partie» contractaiiteB , et surtout ce qui regarde la •Ragêie
Mate Toid quelques ebservatkNW que font naître d'antres passages de cette note.
1. Nous avons vu ce que c'était que la projpo* sitlon de Talleyrand, d'établir figaUié entre les deux puissances; M. Fox lui répond ainsi: „I1 est vrai que nous nous sommes mutueUement .accusés; mais il ne sert à, ilen de discuter les argumens sur lesquels ces accusations ont été fondées. Saua désirons €omme Vous VégalUé. Nous ne -sommes pas assurément compta1>les l'un à l'autre de ce que nous faisons chez noî$s; et le principe de réciprocité à cet égard que V. E. a proposé , paraît juste et raisonnable.**
Par cette réponse, M. Fox paraissait admettre dans toute son étendue cette égalité très peu honorable que Talleyrand avait mise en avant. Car, pour l'article des CLCcusaHons^ Il a l'air de placer sur la même ligne la France et l'Angleterre; complaisance extrêmement dangereuse, peu faite pour combattre dans l'esprit public llmpresskTn qu'avaient pu produire tant de dénonciations perfides contre son pays. £t, quant à l'avenir, il entre avec la même facilité dans lès insinuations scandaleuses de Talleyrand. Cette proposition quil lui plaît d'appeler ajuste et raisonnable^* était, ou une maiserie (si elle ne s'appUquait qu'aux affaires domestiques), ou un véritable attentat contre le droit puldic, si, comme rien ne nous permet d'en douter, elle ne tendait qu'à une réciprocité d'injustice. Voici, selon moi, quelle aurait dû être la réponse de M. Fox:
„La discussion des événcmevs passés ne serait
pas à sa pkce dass ce monent; nous pourrions l'aborder sans crainte, et sans dësavoner len principes qui nous onl guidés* Qiiant à rayenlr, nous niiésMarons jamais à reeonnaitre le principe de ré- -dprodté ^par rapport à ce que chacune des deux puissances peut faire cftes Me: nous n'en sommes pas assurément comptables Tun à Tautre; et pour ce qui regarde les autres états, leurs droits seront toujours sacrés pour nous.*
-^2» Il est difficile de concevoir ce qui pouvait engager M. Fox à accorder „ que peui - être la puissance de la France sur terre, comparée à celle du reste de l'Europe, n'est pas égale à la supériorité que rAngleterre possède sur mer, envisagée sons le même point de vue.** D'abord rasserCion est fausse, ou do moins exfrémement louche en elle-même.
Dans le parallèle entre la supériorité continentale de la France, et la supériorité maritime de l'Angleterre, il manque le tertinm eomparaHenis. Ce parallèle serait également vrai , mais également Insignifiant, si, par exemple, dans l'époque d'une grande décadence de toutes les autres puissances maritimes, l'Angleterre ne possédait que le tiers de ses forces actuelles, tandis que la F^rance aurait étendu son pouvoir jusqu'aux frontières de la Chine. Et pourquoi donc admettre des choses pareilles? pourquoi fournir maladroitement des armes à ceux qui ne tendent sans cesse qu'à présenter la grandeur maritfme des Anglais comme un objet de terreur pour l'Europe?
Ce qui suit est bien . autrement fort : mH ne faut plus se dissimuler que le prof et de combiner toute l'Europe contre la Erance, e9t chimérique au dernier points — Malheur à l'homme d'état qui pourrait
admettre et prêcher une dectrbie pareille ! Pourquoi donc ce projet était -il chimérique? Ge que M. Fox veut bien appeler toute VEuropey ise réduisait à trois grandes puissances, dont la réunion entraînait de suite tout ce qui avait conservé son indépendance. Où était donc Vimpossibilité de former une ligue pareille? Et si M. Fox avait <^u reconnaître cette impossibilité, de qael droit érigeait -il en principe général ce qui n'était que son opinion particulière? De quel droit dépouillait -il les autres puissances de la seule ressource qui leur était restée pour rétablir leurs affaires communes? De quel droit sur^ tout garantififsait-il à l'ennemi commun la perpétliité .de sa domination monstrueuse, en rayant du nombre mêmes des chances 'possibles la seule et unique combinaison par laquelle on pouvait y mettre un terme, et en déclarant l'Europe déchue de tout espoir d'affranchissement quelconque ?
