‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 64 sur 94 · RÉPONSE A UNE BROCUURE DE VIAL · texte numérisé non relu

RÉPONSE A UNE BROCUURE DE VIAL

convient cependant qu*il proposa à ce comité l'arrestation du général Duhoux qui était alors aux Ponts-de-Cé. « Nous fumes chargés, dit-il, page 92, Proust et moi, de celte mission qui n'était pas sans dangers au milieu des hussards qui l'environnaient.

« On sent que ce vigoureux parti n'était pas fait pour attirer à son auteur la bienveillance des représentants Richard et Choudieu, qui étaient à Saumur, et qui protégeaient tous les généraux perfides. Cependant nous parvînmes à lamener à la citadelle ; mais pendant que je l'interrogeais, il arriva un ordre des représentants Richard et Choudieu portant que ce général serait traduit à Saumur et que le comité (d'Angers) lui ferait passerles pièces du procès. Duhoux fut ainsi soustrait aux peines qu'il méritait (le 23 septembre 1793), puisque, malgré les preuves que le comité envoya aux représentants du peuple contre ce traître, il partit librement peu de jours après pour Paris avec des lettres de recommandation pour lui faire accorder une retraite. »

Ou va juger par l'exposé simple des faits de la bonne foi de Vial.

Je n'examinerai point si Vial avait le droit d'arrêter luimême un général à la tète de sa division, et en présence de l'ennemi; toujours est-il que, le lendemain de son arrestation, Duhoux nous écrivait à Saumur, à Richard et à moi, pour se plaindre de cet acte arbitraire.

Nous ordonnâmes de suite que le général fût amené à Saumur pour y être interrogé par nous, et qu'à cet effet toutes les pièces de la procédure fussent mises sous nos yeux, pour statuer ce qu'il appartiendrait. Le général Duhoux se défendit très mal devant nous, et nous l'envoyâmes à Paris escorté par la gendarmerie. Il y fut incarcéré à l'Abbaye et les pièces de son procès déposées entre les mains de laccusateur public. Voilà ce que Vial appelle soustraire un traître aux peines qu'il méritait et lui donner des lettres de recommandatioo pour obtenir une pension.

Il est vrai que Duhoux était arrivé dans la Vendée précédé d'une brillantej réputation ; c'était lui qui avait dirigé la brillante défense de Lille contre l'armée autrichienne com-

mandée par le prince de Saxe-Teschen cl rarchîduchcssc Marie-Chrîsline, sœur de Marie-Antoinelle. Nous ne voulûmes pas que ce général fût jugé par une commission mili taire ; mais la preuve que nous ne voulions pas sauver un traître c'est qu'au moment où Vial faisait imprimer ce roman, il y avait longtemps que Du houx avait été traduit devant le tribunal révolutionnaire (i).

J'avais quitte Niort emportant de Biron une très mauvaise opinion. Cependant Westermann, à la tète de quelques milliers d'hommes, eut l'imprudence de s'aventurer jusqu'au centre de la Vendée. N'étant point soutenu par le gros de Tarmée, il était facile de prévoir qu'il succomberait, comme en effet il succomba. Il essuya une perte considérable en se retirant. J'ignore si Biron avait donné Tordre de faire ce mouvement, maïs un pareil ordre ne pourrait être attribué qu'à rimpéritie ou à la trahison. El comme Biron ne pourrait être considéré comme un ignorant, il faudrait nécessai-

(i) De toutes les quah'tcs nécessaires è un officier général. Westermann n'avait nue la bravoure ; propre peut-ôtre à commander un escadron de hussards, il ne dut janiais le succès de quelques coups de main à ses dispositions mais à rinlrépiditc. des volontaires qu'il a plusieurs fois inutilement sacrifiés. Il fui longtemps pour les soldais républicains un objet de scandale, eu donnant l'exemple de l'indiscipline et de la désobéissance aux ordres supérieurs. Plus d'une fois il compromit et fit battre i*arméc dont il dirigeait Tavant-garde sur la rive droite de la Loircy en brumaire et frimaire an II, et exposa les divers généraux en chef. sur lesquels il versait d'ailleurs le blâme è pleines mains, à des reproches sur l'insuccès de leurs opérations qu'on ne devait souvent attribuer qu'à son impéritie, aux faux mouvements qu'il faisait faire à l'avant- garde, à sa basse jalousie, à son aversion pour la plupart des ofnciers généraux de l'armée dont il ambi> tionnait le commandement. On l'a vu depuis oser se vanter, à la barre de la Convention nationale, d'avoir tué « jusqu'au dernier des quatre-vingt-dix mille rebelles •, etc. Voyez-les journaux da temps. La révolution n'a pas eu de charlatan qui eût aussi peu de talents et autant d'impudence que Westermann. (L. Turreal% Mémoire pour servir à l'histoire de la guerre de la Vendée,)

