} était un libellé contre les patriotes qui, pour y risposter, publièrent l'Agonie de la noblesse et des prêtres dans la Bavière, et un autre, le Baiser fraternel républicain, Van I" de la liberté germanique.
Depuis la notification faite aux Autrichiens que la suspension des hostilités devait cesser le 7 frimaire, tous les corps de notre armée cantonnés dans la Souabe, le Wurtemberg et la Franconie avaient reçu Tordre de marcher en Bavière.
Dès le jour de cette notification, les troupes de ma division avaient reçu Tordre de se préparer à se mouvoir au premier ordre. La ligne d'avant-postes avait été renforcée et la surveillance avait été recommandée.
Cette division se composait alors de 8 044 combattants.
Demi-brigades :
14e d'infanterie légère 2 202
4e de ligne 1 844
100e de ligne 2083
Cavalerie :
6e régiment de chasseurs 654
10e régiment de chasseurs 608
17e régiment de dragons 514
Artillerie :
3e compagnie du 5a d'artillerie à pied 62
2e du 3e à cheval 77
(1) Peut-être faut-il lire Rieger.
Pour pouvoir diriger cette division avec plus de facilité sur le point qui me serait désigné, j'avais fait passer l'Isar à la majeure partie des troupes.
2 frimaire (23 novembre). — La brigade du général Debilly fut réunie vers Tolz, Wolfratshausen et dans l'espace compris entre la rive droite de l'Isar et la chaussée de Munich à Tolz par Holzkirchen. Celle du général Durutte fut concentrée sur Erding et environs, excepté les troupes en garnison à Munich qui devaient y rester jusqu'à nouvel ordre.
3 frimaire (24 novembre). — Le général Debilly fut prévenu que, les troupes de l'aile droite ayant reçu l'ordre d'occuper tous les débouchés de la rive gauche de l'Isar, il devait, en conservant sa ligne d'avant-postes sur la rive droite, concentrer sa brigade à Holzkirchen et s'y établir lui-même, et qu'il recevrait des ordres, le lendemain, pour se rendre à la position qui serait indiquée pour la division.
Il fut ordonné au général Durutte de placer ses troupes à Riem et environs, sans rien changer à ses avant-postes sur la ligne, qui le rejoindraient lorsqu'ils seraient relevés par les troupes des autres divisions de l'armée.
4 frimaire (25 novembre). — Le général Lahorie, chef de l'état-major du centre de l'armée, m'adressa l'ordre du général en chef daté du 4, que je vais transcrire :
La division du général Decaen se mettra en marche de manière à être arrivée, le 6, dans la position suivante : une faible brigade sera placée, jusqu'à l'arrivée des troupes de l'aile droite, à la position de Helfendorf pour couvrir le débouché de Rosenheim; elle étendra sa gauche jusqu'à Zinneberg. Le surplus de la division, à l'exception de quelques compagnies (qui resteront jusqu'à nouvel ordre pour la garnison de Munich), prendra position à Zorneding, en réserve de la division aux ordres du général Richepance qui prendra, le 6, position sur Ebersberg avec deux: brigades et qui sera réunie en entier, le 7, sur cette position dont la gauche appuiera à Mailetskirchen et la droite s'étendra jusqu'à la Moosach, vers Aking.
Le général Decaen est prévenu que le général commandant l'aile droite a ordre de diriger des troupes sur la position dHelfendorf, pour couvrir la route de Rosenheim. A leur arrivée, qui probablement aura lieu le 7,
DECAEN S'ÉTABLIT A ZORiVEDIMG 121
le général Decaen fera replier par Moosach sur Zorneding, à moins d'ordres ultérieurs.
Le général Decaen est invité à prévenir du lieu où s'établira son quartier général. Celui du général Moreau s'établira après-demain matin à Anzing, sur la route de Munich à Hohenlinden.
Le général Decaen est prévenu que le général Grandjean prendra aujourd'hui position en avant de Parsdorf, la gauche à la chaussée de Hohenlinden, la division placée perpendiculairement à la route, et que la réserve de cavalerie se placera en arrière de Parsdorf, en avant de Munich.
En conséquence de ce qui m'était prescrit, le capitaine Valée, commandant l'artillerie, reçut l'ordre de faire partir de Bruck (1) et environs, où ils étaient cantonnés, l'artillerie légère et le parc de la division pour se rendre, le 5 à Haidhausen, et le 6 à Zorneding et Haar.
