‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 10 sur 87 · LES INFLUENCES RÉVOLUTIONNAIRES · texte numérisé non relu

LES INFLUENCES RÉVOLUTIONNAIRES

devait avoir la Révolution pour conséqutMice. Il était sans doute hors de leur pensée de la provo- (juer, delà provoquer telle qu'elle s'est accomplie, mais il n'en est pas moins vrai que leurs remontrances ont beaucoup contribué à y préparer l'opinion publique.

C'est donc l'aristocratie qui a commencé la Révolution. Le peuple s'en est ensuite emparé, mais il n'a pas dirig-é les premiers coups. Ah! sans doute, les mouvements du peuple ne se répriment pas à volonté, et, dès qu'on a commencé à reconnaître ses droits, il faut lui accorder jusqu'aux extrêmes conséquences de la justice!

La Révolution développa chez les Français tous les genres d'énerg-ie :on en a vu des résultats cruels, mais ausside grands résultats; elle aprésenté des excès, même des fureurs, ([u'il faut comprendre ; on y voit des intentions chezle plus g-randnombre, de grands talents chez quelques-uns, et des vertus souvent contradictoires ; mais il me semble qu'il est des hommes aujourd'hui qui, en remuant les pénibles souvenirs d'une grande époque, espèrent nous ôter l'envie de réclamer ses nobles conséquences; à les entendre on dirait que les huit siècles qui ont précédé la catastrophe ont été des

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siècles tranquilles où la nalion ne marchait que sur des roses; or, pendant ces huit siècles, si on en excepte les règ^nes de quelques monarques ([uiont su occuper les esprits par la g-uerre, il ne s'est pas passé vingt-cinq ans sans qu'on ait vu les grands vassaux armés contre les rois, eu les paysans soulevés contre les seigneurs, ou les réformés luttant contre les catholiques, ou les parlements se prononçant contre la cour ; ainsi toutes les classes de la société essayaient tour à tour d 'échapper aux pouvoir arbitraire ; les troubles civils et les violences auxquelles on eut recours pour les comprimer allesteut que les Français ont lutté Icngtempsavant d'obtenir la liberté légale ; ce ne sont donc pas les droits que tant de gens regrettent qui sont anciens, mais l'amour delà liberté. L'obscur désir de tous tôt ou tard se réalise, incomplètement sans doute, c est-à-dire en dehors d'une logique apparente, mais avec une force invincible. La véritable opinion publique est elle-même une puissance plus forte que tous les pouvoirs : les gouvernements absolus ne prévaudront point contre l'esprit public qui se manifeste de toutes parts et qui menace encore plus d'un trône; ce n'est pas à comprimer les révolutions que les gouvernants devraient appliquer leurs efforts, ils devraient bien plutôt

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