ECRIT AU MOIS ITAOUT
^^XJn traité a été Tiolé, mafas c*est celui d'Amiens; ce fiest point céfui de LunévUle, Quelle puissance se plaint à cet ég^ard? Est-ce F Autriche y qui en a qudque droit, quelque prétexte? Et-ce VAutriche qui Voseraitf Ne se souYient-eOe pas de quH abtme elle a été tirée par un traité le plus utagDanime qu'un vainqueur ait Jamais scellé avec les vainéus? C'est en Autriche, c'est i Vienne que tout doit parler de la modération de FEmpereur des Français. Sa puissance, son génie, sa grandeur ont laissé des traces sur un trône qu'il û deux fois rehevé de sa chuteJ^
Extrait des Journaux de Pa)ri« du 31 JoIlleC.
Je prends la liberté de mettre sous les yeux de Votre Excellence iin article qui aurait pu Lui échapper, puisqu'il n'a pas de prime abord l'air d'un article oflSciel, et qui ne s'est pas originairement trouvé dans le Moniteur; "Mais comme cet article a paru le même jour dans les trois journaux que je lis, (Publiciste, Journal de Paris, Journal des débats), et probablement dans tous les autres qui ne sont pas venus à ma connaissance; que par conséquent aucun de ces Journaux n'a pu le copier de Tautre , il est
évident qu'il doit avoir été insère par ordre exprès du Gouvernement. C'est d'ailleurs si fort le style de ce Gouvernement, que personne ne saurait s'y më* prendre.
Jusqu'ici PÂutriche, quoique souvent attaquée dans Tes diatribes officielles des papiers de France, l'avait cependant toujours été avec une espèce de ménagement, et moins par des insolences directes, que par des réflexions, insidieuseii, 4Qf nîenaces sourdes, et de perfides allusiofis. C'est daiis Fartiche, h jamais mémorable, qui a servi de répofKSie k la note deM^ir. de Novosilzoff, qu'on a pour. la première foi» maltraité cette puissance,^ sans voile et sans pudeur. Le morceau, dont je parle ici, a suivi cet article de si près, que si nous ne parvenons pas à eiMii^cer Forage après, ces premiers cou(>s , nous devons nous attendre à des explosions intermina^bles.
Il est assez triste que le Gouvernement François, jouissant déjà de tous les genres de prépondériMice,.ait encore dans ces dernières années exercé sur ropinfon publique de l'Europe une espèce de dictature perpétuelle^ établie peu -à -peu par les entreprises inouïes, mais jamais contrariées, de son Journal officiel. Depuis long-tems les Souverains auraient dû faire cause ^commune, du moins par les protestations les plus énergiques, conti*e un abus aussi révoltant et aussi intolérable; abus, qui dans toute autre époque de rhistoîre aurait infailliblement produit, à lui seul, lès guerres les plus sanglantes. Mais enfin, lorsque tout le monde se soumet, on n^a pas le droit de prétendre qu'une seule puissance se s^mfie pour l'intérêt général; et comme TÂutrichp souflfraitnioiiis que plusieurs autres états sous le rapport dont il est
question, eUe pouvait se taire, sam se compromettre directement. . '
Les circonstances ont changé. Ânjottrd'hnl l'Autriche est . insultée de la manière la plus ouverte et la plus atroce^ Doit^elle encore Ignorer ce qui fait le scaadale de l'univers? Doit- elle se cacher, lois* qu'on la provoque par les reproches les plus insultans, par lés défis les plus audacieux, par un langage tel qu^aucnn particulier ne le tiendrait impunément vis* À- vis d'un autre, à moins que celui-ci ne consentit à être Pohjet du mépris universel? Elle ne le doit pas, elle ne le peut pas; ses ennemte seuls, les ennemis de sa glorie et même de son existence, peuvent le lui conseiller.
^ Loin de nous cette fausse et dangereuse qiinion qui voudrait établir qu'un Gouvernement a «quelque chose de mieux à faire que de relever et de combattra des articles de Journaux. Un gouvernement n'a jamais rien de mieux à faire que de maintenir et de défendre son honneur. Et quand ce qui blesse cet honneur, compromet encore ses intérêts de la manière la plus funeste, le cas devient si urgent, que toute hésitation doit cesser. On écrirait de grands livres pour développer tout ce que le funeste privilège du gouvernement Français d'endoctriner et d'insuherl tout le monde, a déjà produit de malheurs.' Le Moniteur est devenu le maître absolu de*^ l'opinion publique,, et il le restera, tant que les arrêts qu'il ne se lasse pas de prononcer contre les Souverains, ne seront contredits par personne. Je sais bien que les hommes supérieurs n'en sont pas la dupe; mais il s'agit de la multitude, et aux yeux de celle-ci il suffit que quelqu'un soutienne sa thèse avec une
grwnAe intrépidité, et qull ait trouvé le moyen fe réduire les antres au silence, pour qu'on s'eo remette aveuglément à sa décision.