Je ne sais pas si on peut pardonner à Bl. Fox d'avoir eu une opinion pareille; mais je sais bien qu'on ne doit pas lui pardonner d'en être conv^iu vis-à-vis des Français. Je crois qu'il se^'ait difficile de trouver, dans l'histoire de toutes les transactions diplomatiques, une déclaration plus Indiscrète, plus déplacée, plus impolitique, et, tout bien considéré, une démarche plus complètement blâmable.
H. Talleyrand , • quoique protrâtant contre l'admission de la Russie aux négociations, n'avait pas dit ^qull la regai*dait comme l'équivalent d'un congrès ^^[ pourquoi donc lui prêter cette explication^ et faiblir gratuitement l'espérance de cette grande mesure, une de celles qui pourraient sauver l 'Europe. Plutôt quç de la soumetti'e, comme tout le reste , à
la bonne volonté du gouvernement Français Cquf se gardera bien d'y consentir Ubrement), on aurait mieux fiedt de ki passer sous silence.
4. On est singulièrement surpris , en lisant , à la fin de cette note, »qu'il n'y avait plus qtt*un seul pakU essentiel sur lequel les deux puissances n^étaient point d'accord/^ A l'exception d'un stérile lieu commun (que la paix devait être honorable pour les deux partis, etc.)? on n'était encore convenu de rien. Pour juger la paix aussi facile, il fallait en avoir bien la passion.
No. VlII. ♦ Lettre de Talleyrand à M. Fox.
Du 16 Arril.
Cette pièce est un clief- d'oeuvre d'adresse et de finesse diplomatique. On a rarement vu une mauvaise cause défendue avec tant de supériorité.
L'objet était de prouver „qu'à aucun titre, et pour aucun motif, la Russie ne devait être appelée dans la négociation proposée entre la France et rAngleterre."
Et les argumens sont: ,)que le traité d'alliance conclu entre rAngleterre et la Russie, n'avait aucun l'apport avec la guerre qui existait depuis près de deux ans entre la France et l'Angleterre" ; — „que si l'Empereur adoptait le principe de négocier maintenant avec l'Angleterre unie à ses nouveaux alliés, Il admettrait implicitement que la troisième coalition existe encore , que la guerre d'Allemagne n'est pas
* No. VI dés pièces françaises.
fiole, que cette gaeete est la méflie que eeUe qae la France soutient contre l'Angleterre, etc.*" U était , sans doirte , f acOe de répondre :
1. due lorsque deux puissances se tnrayent alliées de fuity il ne convient pas à celle qui est en guerre avec Tune et l'autre, d'examiner le titre,
. j^époque, les condittons primitives, ou les modUicatiens postérieures de leur alliance.
2. Cln'en suf^osant même, pour un moment, qu'une prétention aussi incon^tible avec Findqiendance des cabinets 'et avec tous les rapj(iorts politiques, pût être admise, le raisonnement de M. Talleyrand n'en serait pas ilioins un sophisme: car le traité du 11 d'Avril 1805, fondement de Talliance en question, était conçu en termes généraux, et sans aucune relation directe avec ce qu'on appelle la troisième coalition, laquelle, à l'époque de ce traité, n'était pas même formée encore ; quoique ce ne soit que par un article séparé, que le projet d'inviter V Autriche à accéder à cette alliance, a été originairement introduit.
Cependant, comme après tout, il dépendait iudubitablement du gouvernement Français d'admettre une négociation commune avec l'Angleterre et la Russie, ou de s'y refuser par telle raison, ou sous tel prétexte qu'il lui plaisait de choisir, arrêtons* nous plutôt au principe général qui a dicté cette dépêche remarquable.
