‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 16 sur 94 · LA RETRAITE SUR LILLE · texte numérisé non relu

LA RETRAITE SUR LILLE

renfort à cette armée malgré les instances de son chef. Mais qu'esl-ce que la responsabilité d'un ministre qui trouve des complices au sein même de la Cour et des défenseurs jusque dans le sein même de l'Assemblée nationale ?

Un autre fait qui aurait dû entratner une responsabilité terrible et une punition exemplaire, c'est Tincendie de Courlray ordonné sans nécessité, lors de la retraite de Tarmée, par le maréchal de camp Jarry, ancien officier prussien et ancien aidede-camp de M. d'Abancourt. Cet acte atroce n'est pas même devenu l'objet d'une enquête.

On avait fait croire au maréchal Luckner que les Prussiens étaient à Gand et il ne fut détrompé que par le récit des courriers qu'il y envoya luimême, il paraît que le général Biron avait engagé le maréchal à suspendre sa retraite, mais, circonvenu par l'état-major qui l'entourait, celui-ci se laissa influencer par MM. Berthier, Mathieu Montmorency et Charles Lameth. On a même assuré dans le temps qu'il n'avait ordonné la retraite sur Lille qu'après avoir reçu un courrier de M. de Lafayette qui^ lui-même, s'est porté à peu près au même moment de Maubeugesur Givet. Ces détails sont contenus dans des lettres dont M. Delmas a

donné lecture à TAsseniblée nationale et qu'il a <léposées sur le bureau.

Le motifqu'on a donné à Fincendie de Courtray, c'est qu'on supposait que des chasseurs tyroliens s'y étaient cachés; ce qui n'était point vrai, car le maréchal Luckner, s'étant porté sur les lieux accompagné du général la Bourdonnaye^est arrivé assez à temps pour sauver quelques maisons, et il n'y a trouvé ni chasseurs tyroliens ni autres soldats autrichiens. Ce n'est donc qu'à la malveillance que peut être attribué l'incendie de Courtray, ordonné par un ancien officier prussien.

On ne pouvait trouver un moyen plus sûr d'augmenter le nombre de nos ennemis, et les Belges encore aujourd'hui gardent le souvenir des incendies qui ont éclairé notre retraite.

Comment se fait-il d^ailleurs qu'au moment où l'armée occupait des positions avantageuses qu'elle avait conquises on l'ait fait replier devant l'ennemi sans que la nécessité en fût démon trée, puisqu'elle ne fut pas attaquée, et qu'on l'ait ramenée sur notre territoire, pour y fixer le théâtre de la guerre ?

Je ne suis pas de l'avis de ceux qui ont soutenu que la conduite du maréchal Luckner, dans sa

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