Loin de noiis encore cet aatre Heu commua perfide, qu'il serait au-dessous de la dignité d'une cour de prendre part à une guerre de libelles* Tant que les libettstes sont ce quils doivent être, la maxime peut avoir . quelque fondement; * encore ne doit «elle être admise qu'avec des restrictions. Mais lorsque, par lui bouleversement sans exen^de, un 11belliste devient le Chef d'un des premiers états de TEurope, et qull continue son métier à l'ombre d'un trône — malheur à ceux qui traiteraient ses insaltes avec indifférence! Les articles en question ne sont pas seulement officiels, fis sont plus 4fu'ofjficielêj puisque c'est l'homme qui commande à trente milT lions de ses semblables, qui les écrit lui-même, qui les fait publier sous son autorité, qui les avoue hiiutemeni Sous quel prétexte se soumettrait -on. à un aussi ei&oyaUe désordre? Un Souverain qui descend chaque jour dans l'arène des gazetiers «-- un gazetier qui fait chaque jour trembler les Souverains -^ ce mélange monstrueux, cette étrange confusioii des pouvoirs, est -il possible qu'elle subsiste, sans dissoudre lés derniers liens de l'ordre social? Cluand on a eu le malheur de reconnaître pour Souverain un homm% tel que Bonaparte , il me semble que le moins qu'on puisse faire, c'est de le forcer de se conduire en Souverain.
Mais comment remédier à cet énorme abus?
Quelle digue opposer à ce torrent dévastateur?
Il y aurait plus d'un moyen pour arriver à ce but, et sans exposer même la cour Impériale à une res-
ponsabilïté directe. MMs, sachant d'avance' qii*attcini de ceux que je pourrais indiquer pour résoudre le probl&ne en grand, ne serait admis, et ne voulant pas me livrer ici à de vaines discussions, Je m'en tiendrai à celui qui me parait le plus simple, le pins expéditif^ et le plus convenable à un danger iéjk teUement pressant, qu'il n'y a plus un Jour i perdre pour le combattre*
Je crois que Sa Majesté TEmpereur devrait autoriser yoti*e Excellence à faire insérer dans les gasettes les |dtts répandues de PÂHemagne, notamment dans celle de Francfort et de Mannheim, un article mesuré, déeent, noblement écrit, mais en même tems fejrme, vigoureux, et bien prononcé, pour réfuter ce que les derniers articles officiels de France (surtout ceux du 24 et 31 Juillet) contenaient d*injurieux contre la Cour de Vienne. Je ne veux pas que TEmpereur paye des injures par des injures; ce serait ao contraire un des meilleurs moyens pour faire tomber llnsolence biiiyante de l'agresseur, que de lui opposer, en se défendant, un calme et une dignité Imperturbable. On n'aurait pas besoin d'annoncer un article pareil comme officiel; il paraîtrait sans autre désignation sous la rubrique de Vienne, et tout le monde le reconnaîtrait bien pour ce quil serait. J'ose croire que le jour où on le publierait, serait un jour de fête pour tous ceux qui ne regardent pas avec une coupable indifférence les objets les plus sacrés de l'intérêt public, qui sont encore capables de nourrir un sentiment national, et qui ne supportent qu'en frémissant ce silence de la servitude que la France a imposé à toute l'Europe.
Votre Excellence peut être bien persuadée que
ce n'est absolument qne par un motif du même genre, que je propose cette mesure. Si on me faisait Thon* neur de me charg;er de la rédaction, je m'en acquitterais certainement de mon mieux; mais pourvu que la chose fût faite, je ne serais nullement fâché de la voir exécv^ée par un autre. Ce serait même pour moi, je ne veux pas le dissimuler, une espèce de sacrifice que de m'astreindre, comme il serait pourtant indispensable de le faire "dans cette occasion , à des ménagemens et à des détours, en parlant sur des hommes et sur des choses auxquels llndignatiQn la plus franche peut seule rendre justice. D'ailleurs je ne renoncerai pas pour ma personne i la satisfaction d'exposer le plus tôt possible aux yeux du public le vrai caractère de ce système exécrable, moyennant lequel le gouvernement Français enchaîne, non seulement chez lui, mais (un seul pays excepté) sur toute la surface de FEurope, jusqu'au dernier murmure de ceux quil opprime par sa tyrannie. Les tems sont devenus si mauvais, que quiconque se sent encore quelque peu de 'moyens, doit, sans examiner trop scrupuleusement les bornes de son pouvoir, arriver au secours de la chose publique. Lorsque tout nous abandonne, il faut bien que nous cherchions en nous-mêmes ce qui peut nous soutenir et nous relever. La postérité, en étudiant l'histoire de nos jours, aura assez à faire pour comprendre et pour expliquer la marche des Gouvememens; elle ne doit pas s'imaginer que ce triste siècle n'ait pas même possédé quelques individus capables de sentir et de déplorer les malheurs publics, et assez attachés aux principes, pour ne pas les quitter au milieu même de la chute des empires, etc.
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