A MON COUSIN MONSIEUR LE PRINCE DE CONDE
Mon cousin, j'ay veu la lettre de mon frère, qu'il vous a pieu me faire monstrer. J'ai sçeu aussy, comme il vous mande, qu'il désire que luy envoyez un gentilhomme : ce qui me semble que vous debvez faire pour vous esclaircir de sa voulonté, et sçavoir ce qu'il voudra que vous fassiez, suivant ce qu'il vous a requis, et que vous luy avez promis de l'assister en son entreprise de Flandre '. Ce qu'il ne vous escrit plus particulièrement, est h mon opinion qu'il remet à le faire par celuy que luy envoirez, et aussy que ses affaires ne sont sy pressées qu'il ne fasse, avant qu'assembler ses forces, un voïage en Angleterre. Vous avez peu voir par celle que je vous envoyé qu'il ne m'escrivoit aussy que de sa réception. Je ne vous diray rien de la resolution qu'a prise le Pvoy mon mary; car par ses lettres il n'y aura rien obmls; bien vous suppliray-je de croire que luy et moy ne ferons jamais rien que pai- vostre advis
' Cette lettre est postérieure à 1076, et probablement de 1377; car ce ne fut guère qu'au commencement de cetle aunOc qu'il fut question de l'entreprise de Flandre.
et conseil, vous estant par trop obligée du soin que Aous avez de nous; pour moy je vous en demeureray perpétuellement vostre humble et obéissante cousine il vous servir. Marguerite.
[Bibliothèque Royale. — Collection Brienne, t. 295, fol. 217; et Collection Dupuy, t. 217, fol. 188, recto,]