Il est connu que, dans toutes les époques des guerres produites par la révolution, les Chefs du gouvernement révolutionnaire ont tenu, avec une obstination qui ne s'est Jamais démentie , à la maxime ,^de repousser toute négociation qui les mettrait aux
.prises avec fkm d'une puissance à la fsis.*' — Consacré par une espèce de tradition, ce pifndpe des paix séparées a été légué an gonvemenent acCnel, qui ne s'en est jamais départi.
Ce qni caractérise particnlièrenieni le prix que l'on attache à cette maxime, c'est qae pins d*uae fois, dans le cours de ces guerres, il aurait été, d'après toutes les idées reçues, plus avantageux pour le gouvernement Français, de se décider à une négociation commune, que d'insister sur les négociations partielles, puisque, l'Angleterre ayant fait des conquêtes, on aurait du raisonnalilement espérer qu'elle en ferait des objets de compensation. Mais telle a été la politique iufernale , invariablement suivie par ce gouvernement, quV a subordonné toute autre coiisidération à celle de diviser les puissances^ — Il aurait renoncé a un avantage certain, acheté par une négociation qui eAt seulement fait présumer l'union parmi ses ennemis, persuadé (et non pas sans raison) que, pourvu qu'il les séparât sans cesse, il finirait par les écraser tons.
' Il est extrêmement curieux d'observer combien cette même politique continue à se développer et à se maintenir , au faîte même de la grandeur et de la force où ce gouvernement se trouve depuis quelques années. Jusqu'au mois d'ÂvrU 1806, Bonaparte et Tidleyrand ne connaissaient pas de danger plus effrayant, ne concevaient pas d'humiliation plus sensible, que d'admettre (ne fàt-ce qu'implicitement) que la troisième coalition existait encore, que la guerre d'Allemagne n'était pas finie, et que cette guerre (voilà le grand point!), que cette guerre était la mène que celle que la Firanee ssutient contre V Angle-
terre. La stmple apparence d'iule uiitté. de but et de caractère dans les opérations des antres gonveroemens, les choque, les alarme si fort, qu'ils aiment mieux prolonger la guerre, et tous les maux qu'elle fait souffrir à la France, que éPavoir Vair de reconnaître une coalition bu des fragmens seulement d'une coalition. „C'est ainsi qu ils eussent négocié, s'ils eussent été battus!^
Mais,, d'un autre côté, qui peut ne pas sentir combien les puissances de rSurope ont contribué au succès de ce système par leur faiblesse, leur irrésolution, leur conduite équivoque et vacillante^ et leurs tristes jalousies et mésintelligences ? «Quel est rhomme d'état, par exemple, qui eut pu i^iprouver lès formes (nous ne disons rien du fond et des moyens), mais les formes seulement et la marchç de cette coalition de 1805, puisque enfin il faut lui donner ce titre, quelque peu qu'elle l'ait mérité? La puissance le plus directement intéressée à s'opposer aux progrès de Bonaparte, l'Autriche, après avoir été tourmentée pendant un an pour qu'elle veuille bien se sauver elle-même, est, pom* ainsi dire, glissée dans un traité entre l'Angleterre et la Russie. Un trie^ article supplémentaire annonce son aecesaion. La guerre éclate; F Autriche y par sa position géographique, devient ce qu'elle aurait dû être de tout tems, puissance principale de. la coalition; la Russie fait marcher ses troupes, sans jamais annoncer pourquoi , sans instruire ni ses peuples ni les autres des causes ou de l'objet de la guerre; et F Angleterre, que l'ennemi commun accuse à grands cris d'être le principal ressort et l'ame de tous les mouvemens, et qui aurait dû au moins ambitionner
de l'être, est remée par les antres piiiaBaoces, comme si c'était une honte ou un «rime de se trouver en alliance avec elle ! * Peut-on être surpris, après cela, que des hommes, malheureusement trop habiles à profiter des fautes de leurs adverssdres, prétendent aujourd'hui hautement ^que les guerres de rAngleterre et celles du continent n'ont aucun rapport entre elles ?^^ Peut -on s'étonner de les entendre dire ^que ce n'est que sur les champs de bataille, où la troisième coalition a été détruite, qu ils ont été officiellement informés que la Russie en avait fait partie ?*< On apprend, au reste, par cette même dépêche, un fait assez intéressant, ^qu'il existait entre la Bussie et la France des propositions directes de négocia"
