‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 70 sur 94 · LÀ CONDUITE DE MERLIN DR THIONVILLE · texte numérisé non relu

LÀ CONDUITE DE MERLIN DR THIONVILLE

tenus d*ea faire autant, afin que le traître fût connu (i).

Effectivement, le comité exii^ea cette représentation, et Merlin de Thionville fut obligé de convenir que sa copie, qui était déposée dans son caisson, lors de la déroute que larmée de Mayence avait éprouvée en marchant sur Morla^ne, était tombée au pouvoir de Tennemi. Je n^accusaipas dans le te.nps Merlin de Thionville, parce que je n*accuse pas léjfèrcniînt; mais je lui reprochai vivement une négligence coupable, car il connaissait avisez les usages qui se pratiquent aux armées, lorsque le mot d'ordre est tombé au pouvoir de l'ennemi, et qui consistent à en donner avis de suite à tous les postes : à plus forte raison, quand il s*agit d*un pian de campagne.

Merlin ne s*e-»t pas entièrement justifié à mes yeux. Sa conduite réactionnaire et son luxe effréné en rentrant à la Convention, n*ont fait qu'ajouter à mes soupçons. Ce n'est pis d'ailleurs dans un ciisnon quj doit se placer un plan de

(i) Lettre de Roosia :

2J bruroaTe, l'an II de la République uue et inlivisible.

Au conseil de £^uerre tenu à Saiimur le a septembre, où la marche de l'armée de Mayenco sur Mortaçne, fut arrêtée par Nantes, Philippeaux prit ving^t fois la parole pour soutenir ce ntau qui devait être d'autinl pus suspect aux bons patriotes, qu il était l'ouvrasse des ci devant marquis de Canclaux et d'Aubert-Dubayet. Philippeaux. qui avait tout prévu pour assurer Tadmission de ce plan, avait fait venir un millionnaire^ qui fut, on ne sait a quel litre, admis au conseil ; Phili peaux l'interpellait truies les fois qu il s'élevait quelques inijuietudes sur les subsistances, et le millionnaire jurait qu'il ne manquerait rien à l'armée de Mayence, et qu'il avait à Nantes des vivres à sa disposition pour plus de trente mille hommes ; cependant à peine l'armée de Mayence fut-elle arrivée à Nantes que des courriers furent envoyée aux représentants du peuple Bourbotte, Choudicu et Hichard, pour dépeindre la détresse où l'armée se trouvait, et demander qu'il fut envoyé de Saamur et d'Ançers toutes les subsistances nécessaires. Il est aisé de voir que la malveillance et la fourberie ont préside à co conseil, et la vjrité serait bientôt reconnue, si Philippeaux était so.nmé de nommer le millionnaire qui osa mentir si impudemment, et exposer une armée à se desorganiser. Si^nc : Ronsin.

P. S, — Le plan de campagne, tracé ce même jour, a été retrouvé dans les papiers du conseil supérieur des bri grands à Châfillon-sur-Sèvre. Ce fait a été certifié par Robert, chef de l'ctalinajor de Parmée des rotes de Brest. lE.ctrail (Vun rjcutii de pièces publié chet Monurj en fan IL)

campagne, et, comme je le lui ai dit à lui-même, je puis le répéter ici.

D'Elbée, instruit de la marche de Tarmée de Mayence, convoqua à Châtillon un conseil de guerre dans lequel il fut décidé que l'armée vendéenne se tiendrait au centre de Tarmée républicaine et que, lorsque celle-ci serait en^aj^e dans le Bocage, on attaquerait successivement ses divisions avec des forces supérieures. C'est ce que j'avais prévu.

M . de Beauchamp, qui sans doute n'a fait que copier les écrits de Phiiippeaux, avance (pp. 817 et 3 1 8) que rarmée vendéenne attaqua à Doué, le i4 septembre, la division de Santerre, tandis que ce fut, au contraire, Santerre qui, de Saumur, se porta sur Doué, pour y attaquer la division commandée par d'Aulichamp. J'étais présent a cette affaire où j'ai vu, avant le combat, bénir les armes par l'évéque d'Agra, comme le fit le cardinal de Guis avant le massacre de la Saint-Barthélémy, ce qui n'empêcha pas d'Autichamp d'être complètement battu (i).

M. de Beauchamp ajoute encore, à la même page, que Rossignol expédia en même temps aux colonnes de Niort, de Luçon et de Fontenay, l'ordre aussi e^rlraord inaire qu'inconcevable de reprendre leur première position, cl que Chalbos rétrograda. C'est encore une imposture avancée par Phiiippeaux et répétée par M. de Beauchamp. Un ordre semblable n'a point été donné ; et cela est si vrai que la division de Chalbos était encore, le 17, à la Châtaigneraie, el celles de Beffroy et de Mieskousky n'avaient pas quitté Saint-Fulgeul et Chanlonnay, positions qui avaient été indiquées par le plan de campagne du 3 septembre. Rossignol n'a point desavoué cet ordre et ne Ta point qualifié de malentendu, comme le dit encore M. de Beauchamp, puisqu'il n'a point été donné {2).

(i) On voit parce détail donné pour la deuxième fois que Clioudieu a confondu les deux batailles de Doué, celle du \ aoùi et celle du \l\ septembre. Le trait qu'il cite se rapporte à cette der- Dicre patcnee sous le commandement de Santerre assisté du çé'"^" rai Dembarcre. Ainsi s'explique la contradiction précédemment reU'vée. [S. de l'Kd.)

