SUR L£ RECRUTEMENT
Après l'exécution de Louis XVI, nous fûmes menacés plus que jamais par la coalition des rois effrayés pour eux-mêmes. Or nos forces militaires étaient assez faibles. Après le gprand enthousiasme des derniers mois, l'invasion ayant été repoussée, les volontaires nationaux, qui, spontanément, s'étaient levés dans tous les départements, avaient en partie regagné leurs foyers. Nos troupes de lîg-ne étaient mieux en ordre.
Cependant de grands rassemblements se formaient sur les frontières. Alors le comité militaire déploya beaucoup d'activité pour réorganiser l'armée. Différents projets furent examinés, et la Convention décréta un nouveau recrutement de trois cent mille hommes. Carnot proposait que tous les citoyens âgés de vingt à vingt-cinq ans fussent tenus de partir pour les frontières. Mais ces levées en masse, quand elles excèdent les cadres, n'ont pas toujours donné de bons résultats. J'ai eu depuis à le constater dans la Vendée.
Comme Carnot je voulais bien que tous les Français valides, sans distinction, pussent être appelés à défendre la patrie, mais je pensais qu'il ne fallait prendre que le nombre de soldats qui était nécessaire, et autant que possible des soldats volontaires.
La Convention accorda la priorité à mon projet de décret dont voici la substance :
(( La Convention nationale rappelle aux Français que la patrie est en danger et que le despotisme menace la liberté :
c( Des registres seront ouverts dans toutes les communes pour l'inscription des citoyens qui voudront se consacrer volontairement à la défense de la patrie.
a Si le nombre des volontaires n'est pas suffisant les citoyens de chaque commune se rassembleront et éliront ceux qu'ils croiront les plus dignes de servir la liberté.
« Les citoyens élus pourront se faire remplacer. »