* TMeyrand a bien relevé, dans une note postérieure, le scandale de ces demi -coalitions, lorsqn^il a parlé ^d'alliances si peu conformes à la véritable politique de tel et tel pays^ que la première clause en a toujours été, d4t. les tenir êecrèUs.^^ — Si le secret n'avait été observé que jusqu^au moment où les opérations communes devaient éclater, il aurait pu être sag^e et nécessaire. . Mais quand on voit qne TAutriche et la Rassie, à la veille même de l'explosion , se promettent eacore soigneusement de cacher leurs liaisons avec l'Angleterre; qaand on voit qu'au milieu de la guerre, l'Empereur, chassé de sa capitale, dans une proclamation datée de Brunn^ où il ose même compter parmi ses alliés cette Prusse , qui tremblait de le paraître, évite enan'e de nommer l'Angleterre, dont il reçoit les secours depuis deux mois; quand on pense qne l'Alliance de 1805 serait encore un point problématique, si le ministère Anglais Cpeut-être pour se venger de tant d*affronts) n'avait pas publié les pièces officielles — ou conçoit comment,* à la fin, les sopfaismes les plus perfides des Français ont pa s'accréditer en Europe, et comment, malgré l'éoormité de l'erreur, les peuples ont pu s'imaginer „que ces alliances étaient en contradiction avec la véritable politique de l(urs pays,"
Genftz, JHémoires. 9
tiens*'' Voyez aussi .^The state af, the megoeiatimt'* p. 57^ sq.
No. IX.
Lettre de M. Fox à Talleyrand.
Cette dépêche est la meilleure de M. Fox. U répond d'abord parfaitement aux prétextes allégués dans la note Française pour éloigner la Russie des négociations. Il prouve que rien n'est plus absurde, que de prétendre que l'égalité, de droits ou d'avantages entre deux gouvememens serait blessée par une négociation commune; il propose même, et ti*ès adroitement, que, pour faire disparaître cette difficulté imaginaire, la France n'avait qu'à admettre l'un ou l'antre de ses propres alliés. -^ Passant des prétextes aux motifs réels, il observe, avec autant de v dignité que de justesse , » que toute autre forme (que celle d'une négociation conumune) ferait haitre le soupçon que la France entretenait eJfTectfvement le projet chimérique qu'on lui reproche, d'exclure l'Angleterre de toute relation avec les puissances du continent.^
Après l'aveu de la note précédente „qu'il existait entre la Russie et là France etc.,** U est triste de lire dans celle-ci: ,, Quant à l'ouverture que la Russie •Vous a faite, noîis ne savons ce qui en est; mais, quelle qu'en soit la nature, nous sommes persuadés^ etc., etc.
No. X.
Lettre de Talleyrand à Fox.
Da 2 Jom.
La plus grande partie de cette lettre est écrite avec une insolence notable. Dans plusieurs passages on reconnaît même la touclie de Bonaparte. «Exiger de la France qu'elle traite avec VAn^terre sur le principe de son alliance ayec la Russie, c'est fa supposer dans un état d^àbaissement^ c'est lui imposer un mode de négociation cwn^rmirt amx usages; c'est offenser le cara^ère Frunçms; il faudrait avoir en* vabi la Belgique, et être à la veille de pénétrer en Picardie par les débouchés de la Sonne, peur triompher à cet égard de leur répugnance.* — Cependant on proteste contre le soupçon qu'on ait voulu exclure rAngleterre de ses Ikdsoris avec les puissances du continent. ^La France ne peut vouloir ni ce qui est injuste, ni ce qui est absurde* (et pourtant les extraits seuls du Moniteur, où ces liaisons sont présentées comme tout ce qu^ll y a dé plus monstrueux, de plus funeste, de plus criminel, formeraient un volnme considérable 1). „Mais traiter sur les principes de ces alliances, c'est plus que les sonflRrir et les i*econnaître , c 'est en quelque sorte les consacrer, les cimenter et les garantir.* — Enfin (par un «xcès de générosité), la Fraaee veut bien consentir, 1. à négocier dans les mêmes formes préliminaires qui furent adoptées en 178t; 3. à établir deux principes fondamentaux: le preuifer, tiré de la lettre de M. Fox, du 26 Mars (nous l'avons discuté à sa place). Le second sera une reconnaissance
ia2
eu faveur de Tune et de Tautre puisssance de tout droit d'intervention et de garantie dans les affaires continentales et marîtimes/*
Cette dépêche avait tout ce qu1l faDait pour dévoiler les véritables intentions de ses auteurs. Qu^eiit dit le gouvernement Français, si jamais un autre gouvernement quelconque eût osé lui en adresser une pareille!