(i) Duhoux fut emprisonné, mais il ne fut pas jugé. Son nom figure en l'an III sur les registres d'écrou du Luxembourg. Rémi** en liberté après une détention de lo niois, on le retrouve au i3 vendémiaire an IV, avec le général Danican, à la tête des sections insurgées, (*V. del'Ed.)

WESTERHANN toi

rciDCDl l'accuser de irahison. Il est \ étaîl l'uD de nos généraux les plus a temps les plus îinpriidenU. Il poussait m^me l'audace juaqu'à Is lémérilé, e( je l'ai vu souvent agir saos ordre et compromettre ainsi le salut de l'armée. Mais dans ce cas, il âlait du devoir du général en chef, non pas aculemeut de le réprimaoder, mais de le punir, et c'est ce que ne Bt pas Biron.

J'ai lu une lettre imprimée qu'on attribue à Weslermann et adressée Je Pnrlhenay à Biroa, où se trouve le passaçe suivant ; <c 11 est esseniiel, disait-îl, ijue vous marchiet aussi vers les rebelles pour empêcher que loulc leur masse ue se puric sur moi. ■ La chose n'était paa dirRcile à prévoir, el Wcsiermaun cl Biron étaient aussi imprudents l'un que l'autre, ou plulàt également coupables. Weslermann a cherché Ase justifier aux dépens de Biron, mair^ il n'a rien prouvé, si ce D'est que Biron était un Irailrc, cl lui, Weslermann, un fanfaron el un ambitieux, qui, tous les deux, avaient compromis le salul de l'armée, l'un par sa trahison et l'autre par son imprudence (i).

(i) Elirait des mémoires inédits de Mercier du Rocher : . U 3 juitict, Weslïnnann irrivH b Biron : . J ai brùli le» châteaux de Ltscure et de La Hochejaquetein, deux chefs de baade qui svaimt promis de promener ma ti'u aujourd'hui dans LhâlilloD. J'ai enlevé le drapeau à l'armùe catholique; il est en taffetas hlanc, avec IroJs fleura de lys en or. Je vous le mootrcni,

■ Weslermann aurail mieux Fait de porter lul-mfme le drapeau ■u général en clieF et de se retirer avec sa Iroupe. Il itait ncile de penser que les brîrands, retranches à Murlagne el à Cholet. tenteraient de rcnçer leur défaite. Il( avaient envoyé des courriers k leurs généraux qui se repliaient après l'iichec quilsavaient re;u devant Nanles. Les révolli'S hâtèrent leur marche. Cependant

Haixent. qu'il avait emmenées de force avee lui, a ta joie quiaspire la victoire. It en était ainsi de ses soldats. Le Kenérai était occupé i percer lui-même un vieux filt de Bordeaux, dans la salle de Locqui, receveur du district, lorsque le canon des révoltés se Glenlendre sur Clidiillon. Celait le 5 juillet ; il était onze heures et demie du malin. Nos troupes élaienl sur tes hauteurs de Château -Gaillard ; elles vidaient des bouteilles ; les armes étaient en faiscraux. On bat la sénérale.onnourl aux armes, Weslermann monte à cheval, court aufeu. Mais déjà les balnillous d'Orléans »onl en déroute ; il fait de vains etforls pour les rallier. Cependant sa brave léçioue^t cnieloppée. son infanterie taillée en pièces.

