L£S FEMMES DE LA REVOLUTION
tiques de son mari. Elle a présenté dans un faux rapport les principaux événements de Révolution, mais elle n*a eu d'influence que sur Benjamin Constiint, qui a passé pour être son amant et qui n'a pas toujours été libéral, surtout en 1792, 93 et 94.
Les dames de Lameth et Mathieu-Dumas : Ces dames recevaient chez elles une société nombreuse et cherchaient à y attirer des Montagnards. Lorsqu'elles y étaient parvenues, elles cherchaient à les influencer en leur laissant entrevoir ^ue des femmes comme elles ne pouvaient former de liaisons intimes avec des hommes qui marchaient sous les bannières de Marat, de Robespierre et de Danton. Cependant, malgré leur adresse et leurs charmes personnels, je ne connais qu*un seul député de quelque talent qui ail eu la faiblesse de devenir muet pour complaire à Tune d'elle. C'est Chappe, frère de l'inventeur du télégraphe, qui n'a eu que le tort de se taire lorsqu'il pouvait occuper la tribune avec quelque avantage.
La marquise de Condorcet : Cette dame, beaucoup plus modeste que Mm« Roland, dont je parlerai tout à l'heure, avait le bon esprit de ne pas chercher à amoindrir le mérite de son mari. Sans paraître avoir aucune prétention, elle a eu peut-être plus d'influence qu'aucune autre femme sur tous les Girondins, qui seuls formaient sa société, car Sieyés n'y a paru, à ma connaissance, qu'une seul fois, pour déterminer les Girondins à voter la mort du Roi*
Madame Roland : Cette dame, qui n'était pas aussi jolie qu'on l'a dit, avait du talent, mais elle le savait beaucoup trop ; elle n'a cependant eu d'influence que sur l'esprit de son faible mari, dont elle était le principal secrétaire, et sur deux députés marquants, Louvet et Barbaroux. Ce dernier passait pour son amant, et je lui ai entendu dire que, quand il voulait rester seul avec madame, il faisait peur au mari en lui annonçant une insurrection imminente, et Roland, qui était un peu poltron, allait passer la nuit chez des amis
Mme Roland, dans ses Mémoires, a peint Barbarom comme aussi et peut-être plus beau à ses yeux qu*Anttnoûs. Lan*. thénas était Je maître des cérémonies de la maison, c'est-àdire chargée de faire des invitations soit pour diner, soit pour les réunions du soir, invitations qui se faisaient au nom seulement de madame et non du mari. Mme Roland avait encore plus d'amour-propre que de talent, c'est ce qui l'a perdue.
U impératrice Joséphine : M™e de Beauharnais n'a commencé à paraître sur la scène politique que lors de ses liaisons avec Barras et avec M"*e Tallien, aujourd'hui princesse de Chimay ; née avec des passions vives, elle n'a pas toujours été exempte de reproches dans sa vie privée ; élevée sur un plus grand théâtre par son mariage avec Bonaparte, elle a fait oublier sa conduite antérieure par sa bien- JFaisanceet la bonté naturelle de son caractère; elle a eu beaucoup d'influence sur Napoléon qui n'a cessé d*ètre heureux que lorsque, par orgueil, il s'est jeté dans les bras d'une archiduchesse d'Autriche, car les Autrichiennes ont toujours porté malheur à la France. C'est à Joséphine que les frères Polignac et M. de Neuville ont dû la vie; elle n'a pas été aussi heureuse dans l'affaire du duc d'Enghien, dont elJe avait sollicité la grâce.
Mademoiselle de Kéralio, femme Robert : Elle apparte-i. naità une famille noble de Bretagne, son père avait été sousgouverneur des Invalides, elle avait reçu une éducation brillante, elle parlait latin avec facilité, mais elle avait la prétention de passer pour une femme savante. Elle a composé une histoire de la reine Elisabeth ^ plusieurs romans et une compilation intitulée les Crimes des Reines; elle s'est associée avec la baronne de Haclder, ainsi que je l'ai déjà dit, pour fonder la Société fraternelle des deux sexes ; elle a figuré dans tous les mouvements populaires, notamment dans celui du Champ-de-Mars, qui avait pour objet de faire proclamer la République et prononcer la déchéance de Louis XVI. Celle dame avait souvent chez elle des réunions