D'abord on veut bien en convenir : la France ne peut pas empêcher les puissances continentales de former des liaisons avec l'Angleterre; mais elle 3e regarderait comme humiliée, si elle devait entrer en négociation sur la base d'une liaison pareille. C'està-dire, elle veut bien les souffrir^ lorsque par malheur elles existent de fait; mais elle se refuse, une fois pour toutes, à chaque demande qui ferait présumer qu'elle: les admet, qu'elle les reconnaît de droit. Ce sont de ces transactions clandestines qu'on est aasez miignanime d'ignorer, aussi long-tems qu'elles restent dans les ténèbres, mais contre lesquelles on s'atme de toutes ses rigueurs, aussitôt qu'elles se montrent au grand jour. C'est ainsi que le gouvernement Français ose traiter une alliance libre et honorable entre deux des premières puissances de l'Europe. . La doctrine exposée ici, et le principe »du droit d'intervention respective, accordé à la France et à l'Angleterre pour les affaires continentales et maritimes,*^ se trouvaient dans une contradiction palpable. Si on voulait permettre à l'Angleterre d'intervenir généralement dans les affaires qui regardent le continent, il était tout- à- fait inconséquent et absurde de se prétendre offensé et humilié par la demande d'une forme de négociation qui supposait
son alliance avec la Russie; ce qn'on avait Talr d'accorder, était beaucoup plus précieux que ce qne Ton reiîisait. Mais cette même contradiction trahissait l'insigne mauvaise fol d'une proposition absolument illusoire, et qne Talleyrand n'avait mise en avant que pour chicaner en tems et lieu FÂngleterre sur les principes de son système maritime. D'ailleurs c^ était une singulière générosité que celle de proposer à une puissance un droit qui lui appartenait de tout tems'^ Bonaparte pouvait s'épargner la peine nd'ériger en principe^^ ce qui ne pouvait jamais être révoqué en doute; et la prétention de ^favoriser TAngleterre, en lui permettant de plaider dans les négociations pour tel ou tel intérêt continental, ne fournissait qu'une preuve de plus du dessein mille Ms proclamé, de l'exclure des aflTaires du continent.
No. XI.
M. Fox à Talleyrand.
Da 14 Jain.
La plus grande partie de cette réponse est juste et convenable.
M. Fox a parfaitement relevé la fausseté et Tabsurdité de l'assertion que, négocier avec deux puissances à la fois, était contraire aux usages reçus; ou humiliant pour une troisième puissance. Il a très heureusement cité les négociations de 17§S, où M. de Vergennes proposait à l'Angleterre de traiter en commun avec la France , l'Espagne et la Hollande , sans que jamais l'Angleterre se fût cfûe dégradée par cette proposition. Enfiin, en acceptant le principe d'une réciprocité d'intervention dans les
affaires de l'Europe, il a ajouté: «bien entendu que nous convenons aussi mutuellement de s'abstenir de tout projet attentatoire aux droits des états plus ou moins puissans qui la composent, ^^ observation un peu tardive qui aurait produit un bien plus grand effet, si elle avait été faite plus tôt, et dans une occasion qui paraissait la provoquer particulièrement (No. VIL), mais dont toutefois le caractère était tel qu^elle ne se trouvait déplacée nulle part. Mais il y a aussi dans cette même réponse plusiew*s points très sujets à la critique.