L'armée vendéenne s'était emparée d'Ang'ers sans résistance. Il est vrai que le départ des autorités républicaines se fil avec tant de précipitation qu'on ce songea pas à enlever les munitions ; cependant un bon citoyen qui n'était point roilitnire, mais qui avait le cœur français et auquel Richard et moi avions confié la surveillance du maspasin à poudres, le citoyen Drouet, eut le courage de rester seul et prit le temps de faire évacuer toutes les poudres, non sur Laval mais sur la Flèche. Les Vendéens n'arrivèrent que cinq jours après. Ce n'est donc pas l'approche de l'ennemi qui nécessita Tévacuation de la ville.

Après la retraite forcée de Westerman , Biron se décida à quitter son quartier général de Niort, mais de sa personne seulement. Il se rendit successivement à Saumur et à Angers. On croyait qu'il ordonnerait un mouvement général; mais il n'en fit rien. Un conseil de guerre fut cependant tenu dans cette dernière ville et il fut décidé que l'armée entrerait de nouveau en campagne sous le commandement du général La Harolière. Mais la preuve que Biron n*était pas de cet avis, c'est qu'il continua à laisser l'armée de Niort dans une inaction complète, au lieu de seconder les opérations de celle d'Angers qui s'avança le i5 juillet, à travers la forêt de Brissac, jusque dans les plaines de Doué et de Marligoé-Briant, à quelques lieues de Vihiers. Un combat s'engagea prés de cette ville, où les républicains eurent l'avantage. Bourbotte y fut blessé par un Vendéen qu'il étendit a ses pieds. Le lendemain l'armée républicaine entra dans Vihiers. Le

SCS caponniers égorgés, son artillerie volante de i3 caooos au {louvoir des vainqueurs, avec ses attelages; il se fait jour, le sabre à la main, avec sa cavalerie et gagne à toute bride la ville de Bressuirc.

u II y arriva à deux heures de raprcs-midi. II fut fusillé sur la roule par les paysans des villages qu'il traversai par ceux mêmes <iui avaient cric Vive la ItépuSlique, lorsqu'ils l'avaient vu après sa victoire. Les femmes se précipilèrent audacieusement sur cette cavalerie ; on fui oblige d'en tuer plusieurs pour leur faire lAcber los rênes des chevaux. Des membres des aulorités constiluces de Saiiil-Maixent, des pères de famille en très grand nombre furent lait s prisonniers. Jamais déroute ne fut plus complète. »

LINERTIK DE 131 RON 411

17, elle fut attaquée par les Vendéens qui se battirent jusqu\à la nuit et abaoïdonnèrent le champ de bataille à La Barolière qui n'osa les poursuivre dans les bois. Cette affaire eut lieu le 17 juillet. M. de Beauchamp dit queMenou y fut blessé en chargeant à la tète de quelques officiers et reçut à bout portant un coup de fusil au travers du corps. Ce ne fut point le 17 juillet que fut blessé Menou, il le fut le 9 juin, à Taffaire de Saumur, et ce coup de fusil mit sa vie en danger. Il était encore le 17 juillet sur son lit de douleur à Tours (i).

Un événement imprévu, qu*on attribua à la malveillance, mit du désordre dans les rangs républicains. Un caisson sauta au milieu de la route. Les soldats, n'écoutant plus la voix de leurs chefs, se débandèrent. Bourbotte eut encore un cheval tué sous lui et erra une partie de la nuit, presque seul, dans la forêt de Brissac, dont il ne connaissait point les sentiers. Les charretiers coupèrent les traits de leurs chevaux et abandonnèrent les canons et les caissons en criant : Sauve qui peut!

Cette déroute fut encore due, comme les précédentes, à rinactlon de l'armée de Biron, qui ne fit pas le moindre mouvement pour soutenir La Barolière. Cet officier était l'un des plus instruits de noire armée, et il est à présumer que, si Tarmée de Niort eût fait une démonstration quelconque, les Vendéens, contraints de diviser leurs forces, n'eussent pas écrasé aussi facilement la petite armée de La Barolière. A ma connaissance, Biron n'a pas fait un seul mouvementen avant pendant tout le temps qu'il a commandé l'armée, et il existe encore des hommes qui le présentent comme une victime des fureurs révolutionnaires. A mes yeux, il ne fut qu'un traître qui fit plus de mal par son inertie que l'armée vendéenne elle-même.