(3) Dans son ra]»]ort de Tan II, Choudieu avait dit :

SA5TERRE ET L'AFFAIRE DE CoB?N |»

Ce ne fol point doo (las le Tvr^r^l Torreaoqui priipositioD à Coron. Ce fat le secrral C!iit^4, qui s'en empara avec an bataillon de ity-i^ dr Ij /-^"'f.itt'^ d'ffrleans. le 18 septembre.

Notre armée était arriree le lyi Vk.>rs, <ur deux oilon* nés et chacune délier avait livrr aiî •.-'•:.. bat a l'eanemi. l'one à Gonnord et l'autre en arrivant * M^er^. Nou*» pa>!k.*tmes la ouit, en avant de Vihiers« entre le ch.«Uu du Coudrav- Montbaolt et Coron. N<j< avani-p*»^!'^ furent placés en avant de Coron, sur une hauteur di:e /'/ ^îr Ue des hommes.

Le firénéral Chabot de-nai^-Ja a Santerre «{uelques pièces de canon pour tenir Tennemi eo éch'-c jusqu'à ce que le corpsd*armée pût le soutenir. L*<*f acier qui commandait Tartillerie, par un ma leo tendu qui cau>a t>jiis les malheurs de cette journée, fît airancer le parc t*>ut entier et 1 encombra ainsi dans les rues de Coron qui s<>Dt très étroites. Et pendant le temps nécessaire pour le faire rétrograder. Chabot, que l'ennemi attaquait vivement, nVt<int pas s'jjteuu.ordon-

■ II est faux quf I^'s col >3iies de Xi<jrt. de L'jron et de Fonteoay aient eu ordre d? retourcer djn^ ii^jr» canton oem^^oLs ; et si cet ordre eût exi^ff. Philipri^aux. qui a fait imprimer six volumes pour prouver les trahison» de KoriMa et de Kosai^ool. n'eût pas manquer de faire imprimer u'ie pie<.e aussi prccieuse: et je l'en detie.t>

Plus loin il ajoute :

« Chalbos était encore à la C'iâta::rneraie 1** 17 septembre. Ph> lippeaux a fait imprimer a ne lettre de lui datée de cet endroit le 17, et Philippeaux ne rt:*'Uî»era pas son propre témoiçnasre. L'n malentendu le détermina à se retirer sur Fontenay le iH. Mais il est faux que Rossignol en ait donne l'ordre. .Aussi Chalbos, après lui avoir expédie un courrier f>oiir s'expliquer avec lui. reprit le 30 sa position à la Châtaii^neraie, ou il est re>te, quoi qu'en dise Philippcaux, jusqu'au 4 octobre, qa'ii reriit l'ordre de marcher sur Brcssuire et sur Châtilloo. »

L'ordre textuel de Rossignol ne fut eu etîet jamais produit; mais, *ces dernières années, M. L. Chas«>in a publie dans son grand travail documentaire sur la Vendpe fMtriole t. lH» P. 79), un arrêté des représentants Fayau et Bellr'ffarde. pris à ia Châtaigneraie le 17 septembre i7«.»3, qu'on peut regarder comme une preuve indirecte du malentendu et des ordres contradictoires qui motivèrent la fausse manœavre de Chalbos évacuant la Châtaigneraie le 18 pour s'y reporter le 20 »»ur l'ordre formel de Rossignol. Les explications deChoudieuen deviennent moins décisives, mais cela ne Icc^ilime pas les accusations inconséquentes de Philippcaux. (X de CËd.)

na la relraite qui se fit péniblement, parce que les canons et les caissons qu'on faisait tourner difficilement, et dont quelques-uns s'étaient brisés, barraient la route pour la retraite, comme ils avaient empêché de porter des secours asse^ prompts à Chabot

Le corps d'armée, voyant se replier l'avant- g^arde, prit répouvante et se retira dans le plus js^and désordre. I^a déroute devint générale. Philippeaux a prétendu que 90.000 hommes avaient fui devant 3. 000 Vendéens. Le fait est que Tarmée vendéenne se composait de 20 000 hommes et qu'elle avait reçu la veille un renfort de 4'000 hommes & Cholet. Il est constaté, par les bulletins mêmes imprimés à Chàtillon, et par les rapports des prisonniers, que cette armée était au moins de 26.000 hommes. Celle de Santerre comptait environ 10.000 hommes de troupes réglée.s. Le reste se composait du double environ de gardes-nationales requises qui n'avaient aucune idée de tactique militaire et prenaient la fuite lorqu'elles entendaient le premier coup de canon. Il n'est donc pas étonnant qu'une armée ainsi composée ait été battue par 26.000 Vendéens aguerris.

On a beaucoup exagéré les fautes de Santerre dans cette malheureuse affaire. Il est très vrai qu'il n'y a pas déployé de grands talents; mais il est faux qu'il ait fait marcher son armée sur huit hommes de front pendant l'espace de sLt lieues, car Tarmée tout entière a passé la nuit près du château du Coudray>Montbau1t, et de cet endroit à Coron il y a peine une demi-lieue ; il est également faux que Ronsin se soit caché dans une cave, comme l'a dit Philippeaux ; nous étions à Tavant-garde, Bourbotte et moi, lorsque le combat a Cûmmencé, et nous formions l'arrière-gardc pen* danl la retraite. En arrivant sur la montagne, nous avons trouvé Honsin qui avait rallié quelques fuyards et qui s'est joint à nous. 11 n'était donc pas caché dans une établc.

Le leudemain, 19, nous avons éprouvé un autre échec. La division Duhoux, qui s'était avancée jusqu'à Beaulieu, a été corn plètement battue au Pont-Barré dans sa retra* précipitée. Le bataillon de Jemmapes et ceux de la gai\Je nationale d'Angers tinrent ferme et perdirent beaucoup de

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