‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 4 sur 87 · PRÉFACE V · texte numérisé non relu

PRÉFACE V

lions et des exils, ils portaient sur leurs épaules le poids des années mortes et des inondes futurs, ils étaient vieux, riches de leurs seuls souvenirs, ils revenaient vers la postérité qui s'en effrayait. Ce fut une rentrée sans éclat. La cendre de Napoléon fit plus de bruit. Et cependant ils triomphaient enquelque manière, car ce i 830 c'était les noces d'or delà Kévolution^ et leur inspiratrice leur souriait encore, mais non sans ironie, comme la muse tragique au poêle vieilli. Les jeunes gens de ce temps-Là n'accordaient qu'une attention distraite à ces grands vieillards véhéments qui rapportaient sur leur front un peu de la pâleur formidable de Robespierre. Ils s'exaltaient, ilsparlaient encore du peuple, mais déjà ce n'était plus que la garde-nationale.

Le libéralisme bourgeois avait édulcoré toute amertume, un motde police, « ordre public », remplaçait sur les drapeaux l'implacable devise do la liberté. Dans la rue, dans les constitutions et dans les histoires, la littérature régnait avec son cortège de mensonges /éi ses lauriers de papier. La littérature avait

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