L'armée vendéenne marcha ensuite sur Nantes par la rive

droite de la Loire. Ancenis lui ouvrit ses portes. Elle arriva

devant Nantes sans obstacles. Celte ville était ouverte près*

' que de tous les côtés. Quelques fortifications élevées à la

hâte formaient toute sa défense. Avec de si faD^les moyens,

(i) Voir la note citée plus haut.

il était difficile de penser qu'elle paurrait opposer une longue résistance. Le courage de ses habitants et de quelques bataillons y suppléa. Les généraux Canclaux et Beysser y déployèrent un grande activité. Les représentants, Merlin de Douai et Gillet, y montrèrent du courage et de Ténergie ; Baco, maire de Nantes, aimé et estimé des habitants, contribua beaucoup à leur inspirer de la confiance en leurs forces.

Si Nantes eût succombé, il est impossible de calculer les malheurs qui en seraient résultés. Honneur aux Nantais dont rhéroïque résistance a peut-être sauvé la République à laquelle ils ont donné un grand exemple de dévouement ! La Convention décréta que les Nantais avaient bien mérité de la patrie.

Après la levée du siège, le général Canclaux dirigea une partie de vses forces sur Anccnis et rétablit les communications avec Angers, et par suite avec Saumur, où l'armée rassemblée à Tours était rentrée le 3o juin.

Les Vendéens, repoussés constamment du côté de Nantes, le furent également du côté de la Rochelle et dans toute la partie qu'on appelle le midi de la Vendée. Ces contrées, qui avaient été autrefois te foyer du parti protestant ^ont constamment résisté à Tinsurrcctionet n^ont jamais fait partie des bandes vendéennes. Charcltc,qui commandait en maître dans le Bocage, n'a jamais pu parvenir à les soulever; toutes ses tentatives ont été vaincs.

D'Elbée fut nommé généralissime après la mort deCatbe lineau, tué au siège de Nantes. Le compétiteur de d^Elbée, Bonchamp, plus modeste que lui, renonça à la candidature. Ce fut vers le i5 juillet. Tous les chefs, excepté Charcttc, étaient alors réunis à ChAtillon. Le curé Bernier conduisait toute l'administration. Le soi-disant évéque d'Ag^a, quoique président du conseil, était peu considéré.

On fabriquait de la poudre à Mortagne et à Beaupréau(i)«

f i' On a soutcou pendant loni^lenrips que les poudres de Tannéf vendcenne rtaienl de fabrique anglaise; j*ai prouve à la fin de

ROSSIGNOL ET BIRON i\Z

Les assignats marqués à l'effig'ic de Louis XVII avaient seuls cours dans la Vendée. Les Vendéens se baltaîent un jour et le lendemain cultivaient leurs champs. 11 n'en était pas de même des patriotes obligés de fuir.

Cependant TafTaire malheureuse de Vihiers et de Martigné- Briant n'eut pas des résultats aussi funestes qu'on pouvait le craindre. Les Vendéens rentrèrent chez eux pour faire la moisson . Les commissaires de la Convention réunis à Tours destituèrent Biron. Ce général, qui se croyait soutenu par deux commissaires de la Convention, Bourdon de TOise etGoupil- Icau de Fontcnay, n'avait aucun égard aux avis qui lui parvenaient de la commission centrale des représentants. Une altercation que Biron eut avec Rossignol, commandant de la 35e division de gendarmerie, composée de vainqueurs de la Bastille, mit un terme à son commandement (i). Biron

lanoée 1798 que ces poudres prétendues anglaises se fabriquaient à Beaupréau.

Arrivé dans cette TÎUe après la bataille de Cholct, j'adressai au comité de Salut public des échantillons des poudres que j'avais trouvées dans les ateliers, et si je ne les eusse pas prises dans le lieu même où elles avaient été fabriquées, j'aurais cru moi-même qu'elles étaient de fabrique anglaise, et je dois convenir de leur supériorité sur celles qu'on nous envoyait de nos arsenaux. (.V. de CA.)

