LA RETRAITE SUR LILLE
retraite sur Lille, avait été nécessilée par les circonstances, car je ne pense pas qu'une armée de «juarante mille hommes puisse être forcée à la retraite devant une armée qui, à ma connaissance, était à peine en nombre éijal, et qui n'avait fait aucune attaque.
Je ne suis pas non plus de l'avis de ceux (jui ont prétendu que le maréchal pouvait être coupé dans sa retraite sur Lille; car il y a tout au plus sept lieues de Courlray à Lille. Et comment peuton supposer que la retraite de l'armée pouvait être compromise lorsqu'elle occupait un point intermédiaire, la ville de Menin,qui est à peu près à moitiéchemin?Il est vrai quela ville deTournay, (piiétaitoccupéepar lesAutrichiens,est un peu plus rapprochée de Lillequenel'estla ville deCourtray; mais les Autrichiens étaient contenus par un camp de cinq raille hommes que le maréchal avait placé à Maulde. Le maréchal savait tout cela lorsqu'il a fait rétrograder son armée, et, puisqu'il avait carte blanche, il devait attendre les renforts dont on ditqu'il avaitbesoin avant de marcheren avant.
Honorons les belles actions, récompensons les services rendus, mais ne brûlons pas notre encens en riioiineiir d'un général qui bat en retraite avant d'avoir été attaqué sérieusement par l'ennemi.
108 MÉMOIRF.S DE CHOL'DIEU
Et quand on lit le décret de l'Assemblée, rendu sur la proposition de M. Kersaint, ne croirait-on pas que la retraite du vieux maréchal peut être comparée à celle de Xénophon. — Le malheur c'est*que les soldats de Luckner étaient plus de dix mille.
J'étais, en 1794» à l'armée du Nord en qualité de commissaire de la Convention nationale, et je marchais avec Pichegru, qui la commandait en chef, lorsqu'il attaqua Courlray avec la division du amènerai Souham, composée tout au plus de vingt mille hommes, tandis que la division de Moreau bombardait Menin. Nous entrâmes dans Courtray après une canonnade de quelques heures ; mais, dès le lendemain, notre petite armée fut vivement attaquée par celle de Clerfayt, le meilleur of6cier de l'armée autrichienne, qui, sorti de Tournay avec des forces bien supérieures aux nôtres, avait le double projet de faire lever le siège de Menin et de couper nos communications avec Lille.
Pichegru ne recula point devant cette armée et sut non seulement conserver toutes ses positions, mais parvint encore à enlever un convoi de fourrages qui se dirii];^eait sur Tournay en remontant