CHAPITRE X
Durutte reste à Salzburg. — Decaen suit Richepance sur Vôcklamarkt. — Decaen à Vôcklamarkt. — La poursuite des Autrichiens continue. — Richepance culbute leur arrière-garde à Schwanenstadt. — Decaen se dirige sur Wels. — Combat de Wels. — Succès de Laffon. — Decaen passe sur la rive droite de la Traun. — L'archiduc Charles propose à Moreau une suspension d'hostilités. — Decaen conseille à ce dernier de la refuser et de marcher sur Vienne. — Belle réponse de Moreau. — La marche vers l'est continue. — Decaen à Kremsmiinsfer. — II y apprend la suspension des hostilités. — Excès de confiance de Richepance. — Decaen à Neuhofen. — L'archiduc Charles tardant à répondre, l'armée française continue son mouvement en avant. — Grùnne, Weyrother et Lahorie discutent les conditions d'un armistice. — Convention de Steyr. — Decaen s'établit à Emis. — 11 va passer quelques jours à Munich.
25 frimaire (16 décembre). — Ayant reçu Tordre de diriger ma division sur Neumarkt, mise en marche à 10 heures du matin, elle y fut cantonnée et dans les villages aux environs.
Deux escadrons et un bataillon restèrent à Salzburg avec le général Durutte. Dans la soirée, je reçus du général Lahorie la lettre ci-après :
Tu sais sans doute, mon cher Decaen, que le général Richepance a pris position en avant de Strass walchen.
Demain, il marchera sur Vôcklamarkt, éclairant en même temps la route de Frankenburg. L'intention du général en chef est que ta division marche sur Frankenmarkt. L'ennemi opposera peut-être une résistance un peu soutenue sur ce point; alors tu te mettras en ligne à droite du général Richepance et vous pousserez l'ennemi de concert.
Le général Grouchy marchera pour prendre position sur Strasswalchen, en réserve de vos deux divisions.
La réserve de cavalerie arrivera à Neuhaus. Une division de l'aile droite longe FAber See pour se porter sur Gmunden.
La brièveté des jours oblige à des marches un peu courtes (1).
26 frimaire (17 décembre). — La division, rassemblée en avant de Strasswalchen (2), suivit le mouvement de la division Riche-
(1) « La terre était couverte de neige » (Note de Decaen).
(2) « A 11 heures du ma'.in... » (Decaen à Moreau, Xeuliofen, 2 nivôse, A. H. G.).
pance qui avait trouvé une forte arrière-garde en avant de Frankenmarkt et qu'elle poussa jusqu'au delà de Vocklamarkt.
L'opposition de cette arrière-garde n'exigea cependant pas que j'entrasse en ligne; mais la brièveté du jour ne permit pas à cette division de se porter en entier au delâdeFrankenmarkt; la mienne prit position entre cette ville et Strasswalchen.
J'envoyai mon rapport, et le général Lahorie m'écrivit de Xeumarkt :
Je te préviens, mon cher Decaen, que le général Ilichepance a ordre de se mettre en marche demain à 11 heures précises du matin pour se porter par Redi sur les hauteurs en avant de Ungenach, couvrant en même temps la communication d'Ainwalding sur Wolfsegg.
Le général Grenier arrivera avec la tête de sa division en arrière de Haag et Unterhaag, et le général Grouchy, en réserve sur Bierbaum. L'intention du général en chef est que tu marches directement par Bierbaum sur Vôcklabruck et que tu forces cette position de front, en même temps qu'elle sera débordée par le mouvement du général Richepance.
Tu enverras des partis sur ta droite vers Gmunden pour communiquer avec le corps du général Leeourbe qui se portera en partie sur ce point.
Le général Moreau sera demain à Frankenmarkt. Règle ton mouvement, pour l'heure, sur celui du général Richepance (1).
27 frimaire (18 décembre). — La division, rassemblée à 11 heures du malin à Bierbaum, fut dirigée sur Vôcklabruck, d'où je fis écrire au général Lahorie :
Le général Decaen est arrivé à Vôcklabruck sans avoir eu rien à faire. Le général Richepance a poussé l'ennemi jusqu'à deux lieues au-delà de cette ville sur la route de Schivanenstadt La division a pris position à Vôcklabruck, ayant son corps d'avant-garde à Regau, à l'embranchement des deu\ routes sur Gmunden et Schwanenstadt.
Il a poussé un parti sur Gmunden pour avoir des nouvelles du général Montrichard. Il vous fera part de ce qu'il pourra savoir d'intéressant.
Le général Richepance parait avoir fait beaucoup de mal à l'ennemi : il a pris le général Lôpper. Sa division est toujours suivie d'un train considérable des équipages qui nous gêne dans nos marches. Ne pourrait-il pas les diminuer?
(1) Le 26, Kniaziewicz écrivait à Decaen : « Je vous fais remettre, eu même temps que ma lettre, général, uu drapeau wuitembergeois qui, après le passage de la Salzach. fut pris, à l'aile gauche, par mes tirailleurs, au moment où l'ennemi, coulant cacher sa lâcheté, le séparait du bâton » ,'Kniaziewicz à Decaen, Grosskissendorf [?], 26 frimaire, A. H. G.).