‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 34 sur 94 · LES TAMBOURS DE SANTEIIRE · texte numérisé non relu

LES TAMBOURS DE SANTEIIRE

Le 31 janvier le jugement du Roi fut exécuté. Parvenu sur l'écbafaud, Louis essaya de haranguer le peuple, mais il en fut empêché par un roulement de tambours. Tous ceux qui jusqu'ici

(i) Parlanl de cfllr anecdote, j'ai écrit le dr»me ra uo acte Four le Roi (Fasquelle, ëdil.) qni a été joué pour la pmniêre fois à l'Odi-oo le i" février 181(7. (^- rf« ^^à.)

ont parlé de cette exécution assurent que ce fut le général Santerre qui donna Tordre du roulement. Le fait n*est point exact et je puis le démentir de source certaine.

A la fin de janvier 1793, je dînais chez le général Berruyer. Le général Valence et le général Beurnonville y vinrent à dire dans la conversation qu'ils n'approuvaient pas la conduite de Santerre. Mais Berruyer les interrompit: « On a assez calomnié ce pauvre Santerre et je ne dois pas souffrir qu'on l'accuse de ce qu'il n'a pas fait. S'il y a quelqu'un de coupable dans cette circonstance, ce n'est pas lui, c'est moi, et c'est sur moi que doit porter la responsabilité. Santerre, qui n'est que général de brigade, n'avait point d'ordres à donner là où commandait un général de division; cl c'est moi qui ai ordonné le roulement. J'ai cru bien faire et je le crois encore. » Telles furent les paroles de Berruyer. Je me fais un devoir de les rapporter.

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