1. En disant que, traiter en commun avec la Russie et PÂngleterre, n^était que reconnaître le fait, et non pas le principe de leur alliance, M. Fox avait certainement raison. Mais le gouvernement Français, quoique très mal à pi*opos , avait attaqué le principe : M. Fox aurait donc dû le défendre. Il paraissait ^abandonner par son silence; et il s^agissait pourtant ici d^un des intérêts majeurs de l'Angleterre.
2. M. Fox prétend que, „après la manière franche dont Talleyrand avait désavoué l'intention qu'on lui a imputée à tort (!!!), par rapport aux liaisons continentales de PAngleterre, U ne peut plus exister le moindre doute sur ce point essentiel; et quMl serait extrêmement fâcheux que des difficultés qui regardaient la forme j plus que la chose ^ fissent •continuer une guerre que les deux gouvernemens souhaitent également de terminer.*^ — Tout le monde n'aura pas été de son avis. Nous nous flattons d'avoir suffisamment prouvé, dans ce que nous avons dit sur la lettre précédente, qu'il s'en fallait que ce prétendu désaveu eût été un modèle de fr^nchiaçy et que, loin même d'être un désaveu, ce n'était
qu'une tournure nouvelle pour eooflrmer le principe Insolent d'une séparation nécessaire d'intérêt entre TAngleterre et le continent.
3. Enfin, toute cette pièce respire un empressement pour la paix, contraire à la diguité du gouvernement Anglais. Lorsqu'on est déterminé à négocier, il faut parler un langag^e pacifique, personne ne soutiendra le contraire ; miûs Fintérét d'une grande puissance, engagée dans une guerre très sérieuse, et capable de résister à son epueini, exige qu'elle ne se jette pas à ses pieds pour obtenir ce qu'elle a le droit de prétendre. Or, lorsque, dans un moment, où la possibilité même de la paix n'était établie que de la manière la plus vague (car aucune baae proprement dite n'avait encore été articulée), et en réponse à des lettres insolentes, comme celles que nous venons d'analyser, on entend dire un Ministre d'Angleterre >,qu'il n'existe plus que ^ difficultis de formé^ — ^que les prlndpes ^erts par l'ennemi sont parfaitement conformes aux vues de son gouvernement^ — et que, npowr peu quil puisse agir de manière à n'avoir rien à se reprocher vis -i- vis de aoa allié, il sera content", etc. etc. etc. — on ne peut se défendre d'un sentiment pénible.
CommunicatioD de Lord Yarmouth à M Fox. *
tu 13 Juin.
Les points les plus remarquables dans ce Mémorandum sont:
* D^aprè^ une explieali^n donnée paiCLerd Howîc% dan« la séance du 30 Déceihbi'e) lea onvertares faites à Lord
ioir
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1. Qae Talleyrand insista sur l'impossibilité où se trouvait la France, de négocier conjointement avec T Angleterre et la Russie; et que cependant, à la fin de la conversation, il déclara: ^^qu'Us étaient prêts à consentir à ce qu*un Ministre AngledSy autorisé par V Empereur Alexandre^ négociât pour les deuiv puissances.^^ En réfléciiissant à ce qu'il y ^ait de contradictoire dans cette conduite: la forme proposée par Talleyrand, remplissant presque mieux l'intention du gouvernement Anglais, que radmission de deux plénipotentiaires distincts; en se rappelant ensuite que, lorsque Talleyrand lâcha cette proposi> tion, il devait être instruit de Fenvoi prochain d'un négociateur Russe, on serait tenté de croire que Lord Yarmouth ne Tavait pas bien compris.
2. Talleyrand dit que, pour écarter toute discussion précédente, et faciliter à VAngletet^re la possession de Malte ^ il avait, dans une dépêche, envoyée quelques semaines auparavant à M. Fox, proposé Lille au lieu d^ Amiens, (ce qui veut probablement dire, la base des conférences de Lille, au lieu de celle du traité d'Amiens'), pour négociet* un traité définitif. — Aucun mot d'une prc^ositton pareille ne se trouve dans les lettres de Talleyrand à Fox, telles qu'elles ont été publiées.