‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 7 sur 94 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

Fadministration modèle qu'il avait créée, l'empereur issu de la Révolution éprouvait le besoiu de se retremper à ses origines; pour écraser une invasion qu'il prévoyait, il voulait ramasser la massue populaire, il envisag'eait de sang froid la possibilité des fureurs démagogiques à nouveau déchaînées et galvanisant la France dans un sursaut d'énergie, — frisson des jours septembre et du matin de Valmj; — bien plus, Bonaparte vieilli voyait passer dans son rêve de domination Icspectredcs Césars amis,et déjà il promettait à sessoldats le partage des biens des émigrés; mais ses préfets étaient des hommes d'ordre; ses maréchaux, ses comtes, ses parvenus, des personnages trop rentes : ils ne le comprirent pas et le menèrent en triomphe aux Tuileries. Sur le chemin de Paris, à travers les villes rapides, Napoléon avait eu nettement conscience des nécessités de la lutte ; à Paris, il fut le prisonnier des pierres royales, et lui, qui ne pouvait pas être un roi légitime, ne voulut pas être un « roi de Jacquerie y>. Cependant s'il n'accepta pas le concours du peuple anonyme, il fit appel aux derniers hommes de la Convention au nom de la patrie menacée et quelques voix lui répondirent: de ce nombre était Choudieu. L'empereur s'aperçut seulement alors qu'il n'y avait plus assez de jacobins en France.

Choudieu accepta donc de servir celui qui l'avait proscrit, mettant au-dessus de son ressentiment personnel la haine des Bourbons ramenés au trône entre les baïonnettes de la Sainte-Alliance. Il fut envoyé en qualité de commissaire extraordinaire à la résidence de Dunkerque pour y surveiller la frontière et « réprimer les menées des émissaires de Gand ». Après Waterloo, il tenta patriotiquement de soulever

Page 1