‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 6 sur 94 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

trahî les hommes d'action, ils la dénoncèrent, mais le public n'aimait plus l'action qu'au théâtre, et personne n'entendit le vieux Levasseur de la Sarlhe qui disait : « Il y a toujours quelque chose de plus injuste et de plus puissant que le despotisme, de plus servile que les cours, c'est la littérature. » Alors, dans Paris indifférent et tolérant, ceshommesdela Convention, tombés aux petites pensions du Gouvernement de Juillet, en arrivèrent à regreltci l'exil où l'on vivait de la haine des rois et les belles allées silencieuses du parc de Bruxellci où la voix des proscrits s'entendait encore Las de protester près des écrivains et des bio graphes qui n'accueillaient pas leur rectifica lion, ilsécrivirenlpour eux-mêmes, pour quel ques-uns, pour d'autres générations. Eh bien écoutons encore celui-ci, Choudieu, don David d'Angers nous a conservé les traits, e s'il n'a rien à nous apprendre que nous n sachions déjà, apprécions du moins son carac tère, et son allure si nette. Ici, quelques mol résumant sa vie permettront d en apprécie mieux les détails.

PRÉFACK VU

Pîerre-Renê Cboudieu naquit h Angt^rs, en 1761, d'une famille de petits magistrats. Il fut élève à Técole militaire de Metz, puis avocat du Roi au présidial d'Ang-ers, député du Maine-et-Loire à TAssemblée législative, réélu à la Convention^ commissaire de la République près les armées de la Vendée, en 1798, et du Nord, en 1794- Ses démMés avec le présomptueux Philippeaux sont restés célèbres. Absent de Paris à l'époque du 9 Thermidor, il ne prit aucune part à la chute de Robespierre et bientôt s*éleva contre les basses tendances des thermidoriens. Décrété d'accusation par ceux-ci, le 12 germinal an III, il' fut emprisonné au fort de Ham jusqu'à Tamnistie de brumaire. On le retrouve dans le parti parlementaire des anciens conventionnels (}ui favorisaient Je mouvement babouviste. Sous Beruadotte, il fut chef de division au ministère de la guerre. Compris dans la proscription consulaire qui suivit l'attentat de la rue Saint-Nicaise, à cause de ses opinions républicaines, ChoudieUj averti à temps, ne crut pas que son innocence de toute participation à lattentat suffirait à le sauver ; moins naïf que les Rossignol, Vaneck, Talot, Daubigny, Audouin, etc. (et disons aussi Bertin l'aîné, un des fondateurs du Journal des Débats^ déporté en 1801 à l'ile d'Elbe d'où Ton revient), Choudieu prit la fuite et passa en Hollande où il vécut en paysan les années dé l'Empire. 11 rentra en France en

Vinrent les Cent-Jours, le deuxième règne de Napoléon, ce régime indécis, chaotique et frémissant, que l'esprit des premières proclamations, celle de Lyon entreautres, orientait vers une restauration révolutionnaire. Dans un effort de génie politique mal servi par

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