(i) Dans les mémoires de Thi bandeau, tome 1, p. 17, on lit :

Nous étions un jour réunis à Niort en conseil avec le général en chef Biron après la défaite d'un corps de l'armée républicaine k Thoaars (à Afontreuil). Le général Konsin {le commandant Rossignol) força, pour ainsi dire, la porte et s'écria avec fureur et grossièreté : « Les républicains ont été trahis, el je viens vous déclarer que nous ne marcherons plus contre l'ennemi que lorsque nous connailrons sa véritable force.» Le général Biron détacha son sabre et dit avec le plus grand sang- froid : « Représentants, je dépose mon commanaement entre vos mains plutôt que de commander à des officiers de cette espèce, à des lâclics. v

Mais voici la version de Kossigaol :

« Le conseil se tenait chez un parent de Goupillcau. Je demandai le général Salomon ; il vint nous parler et, après quelques instants, on nous annonça que je pouvais entrer seul. J'entrai donc et je dis : Citoyens, mes camarades sont à la porte... Je demande pour eux la permission d'entrer puisqu'ils sont envoyés comme moi. — Bourdon de l'Oise me dit qu'ils n'entreraient pas, mais que je pouvais m'cxpliquer. Je m'<*xpliquai : « Les ofticiers m'ont chargé de \ous dire, au nom des braves

n*osa pas faire arrêter Hossi^ol, mais il le dénonça à Bourdon et Goupilleau qui non seulement ordonnèrent son arrestation, mais encore celle de ceux qui Taccompai^naienl,

camarades qu ils commaDdent, que nous avons juré de noos battre ensemble ci résolu de ne plus marcher en détail, l^s brigands donnent en masse, il nous faut faire de même. On nous envoie toujours quatre contre quarante. Le sang républicain est trop cher pour en faire si bon marché.

m Biron était debout dans le conseil, un fouet à la main. II tira sa clef de sa poche et la jeta sur le bureau en disant qu*il D*y avait

?[u'uD lâche pour tenir un pareil propos, qu'il allait prendre uo usil et me montrer ce que c'était qu'un brave. Je lui dis : Vous pouvez être aussi brave que moi, pour devant âge je vous en défie.

• Depuis ce moment je fus en horreur aux amis et aux flatteurs de Biron.

« Bourdon de l'Oise me tint ce propos : II faut qu'un militaire qui a reçu un ordre l'exécute. — Oui» quand il y a possibilité. — Si l'on vous commandait de marcher devant une batterie de canons, vous devriez le faire. — J'irais. Mais si je trouvais moyen par (nielqiie position ou par rose de prendre la batterie sans m'exposer aevant les bouches à feu, ce serait à moi d'aviser pour m'en tirer le mieux possible. On me dit que je pouvais sortir et que je ne devais pas souffrir que mes hommes prétassent de tels serments. Alors, en m*cn allant, je dis : Je Tai juré moi-même 1 ainsi ooas sommes tous coupables. — Et je m'en fus. »

Cependant il convient de remarquer que Ta* restation de Rof^signol ne fut pas ordonnée par Biron; elle ne le fut pas, non plus, par Bourdon de l'Oise et par Goupilleau de Fontenay, eomme le dit Choudieu, qui, à distance, a confondu l'arrestation de Hossi- ^nol commandant de la 35* division de gendarmerie avec sa destitution de général en chef décrétée en eftet par ces deux représentants, mais seulement deux mois plus tard ; l'arrestation de Rossijirnc.l fut ordonnée le 9.(j juin à Sainl-Maixent par VVeslermann. (iette remarque est importante : elle explique l'inimilié qui persista toujours entre Rossignol et Wcslermann, deux généraux populaires, deux combattants du lo août.

Biron, sans intervenir officiellement dans celte affaire, donnait en secret des instructions à Westermann. Il lui écrivait :

« Une fois Uossignol entre les mains du tribunal militaire, il n*: dépendra plus de personne de le sauver. » Voir sa lettre du 3o juin (Arch. nat. W. 3o5. n» 370). On y lit encore : « Ayez soin d^ n'am(*ncr avec vous aucun des témoins que l'on peat avoir besoin de faire venir à Niort, pour 1 instruction de ce procès, qu'il faut suivre le nins iétralement et le plus expédilivement possible. Si ledit Rossignol fait quelques déclarations, il faut en faire prendre acte avec toutes les formalités nécessaires. Prenez aussi toutes les précautions convenables pour que son corps ne fasse aucun mou-

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