‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 19 sur 94 · OBSTACLE AU RECRUTEMENT · texte numérisé non relu

OBSTACLE AU RECRUTEMENT

Dans la séance du i8 juillet, on lut une lettre du maire de Paris auquel un décret avait ordonné de rendre compte du nombre de fédérés qui se rendaient à Paris pour aller au camp de Soissons. Il écrivait que ce nombre était peu considérable parce que l'opposition momentanée entre les deux pouvoirs pour une fédération générale avait jeté les esprits dans un état de doute et d'indécision, et qu'il y avait des départements où les proclamations ministérielles avaient produit un tel effet qu'on y croyait que Paris était dans une agitation

perpétuelle et menacé d'un bouleversement prochain. 2960 fédérés seulement, disait-il, se sont fait inscrire.

Après la lecture de celle lettre, je montai à la tribune et je fis observer à l'Assemblée que l'élan national avait surtout été arrêté par cette raison que le ministère n'avait point mis de fonds à la disposition des départements pour défrayer en route les hommes de bonne volonté.

Vous avez bien, dis-je, mis un million à la disposition du ministre de l'intérieur, mais il n'a pas jugé à propos d'en organiser la distribution. Dans mon départemetti^ celui de Maine-et-Loire, il s'est présenté un grand nombre de vofoofairesy mais les corps administratifs n'ont pu prendre sur eux de disposer de fonds qui avaient une autre destination. Dans la seule ville d'Angers, 100 volontaires arrivés à Paris n'ont pu le faire que parce que la Société des Amis de la Constitution de cette ville leur a donné l'argent de la route. C'est ainsi que les sociétés populaires que le ministère qualifie de factieuses répondent aux calomnies dont elles sont l'objet. Partout le ministère paralyse le zèle des bons citoyens et c'est à un pareil ministère que le Roi continue sa confiance. Si vous n'enjoignez pas à ce ministère l'oidre de dis-

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