‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 50 sur 87 · LES CAUSES DE LA REBELLION · texte numérisé non relu

LES CAUSES DE LA REBELLION

le fils de Dieu était veuu bcuir leurs drapeaux cl qu'il avait promis que ceux qui seraient tués ressusciteraient comme lui le troisième jour.

Ce ne fut que par degrés (ju'on prépara les esprits à entendre parler de la royauté en la mêlant toujours à la relifrion.

Bientôt une fermentation sourde, un mécontentement général se firent sentir. Rien ne s'opposait aux progrès de ce feu dangereux : l'autorité était entre les mains de ceux (jui avaient intérêt d'en favoriser l'explosion ; le mal s'aus"menla déplus en plus; il devint enfin impossible de le dissimuler, et l'Assemblée constituante en fut instruite vers la fin de sa session.

Le moyen qu'elle employa pour y remédier n'était pas propre à produire cet effet : elle chargea le Roi d'envoyer ans ces contrées des commissaires civils, et de prendre les mesures qu'il jugerait nécessaires pour rétablir la tran(juillité. Les sieurs Gensonné et Gallois furent chargés de cette mission. Le g^énéral Dumouriez devait dirig-er, comme officier g-énéral, les forces qu'on fcig'nail d'opposer à ces commencements de révolte.

Ces commissaires parcoururent les villes et les campagnes en véritables envoyés du Roi. Au lieu de répandre autour d'eux la lumière, de dessiller les yeux de ces malheureux fanatiques, de démasquer et de punir les scélérats qui les égaraient, ils donnèrent à leurs criminelles erreurs un nouveau degré de force et de violence ; ils approuvèrent leur coupable résistance à l'exécution des lois et leur promirent de la faire ratifier parles représentants de la nation (i).

L'Assemblée législative, à laquelle Gensonné et Gallois vinrent rendre compte de leur mission, ne prit aucune des mesures que commandait la tranquillité publiijue. Elle confondit celte affaire avec les plaintes journalières qu'elle recevait contre les prêtres assemenlés et ne s'en occupa plus. Cependant les prêtres et les nobles coalisés ne perdaient pas

(i) On peut voir le r;i|)|)orl que firent de leur mission, Gensonné et Gallois, à la barre de l'Assemblée législative. (.Vo/e de l' Auteur.)

36i KOTES SUR LA \ENDEE

un inonieat; ils parvenaient insensiblement à se rendre maîtres de tous les esprits ; ils formaient de vastes projets ; et de temps à autre des émeutes partielles annonçaient un mouvement plus amènerai et plus violent.

Enfin, au mois de juillet 1792, les conjurés donnèrent le signal et la révolte devint presque ^[•énérale dans une partie des départements de la Vendée, des Deux-Sèvres et de Maineet-Loire.

Mais les projets des rebelles échouèrent encore une fois, neutralisés par les citoyens paisibles qui craii^naient de voir naître la guerre civile et qui se portèrent avec rapidité sur tous les points menacés et parvinrent à dissiper les rassemblements. La plupart des chefs qui s'étaient mis en avant furent faits prisonniers à Bressuire (le 2/j août 1792) et l'on devait supposer que la conspiration était déjouée sans retour, mais elle avait des branches trop étendues.

On avait charg-é le tribunal criminel de Niort de juiç'er les coupables. Quelques hommes obscurs furent punis de mort; tous les autres, au nombre de près de trois cents, parmi lesquels ou comptait plusieurs no))lcs, furent acquittés et recouvrèrent, avec la liberté, le droit de conspirer de nouveau la ruine de la patrie.

L'épreuve qu'ils venaient de faire leur apprit toutes les difficultés d'une pareille entreprise. Ils conçurent des plans mieu.\ combinés et cherchèrent descomplices dans le^ départements voisins. Ce fut à celte époque que se trama dans la Bretagne la fameuse conjuration de la Rouairie dont la découverte a prévenu beaucoup de malheurs.

Ce n'était passeulement dans le pays (jue les conspirateurs trouvèrent des protecteurs. Hiiiaud-Varenneet Sevestre, envoyés d ms la Bretagne pour y accélérer le recrutement des 3o().ijO() hommes (décrété le 24 février 1793), dénoncèrent formellement lieurnonville. le ministre de la guerre, qui, chargé dès le ô janvier précédent d'organiser soi.xante bataillons nouveaux pour les envoyer à l'armée des Côtes de Brest, n'avait pas encore commencé le i5 mars d'en organiser quinze. L'incurie du comité de défense générale coïncidait avec celle de Beurnouville.

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