‹ Mémoires et journaux du général Decaen. Publiés avec introd., notes et cartesChapitre 8 sur 184 · DECAEN DEMANDE DES ORDRES A LECOURBE · texte numérisé non relu

DECAEN DEMANDE DES ORDRES A LECOURBE

pour se Vendre à Aislingen où il recevrait de nouveaux ordres.

Le général Durutte reçut Tordre de réunir sa brigade près de Burgau et d'en partir à 2 heures précises diL matin, pour se rendre aussi à Aislingen en suivant la marche du général Debilly par Baumgarten .

La réserve, avec l'artillerie et les équipages, reçurent l'ordre de se rendre aussi sur Aislingen, en passant par Rofingen et Ulehrenstetten, et j'envoyai un officier d'état-major au quartier général pour prévenir que j'avais dirigé toute ma division sur Aislingen et que j'y serais rendu de ma personne à 4 heures du matin, ainsi que je l'avais mandé au général Lecourbe. Mon officier d'étatmajor me rapporta, le lendemain matin, à Aislingen une lettre du général Lahorie, datée du 29 à minuit, dans laquelle il me mandait qu'il venait de recevoir à l'instant mon avis de la marche de ma division et du lieu que j'avais choisi pour son rassemblement; que, d'après l'heure à laquelle je serais rendu sur Aislingen, je me trouverais pleinement en mesure de soutenir le général Lecourbe; mais qu'il était indispensable que la division dépasse Aislingen dans sa position pour arriver sur la route de Dillingen parce que le général Grandjean, avec ses cinq bataillons et ses deux régiments de cavalerie, se placerait entre Aislingen et Weisingen pour y attendre les ordres de son mon veinent ultérieur sur Dillingen. Il me prévint que le général en chef allait se rendre à Aislingen même,

30 prairial. — Cette nouvelle disposition fut exécutée, et la division prit sa position en masse de manière à pouvoir se mettre en marche au premier ordre; et des reconnaissances furent envoyées pour s'approcher des ponts de Lauingon et de Dillingen, afin de reconnaître dans quel état ils étaient et travailler à leur réparation aussitôt que cela serait possible.

Ne recevant pas de nouvelles du général Lecourbe et ayant entendu une canonnade du côté de Blindheim, entre les 5 et 6 heures du matin, j'envoyai aussitôt un de mes aides de camp pour informer ce général de la position que je tenais et pour lui demander ses ordres.

Quelque temps après, je reçus une lettre du général Lahorie, dans laquelle il me mandait que le général en chef venait d'être prévenu par le général Lecourbe que son passage avait manqué

sur Dillingen (1) et qu'il se portait sur Blindheim pour en tenter un nouveau sur ce point; et que l'intention du général en chef était que je me tinsse prêt à soutenir le mouvement du général Lecourbe et de me diriger, sur sa demande, vers le point où il aurait forcé le passage, s'il était assez heureux pour y parvenir; et il me fut répété que le général en chef allait venir me voir et qu'il allait s'établir à Burgau.

Mon aide de camp, de retour de sa mission et qui, par sa prompte diligence, avait fait crever son cheval, m'annonça que le général Lecourbe ne lui avait pas donné d'ordre à me transmettre. Comme il était alors en plein succès, il ne voulut probablement pas qu'on eût à dire qu'il avait été secondé dans son opération. Ce singulier procédé me donna un peu d'humeur. J'en informai de suite le général en chef par un officier que j'envoyai vers lui, ainsi que pour le prévenir que, d'après le succès du passage et en attendant ses ordres, puisque le général Lecourbe n'avait pas jugé à propos de m'en donner, j'avais fait travailler à réparer les ponts de Lauingen et de Dillingen et que j'allais toujours faire rapprocher une partie de mes troupes du pont de Dillingen qu'on m'avait annoncé pouvoir être réparé vers les 6 heures du soir, s'il n'arrivait pas d'événements contraires aux travaux.

Enfin le général en chef étant arrivé, il m'ordonna de faire avancer le reste de ma division vers le pont de Dillingen où je me rendis de suite avec lui. Nous arrivâmes au moment où les réparations venaient d'être terminées, entre 6 et 7 heures du soir.

Comme le général Lecourbe, en poursuivant l'ennemi en remontant la rive gauche du Danube, avait dépassé Dillingen, le général en chef passa sur-le-champ de l'autre côté du fleuve. Je le passai avec lui. Mais dès que nous fûmes de l'autre côté du pont, on entendit le canon. Alors, d'après les ordres du général en chef, je fis avancer au trot, pour nous suivre, le 6e régiment de chasseurs, le 13e de cavalerie et ma compagnie d'artillerie légère; et mon infanterie reçut l'ordre de marcher avec diligence.

A une lieue environ de Dillingen, nous rencontrâmes le général Lecourbe dans sa voiture et qui revenait vers nous. Il rendit compte au général en chef de sa position et de celle de l'ennemi

(1) Decaen, qui s'était porté vers Dilhngeu, avait pris l'échec de Lecourbe pour une fausse attaque (Plauzonne à Lahorie, Aislingen, 30 prairial, A. H, G ).

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