LE GÉNÉRAL TUNCQ
ne fut conçu ni diaprés les priucipcs de la jiç'uerre, ni diaprés la position topographique de l'armée ennemie, et, chose étonnante, il dit, pour la première fois, quelque bien du général plébéien qui« voyant les préventions qui s*é]evaient contre lui, proposa au général Canclaux de lui céder le commandement et donna ainsi, dit M. de Beauchamp, une grande preuve (Tabnégaiion et de dévouement (i),
Charelte avait toujours son quartier général à Légé. Le 27 août, il attaqua la Roche-sur-Yon par trois points différents. Le général Mieskousky, qui commandait la division des Sable»-d'Olonne, le repoussa avec perte jusqu'à Légé. Quelques combats eurent lieu du côté de Machecoul et de Saint-Gervais entre Charetle et Beysser, mais sans résultats décisifs. Pendant ce temps, l'armée de Mayence marchait sur Nantes. Le 3i août, les Vendéens avaient attaqué le camp qui couvrait Nantes. Ils furent repoussés. Le 5 septembre, ils attaquèrent de nouveau pour empêcher la jonction de Tarmce de Mayence. Ils furent également repoussés.
Dans le Haut-Poitou, le général Tuncq venait de commettre une grande imprudence. 11 s'était porté sans ordre jusqu'à Chanlonnay. Le 5 septembre, il fît une bien plus grande faute. Se croyant menacé par des forces supérieures, il abandonna son armée sans prendre aucune disposition pour la retraite, et, si sa division ne fut pas entièrement détruite, elle ne dut son salut qu'à la présence d'esprit du brave Lecomtc, commandant du bataillon le Vengeur., nommé récemment général de brigade. Cet offîcier, blessé dangereusement, ramena cependant la division jusqu'à Mareuil, Sur son
(i) Rossignol, naguères encore garçon orfèvre, puis chef de la 35* division de gendarmerie, était actif et brave, mais enthousiaste et grossier. Quoi qu*on en ait dit, il ne manquait ni de tact ni de jugement: la défense qu'il fit k ses divisionnaires d*engap:er des affaires partielles, et l'opinion qu'il émit bientôt dans le conseil de guerre de 9aumur, le prouvent victorieusement. Au reste il aimait sincèrement la repubhque; et personne, dans les (grandes crises. ne porta plus loin Tabru-^ation de soi-même. — Jomim, Histoire des guerres de la Révolution, t. IV, p. 291.
lit de mort, il adressa au ministre de la guerre des plaiotes amères contre Tuncq « Le général Tuncq, dit-il, a quitté son poste à la veille de la bataille, sans avoir fait aucune disposition pour assurer les derrières de sa troupe qu'il avait portée à huit lieues en avant de Luçon, sans postes intcrmé* ^diaires II est parti, sans laisser aucun renseignement, emportant avec lui les cartes, les livres d'ordre et les notes se* crêtes. »
M. de Beauchamp a dit, à la page 309 de son premier volume, que la prise d un courrier qui portait à Nantes le plan de campag'ne arrélé à Saumur, avait fait connaître aux Vendéens tous nos projets. M. de Beauchamp a été mal instruit. Ce plan de campagne n'a point été envoyé à Nantes par un courrier et ne devait point l'être, puisque les généraux Gandaux el Dubavet, ainsi que les représentants qui les accona* pag'oaient, en avaient chacun une copie II fut livré à Tennemi par V imprudence de Merlin de Thionnille^ pour ne rien dire de plus. J'ai trouvé ce plan de campagne dans les archives du conseil supérieur établi à Chàtillon, lorsque nous y sommes entres, le général Weslermann el moi, après le combat du bois du Moulin-aux-Chèvres, entre Bressuire •et ChÂlillon, el nous l'avons expédié, avec une grande quantité d^aulrcs papiers. Philippeaux a prétendu que je les apportais moi même. La chus^ était impossible, car ils remplissaient un caisson tout entier. Ce caisson, à mon grand regret, a été enlevé le lendemain par l'ennemi. Alors j'ai écrit au comité de Siilut public que Chalbos et moi avions reconnu celle copie pour être l'une de celles qui avaient été <3clivrécs à chacun de nous à la suite du conseil de |i^erre de Saumur, et que nous avions reconnu les signatures du président et du secrétaire. Notre première opinion fut que cette copie n'avait pu être livrée que par un traître, et, comme Philippeaux avait cherché à insinuer que j'avais fait disparaître celte pièce, je me rendis de suite à Paris, je déposai au comité de Sulut public la copie qui m'avait été délivrée , et je demandai que tous ceux qui l'avaient reyue comme moi, généraux et représentants, fussent