DECAEN SE PORTE SUR OBING
Le général Lecourbe, qui a passé l'Alz aujourd'hui à Seebruck, marche demain sur Traunstein, et le général Grouchy se portera en réserve sur Seebruck, en échelon sur la route de Salzburg.
Vu ce qui m'était recommandé, les commandants de brigade reçurent l'ordre d'avoir leurs troupes rassemblées entre 9 et 10 heures du malin à Halfing, et de les y conduire par les chemins les plus courts et les plus praticables.
De ce lieu de rassemblement, la division marcha par Amerang sur Obing, chaussée de Wasserburg à Salzburg, où elle prit position en avant et en arrière de ce village, ayant une avant-garde de la brigade Durutte placée à la hauteur de Rabenden, qui devait envoyer un parti sur Altenmarkt et des patrouilles vers la division Grouchy.
Le chef Laffon, avec toutes ses troupes, fut chargé de flanquer la gauche de la division, et d'aller prendre position à Feldkirchen, endroit vers lequel Montaulon avait à l'avance été dirigé, d'envoyer un parti sur Trostberg et d'éclairer sur la rive gauche de l'Alz jusqu'à Tacherting.
Le quartier général de la division fut établi à Obing.
Un premier rapport du chef Laffon m'apprit qu'il était arrivé à la position de Feldkirchen à 9 heures du soir, que les chemins étaient assez mauvais surtout pour l'artillerie; que, n'ayant pas trouvé le chef d'escadrons Montaulon, qui était devant lui, il y avait apparence qu'il s'était porté à Trostberg et que, selon mes instructions, il allait envoyer un parti sur Tacherting et se lier par des patrouilles avec les avant-postes du général Durutte; qu'il n'avait trouvé aucun parti ennemi; qu'il paraissait qu'il n'avait passé par Feldkirchen que très peu de monde; que, d'après les renseignements qu'il avait pris, l'ennemi était cà dix lieues sur la route de Salzburg.
Le général Durutte me rendit compte que l'ennemi n'occupait pas Altenmarkt; qu'il y était allé avec 25 chevaux ; qu'il avait appris que l'ennemi tenait un poste à Stein, au delà d'Altenmarkt, sur la route de Salzburg; que la colonne ennemie qui s'était retirée la nuit précédente et le matin par Altenmarkt s'était divisée en deux corps qui avaient marché, l'un directement sur Traunstein, l'autre sur Waging, route de Salzburg; qu'Altenmarkt était sur la rive droite de l'Alz, que cette rivière lui avait paru torrenu. 11
162 MÉMOIRES ET JOURXAUX DU GÉNÉRAL DECAEX
tueuse et peu profonde; que, le lendemain matin, il enverrait trois ou quatre compagnies d'infanterie avec un escadron de chasseurs s'emparer du pont d' Altenmarkt et qu'il ferait pousser des reconnaissances en avant de la rivière sur les routes de Traunstein et de Salzburg.
Je fis mander sur-le-champ au général Durutte qu'étant allé lui-même jusqu'à Altenmarkt, il aurait dû laisser un poste pour la garde du pont sur l'Alz et, dès son retour à Rabenden, envoyer des troupes sur Altenmarkt, afin de pouvoir garder l'embranchement des deux routes ci-dessus, ce qu'il lui était recommandé de faire le plus tôt possible.
Il fut rendu compte au général Lahorie de l'emplacement de la division ainsi que des renseignements qu'on avait eus pendant la journée; et que le parti de Montaulon et d'autres détachements de l'avant-garde avaient fait une centaine de prisonniers (1).
J'avais appris, pendant la journée, que l'ennemi avait quitté Wasserburg la veille au soir.
Les troupes laissées en observation devant cette ville avaient reçu l'ordre de passer l'Inn, dès que la communication avait été rétablie, pour rejoindre la division.
Le général Debilly leur avait fait prendre position à Pfaffing (2), eutre Wasserburg et Ofoing. Il m'eu fit informer par son aide de camp qui me remit de sa part la lettre suivante :
Je vous préviens, citoyen général, qu'en vertu de ma demande au générale Dessolle, j'obtiens de passer à d'autres ordres qu'aux vôtres.
Veuillez bien me dire si je dois attendre, pour partir, l'arrivée du général Lacour.
Malgré tous les désagréments que j'ai éprouvés à votre division et qui ne peuvent rester ignorés, je tiendrai ma brigade tant que je pourrai y être utile et, tout ressentiment cessant, je ferai à sa tête tout ce que comportent mes faibles talents et ma bonne volonté. J'ai l'honneur de vous saluer.
Le général Dessolle m'avait prévenu que le général Lacour (3)
(1) « ... Son avant-garde (celle de Decaen) a fait une quarantaine de prisonniers de la garnison de Wasserburg qui s'est retirée hier sur Salzburg par Altenmarkt... • (Plauzonne à Lahorie, Obing, 20 frimaire, A. H. G.).
(2) Pfaffing se trouve à 800 mètres à peine au N.-N.-E. d'Obing.
(3) Lacour (Bernard-Nicolas), né le 25 janvier 1771, à Ivoy (Ardennes) ; soldat au 18e régiment, le 20 septembre 1789; sergent, le 11 mai 1790; sous-lieuteuaut, le 15 novembre 1791; adjudant général chef de bataillon, le 21 «ivùse an II; chef de bri-