Il fut mandé au général Durutte qu'il devait, le 6, faire occuper Neukirchen et plusieurs autres villages aux environs de Zorneding; qu'il tiendrait seulement, avec les troupes à ses ordres, les avant-postes entre la gauche du général Debilly, qui appuyait à la Glonn, et la droite du général Richepance qui devait appuyer à Alxing.
Ce qu'il y avait de troupes de cette brigade à Munich devait en partir le 5 pour être aussi cantonné, le G, aux environs de Zorneding.
Le général Durutte fut prévenu que le quartier général de la division serait établi, le 6, dans ce village.
Mon chef d'état-major écrivit au général Debilly :
Le général de division me charge de vous transmettre les dispositions suivantes :
Vous prendrez position avec votre brigade à Helfendorf, chaussée de Munich à Rosenheim, gardant les débouchés qui conduisent sur Rosenheim et Rott, et vous liant par votre gauche avec les troupes qui seront établies à Zinneberg. Vous vous mettrez en marche demain 5, et vous vous établirez après-demain 6 en position.
Les troupes de l'aile droite devant vous relever dans cette position, dès qu'elles arriveront, vous vous formerez sur la route de Zorneding, et vous vous dirigerez sur ce point, à moins que vous ne receviez un ordre contraire. Vous avertirez le général de division à Zorneding dès que les troupes de l'aile droite se présenteront pour vous relever. Le général de
(1) A 25 kilomètres à l'ouest de Muuicli.
division attend de vous un rapport sur les troupes ennemies qui se trouvent devant vous.
Dans Tordre du 3, le chef d'état-major avait prévenu le général Dehilly que les distributions se feraient le lendemain, en pain et en viande, jusqu'au 8, et que les ordres avaient été donnés en conséquence au commissaire des guerres. Une lettre de ce général au chef d'état-major lui annonça :
Je reçois Tordre du 4 pour rassembler mes troupes à Helfendorf le 6, et couvrir les débouchés de RosenheimetRott. Il sera ponctuellement exécuté.
Les troupes qui sont devant moi sont les mêmes que celles dont je vous ai parlé dans mon dernier rapport. C'est toujours Bender- Infanterie et quelques hussards de Grenz.
Montaulon me mande à Tinstant que l'ennemi est maintenant retiré à deux lieues en arrière la ligne. Les fourriers de toutes armes sont ici depuis ce matin pour recevoir les vivres jusqu'au 8 inclus. Il ne s'est encore présenté aucun administrateur. Je les retiendrai jusqu'à demain et je vous dirai si on s'est conformé à vos dispositions.
Le chef de l'état-major reçut une autre lettre du général Dehilly datée du 5. Il lui mandait :
Après avoir fait attendre les troupes pendant 24 heures, les préposés sont enfin arrivés ce matin. Celui aux viandes fait abattre en ce moment, et il est 4 heures. Vous verrez, par la copie de Tordre ci-joint, comment ce service est organisé. Vous devez mieux savoir que moi à qui vous en prendre d'un retard si long et si fatigant.
Je vous ai mandé hier que les avant-postes autrichiens s'étaient retirés à deux lieues en arrière. Ils sont revenus ce matin à la pointe du jour, chantant et portant lauriers en tête (1). Les paysans montrent aussi beaucoup de gaité. Ils donnent des nouvelles si diverses que je ne puis ajouter foi à aucune. Les officiers autrichiens ont ramené leurs équipages sur la ligne.
Les émigrés suisses sont à Rosenheim.
Le débouché sur lequel les ennemis ont jeté le plus de monde est sur le Tegern See. On fait nombre de 6 000 à 8 000 hommes chargés de le défendre.
Le premier paragraphe de cette lettre manifestait de l'humeur. Le retard dont se plaignait le général Debilly était effectivement fâcheux; mais le chef d'état-major, qui avait donné ses ordres, n'était pas la cause s'ils n'avaient pas été ponctuellement exécutés. Ce général savait fort bien qu'il survient des obstacles imprévus qui contrarient et retardent l'exécution des dispositions les mieux
(1) « Les Autrichiens ont l'usage de porter une branche de buis, laurier ou autre rameau vert à leur coiffure lorsqu'ils sont en guerre » (Ko te de Decaen).