‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 60 sur 94 · A1>RÉS LA PRISE DE SAUMUR · texte numérisé non relu

A1>RÉS LA PRISE DE SAUMUR

de se porter de là sur Niort, pour se débarrasser de toute inquiétude de ce côté ; d'autres enfin opinaient de marcher sur Angers et de là sur Nantes, où ils avaient des intelligences. Rien ne fut décidé, parce que les paysans commençaient à se rebuter de tant de fatigues dont leur» chefs seuls profitaient, lis étaient découragés par les pertes immenses qu'ils avaient éprouvées à l'attaque de Saumur et à celle de la petite armée de Salomon. Ils murmuraient tout haut et désertaient en foule. L'influence de leurs prêtres était insuffisante à les retenir. Les généraux des rebelles se virent forcés d'agir promptcmcnt pour ne pas perdre le fruit de leur victoire et l'attaque de Nantes fut résolue. — Ils savaient déjà qu'Angers était évacué.

Pendant qu'on délibérait à Saumur, le général Berthier, (jui était infatigable^ et dont les talents et l'activité sont audessus de tout éloge, s'occupait sans relâche de la réorgani-

Les Vendéens refusèrent de dépasser Saumur et m^me d y laisser garnison.

Jusqu'à ce moment Tarmce royale avait clé divisée sous des chefs particuliers. On sentit le besoin de la subordonner à un seul chef. D'Elbée, qui ambitionnait ce poste, mais qui s'aperçut bienlot que Bonchamp réunirait plus de suffrag^e que lui, pour détourner ce choix proposa Cathelineau, sur lequel il exerçait une grande influence.

11 donnait pour motifs que Cathelineau avait l'un des premiers donné le signal de l'iusurreclion, qu'on ne pouvait lui contester la réputation d'être l'un des plus braves officiers de Tarmée et qu'ap> )>arteDant à la classe plébéienne, il serait par cela même plus agréable à la multitude. Ce choix, ajoutait d'Elbée, prouvera que ce n'est ni l'amour du pouvoir, oirinlérét personnel oui dirigeaient les nobles vendéens dans une guerre entreprise pour le seul triomphe de la religion et de la cause royale. — Caihelincau réunit la presque totalité des suffrages.

Ainsi, par une concession bien remarquable faite aux principes-

par le tils d un duc et pair, de France, héritier d'une ancienne et illustre maison. Et, chose également remarquable, c'est que Cathelineau dut cette distinction à des hommes qui, à mérite au moins égal, et en mettant môme de côté les préjuges de la naissance et de l'éducation, pouvaient la lui disputer par l'expérience et l'ancienneté de leurs services. {Papiers de r Auteur,)

sation de l'armée. Avec des troupes battues et fugitives, il parvint eu peu de temps, à Taide de nouveaux renforts arrivés de Paris, à former une armée respectable, composée de dix-huit mille hommes, munie d'une nombreuse artillerie et de tout ce qui était nécessaire pour rentrer en campa^^ae.

J*aî déjà dit qu'après la combat de Saumur Bourbotle s*é. tait rendu à Paris. Mes collègues décidèrent que l'un de nous se rendrait à Niort auprès du général Biron, pour Tioviter à sortir enfin de Tiuaction dans laquelle il restait avec une armée plus nombreuse que la nôtre et qui, en attaquant l'ennemi sur un autre point que celui que nous défendions, pouvait opérer une diversion puissante. Le choix de mes collègues tomba sur moi. Je ne pouvais pas être utile à la réorganisation de l'armée parce que la blessure que j'avais rerue à Saumur, quoique légère, m'empêchait de marcher, et que la route de Poitiers et de Niort étant encore libre, je pouvais aisément y parvenir en voiture, en prenant cependant quelques précautions pour éviter les surprises de quelques partis vendéens.

Arrivé à Niort, Biron me reçut comme je devais l'attendre d'un homme de cour. Il me fit beaucoup de compliments, beaucoup d'assurances de dévouement, beaucoup de promesses, et n'en continua pas moins à rester dans une inaction coupable. Croyant avoir rempli ma mission, je ne restai que vingt-quatre heures à Niort, où je me rendis le soir à la société populaire. J'y rencontrai mon collègue Thibaudeau, qui, comme iJelaunay et Dandcnac, n'avait point de mission apparente. Mais j'y rencontrai aussi deux émissaires venus de Bordeaux pour inviter les citoyens à envoyer des bataillons autour de la Convention pour la protéger contre les anarcliistes. Je vis avec plaisir que l'opinion publique ne leur était pas favorable et je distinguai, parmi les orateurs qui les combattirent avec beaucoup d'énergie, deux jeunes volontaires qui avaient été précédemment officiers de dragons, et qui, par dévouement à la cause de la liberté, s*étaienl enrôlés comme simples soldats. C'étaient les deux frères jumeaux César et Constantin Faucher. En sortant de la séance, je me disposais à faire arrêter les deux émissaires

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