LE PRÉSIDENT RAPPELÉ A L'ORDRE
tribuer les fonds que vous avez mis à sa disposition, vous n'aurez personne.
LE PRESIDENT RAPPELÉ A l'oRDRE
A la séance du aS juillet, le président Lafond- Ladebat s'était permis de rappeler à Tordre Chabot qui, en appuyant la proposition de M. Chrestin relative à la déchéance du Roi, avait dit: « Nous ne sommes que les organes de l'opinion publique et non les maîtres. Quand il serait vrai que l'assemblée fût assez faible pour savonner le pouvoir exécutif^ la nation n'en serait pas moins persuadée de laréalitédes trahisons de la cour.S'ilIui est prouvé que le Corps législatif ne trouve pas dans la constitution assez de pouvoir pour agir, nulle puissance alors ne pourra l'empêcher de se sauver elle-même. »
Quelques murmures accueillirent la fin de ce discours; des voix réclamaient Le rappel à l'ordre, d'autres allaient jusqu'à demander que Chabot fût envoyé à l'Abbaye. Le président, sans consulter l'assemblée, prononça le rappel à l'ordre.
Jem'élançaiàla tribune et je dis : Monsieur le président, je demande la parole contre vous... je demande. Messieurs, que le président soit lui-même
rappelé à Tordre pour avoir méconnu la souveraineté du peuple français consacrée par la Constitution, j'invoque ici la lettre même de Tacte constitutionnel...
Le côté droit se leva en masse et m'interrompit par de violentes murmures. Je continuai (i) :
« Je prie messieurs les honnêtes gens qui m'interrompent de vouloir bien m'écouter un instant, parce que je vais leur citer une autorité qu'ils reconnaîtront peut-être ; c'est un article de la Constitution qu'ils ont oublié sans doute et qu'il est bon de leur rappeler ainsi qu'à M, le président : r Assemblée constituante déclare que la nation a le droit imprescriptible de changer sa constitution.
« Je dis qu'il n'est plus de constitution, qu'il n'y a plus de principes sacrés, si vous n'arrêtez l'audace de vos présidents. Ce n'est pas la première fois que des présidents élus grâce aux intrigues d'un parti se sont permis de méconnaître les droits du peuple. M. Lafond-Ladebat, en rappelant Cha«botà l'ordre, n'a exprimé que l'opinion d'un parti. Il est temps que vous prouviez par un grand
(i) Il faut savoir que ces messieurs se prétendaient les honnêtes par exellence, et que. par dérision, nous les avions surnommés les représentants des honnêtes ^ds. (.Vo/e de CA.)