‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 63 sur 94 · REPONSE A UNE BROCFIURE DE VIAL · texte numérisé non relu

REPONSE A UNE BROCFIURE DE VIAL

Tout le monde aujourd'hui n*est pas de cet avis; mais ceux qui peas eut autrement ne savent pas ce que c*cst qu'une révolution, et je ne désire pas qu'ils en fassent la triste expérience à leurs dépens, parce que j*ai toujours pense qu'une révolution était un mal. Mais je pense en même temps que c'est un mal nécessaire ; car quel autre moyen resterait- il aux opprimés de se débarrasser de leurs tyrans, et ce n*est pas sans raison que l'Assemblée constituante a décrété que dans ce cas V insurrection est le plus saint des devoirs.

Quant aux classes ouvrières, qu'on prétend n'avoir été que des victimes, je conviens encore que ceux qui les mettaient en avant étaient beaucoup plus coupables. Mais elles ne sont pas aussi dépourvues de bon sens que certaines gens voudraient le faire croire, et c'est pour cela qu'on voudrait les tenir dans une ignorance parfaite de leurs droits. On aura beau faire, le peuple a prouvé plus d*une fois qu*il connaissait sa force, et ceux-là sont bien aveugles qui le forcent d'y recourir, car ils en sont les premières victimes.

Vial, dans sa brochure, les causes de la guerre de la Vendée et des chouans dévoilées, écrite aprésie 9 thermidor, ne se contente pas d'accuser ses collègues Iludoux et Loizillon d'avoir provoqué la destitution desadmin^trateurs de Maine-et-Loire pour éviter l'odieux de la dénonciation qu'il a été le premier à provoquer ; mais il y ajoute encore un mensonge en disant, page 79, que l'incarcération de ces administrateurs était fondée sur une loi qui prononçait cette peioe en même temps que la destitution.

Comme j'ai pris part à cette destitution et qu'on a prétendu depuis qu'elle avait été la principale cause de leur mort, je dois donner ici un démenti formel à Vial. Il n'est pas vrai que cette loi prononçât l'incarcération . C'est plus tard qu'une nouvelle loi a prononcé que tous les administrateurs destitués seraient incarcérés. Je ne fais pas cette observation pour déverser le bldme sur ceux qui ont fait emprisonner les administrateurs de Maine-et-Loire à Amboisc par suite de cette loi, mais pour prouver que ceux qui les ont des-

litués avant cette loi n'ont pris aucune part à leur emprisonnement, et encore moins à leur tradition au tribunal révolutionnaire.

Vial ajoute qu'il a fait d'inutiles démarches pour obtenir la mise en liberté (de ces administrateurs) auprès des représentants qui étaient de la même faction que moi, et il finit par invoquer le témoignage de Richard pour prouver qu'il a vainement réclamé la liberté de Larévellière, fn're de celui qui depuis a été directeur : Choadiea, dit-il,/»/ inexorable.

Ma réponse est bien simple, c'est que jamais Vial n'a réclamé la liberté de qui que ce soit auprès de Richard ni de moi ; et que d'ailleurs je n'étais pas seul et que ma voix ne pouvait compter que pour une. D'ailleurs, il se donne à lui-même un démenti formel en disant, i\ la page 84, que c'est lui qui porta à Francastel la demande des dames Larévellière, Maillocheau et Despujols, tendant à ce que leurs maris ne fussent pas livrés à la commission militaire mais au tribunal révolutionnaire; et ici la mémoire de Vial l'a trahi car a celte époque il y avait plus d'un mois que Richard et moi avions quitté l'armée. C'est donc sans fondement que Vial invoquait le témoignage de Richard pour prouver que j avais été inexorable.

Mais Vial écrivait tout cela après le g thermidor et, à celte époque, llichard était membre du comité de Salut public qui avait remplacé Tancien cl voté la mise en accusation de Rarrcre, Collot, Billaud-Va renne et Vadier ; ccpendint Richard n'a pas répondu à l'appel de Vial. Quoique nous n'ayons pas toujours été de même opinion Richard et m ji après thermidor, Richard n'a cependant jamais approuvé toutes les absurdités que Vial et Philippeaux ont débité l'un après l'autre sur la guerre de la Vendée.

Après avoir invoqué le témoignage de Richard contre moi, Vial nous accuse l'un et l'autre d'avoir voulu sauver un traître, le général Duhoux, qui avait fait massacrer sixcents pères de famille au pont Barré.

Vial, qui a dit plus haut qu'il n'avait participé a aucune des arrestations ordonnées par le comité dont il a fait partie.

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