LECOURBE VA TENTER LE PASSAGE DU DANUBE
brevet d'une grenade d'honneur que le général en chef avait accordée, sur ma demande, au citoyen Denis, brigadier de la 2e compagnie du 3e régiment d'artillerie légère; et l'autre, l'envoi d'un brevet de sous-lieutenant pour le maréchal des logis Coffin, du 6e régiment de chasseurs à cheval, avec recommandation de leur témoigner la satisfaction du général en chef de la manière distinguée avec laquelle ils servaient.
Je reçus l'ordre d'envoyer le 17' de dragons pour être momentanément aux ordres du lieutenant général Grenier, et je fus prévenu que le 6e de hussards, qui arrivait à l'armée, suppléerait au besoin à remplacer le 17e de dragons.
Je fus aussi prévenu que la division resterait eu position ce même jour (1).
29 prairial. — Ayant reçu, à 6 h. 30 du matin, une lettre du chef de l'état-major de l'aile droite pour me prévenir que le général Lecourbe commencerait son attaque sur Hochstâdt et Dillingen, et qu'il m'invitait à me tenir prêt à marcher pour le soutenir, et que j'en recevrais sans doute l'ordre du général en chef s'il ne m'était déjà parvenu, j'écrivis sur-le-champ au général Lecourbe que j'allais de suite faire part au général en chef de ce qu'il me mandait; et que, d'après ses ordres, je marcherais pour remplir ses intentions.
Ayant transmis de suite au général en chef ce que m'avait écrit le général Lecourbe et demandé ses ordres, le général Lahoiïe me répondit que l'intention du général en chef était effectivement que je me tinsse prêt pour me porter, à la première demande du général Lecourbe, sur Dillingen ou Hochstâdt, pour le soutenir sur le
12 prairial an V; général de division, le 24 germinal an VII; conseiller d'Etat; employé à l'armée d'Espagne en 1808, à la Grande Armée en 1812; retraité, le 19 août 1812; commandant en chef de la garde nationale de Paris; destitué en 1815; mort à Paris en 1828 (A. A. G.).
(1) A cette date, Decaen rendait compte à Morean qu'il avait exécuté la reconnaissance que celui-ci avait ordonnée, et indiquait différentes positions que pourrait occuper sa division. Il ajoutait : « L'officier du 6e de chasseurs, que vous avez vu hier et qui a été accusé d'avoir pris un cheval et de l'argent, se trouve coupable. Le chef, auquel j'avais renvoyé cet officier, a porté lui-même la plainte pour qu'il soit traduit à une commission. Mais les officii-rs l'ont engagé à faire ses efforts pour que le coupable ne soit pas jugé. Ils lui ont fait donner sa démission. Je vous demande pour ces officiers, s'il est possible, que vous l'acceptiez. J'attendrai votre réponse... » (Decaen à Moreau, Burgau, 28 prairial, A. H. G.). La démision fut acceptée par Moreau (Lahorie à Decaen, Dillingen, 3 messidor, A. H. G.).
point où le passage serait forcé par ses troupes ; que, dans ce moment, je devais réunir ma division dans la direction de Dillingen, en la rapprochant de ce point; et que, dans la supposition où le général Lecourbe ne me préviendrait d'aucun mouvement à faire dans la journée, de me mettre en marche le lendemain, à 2 heures du matin au plus tard, pour arriver à une demi-lieue au plus deDillingen, disposé à marcher sur ce pointou surHôchstâdt.
Je fus prévenu que le général Grandjean se mettrait en marche à 2 heures précises du matin, pour se porter par Aislingen, la droite à la route de Dillingen, à la hauteur d' Aislingen (1).
Il me fut recommandé d'instruire fréquemment des événements qui arriveraient dans la soirée, et surtout, si le général Lecourbe me demandait de marcher avant 2 heures du matin, afin de faire exécuter au général (irandjean son mouvement aussitôt que je commencerais le mien.
J'annonçai de suite au général Lecourbe que, d'après l'ordre que je venais de recevoir du général en chef, je me porterais avec ma division, à sa première demande, sur Dillingen ou sur Hôehstàdt; mais que, dans le cas où, dans la journée, je ne serais pas par lui appelé (faisant l'observation qu'il était 10 heures du matin), je ne me mettrais en marche que le lendemain à 2 heures du matin, pour arriver sur un point d'où je pourrais me porter ou sur Dillingen ou sur Hôchstâdt; que j'avais désigné Aislingen pour lieu de rassemblement puisque, de là, je pouvais me rendre sur celui qu'il me désignerait. Je le prévins que, si je n'avais pas de ses nouvelles dans la soirée encore, je serais à Aislingen, de ma personne, le lendemain à 4 heures du matin.
A la fin du jour, j'écrivis au général Lahorie qu'il n'avait point eu de moi de rapport le matin parce que je n'avais rien à lui mander, mais que, depuis midi, l'ennemi avait établi sur la rive gauche du Danube, en face d'Offingen et en remontant le fleuve, quelques postes de Manteaux-Rouges et de dragons de Wurtemberg.
N'ayant point reçu de nouvelles du général Lecourbe, je donnai ordre au général Debilly de réunir son avant-garde au pont d'Offingen afin d'en partir à 2 heures du matin pour se rendre à Baumgarten, où il devait réunir toute sa brigade, et de partir de cet endroit
(l) L'adjudant général Perrin, chef d'état-major de Grandjean, dit : « Sur les hauteurs d'Aislingen » (Perrin à Lahorie, 29 prairial, A. H. G.).