‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 52 sur 87 · L'ARMEE SANS CHEF ET SANS SOLDATS · texte numérisé non relu

L'ARMEE SANS CHEF ET SANS SOLDATS

mais nous avons déjà été trahis latilde fois que nous devons èlre défiants. Je vous invite à relouruer vers le ministre de la guerre pour le prier de vous nommer un successeur, ou le demander à la Convention nationale qu'elle me fasse remplacer, parce qu'il est impossible que nous marchions à côté l'un de l'autre à la tète d'une armée républicaine. »

Wietino-hoff ne se le fit pas dire deux fois, et, dès le lendemain matin, il repartit pour Paris. En rentrant, je fis part de cette rencontre à Richard qui partageait mon opinion sur le compte de cet officier. Mais connue cela nous laissait toujours sans général, nous expédiâmes de suite un courrier à Paris pour demander au comité de défense générale, non seulement des officiers, mais des soldats dont nous avions un pressant besoin (i).

(i)Lc !,"?inars, les républicains sont attaqués sur les hauteurs de Jallais cl r('[)ousscs avec ])frt(' ]>ar Callii'lineau qui commence à fii;urcr comuie chef de iiarli. Het Jionime, qui a joue un rôle marquant dans la guerre de la Vendée, était nu simple ouvrier en laine fabricant ce qu on appelle de la sarge, espèce d'étoffe coml)osce de laine dont la chaîne est de fil et sert d'habillement aux tfens de la campay:ne. 11 parcourait les foires avec une charrette allelée d'un cheval, pour y A"endre le produit de son travail et y acheter de la laine cl du fil.

Après le combat de Jallais, Catlielineau avec sa petite troupe marcha sur Chemillé et s'en empara. Le i5, il marclia sur Gholet qui n'avait pas de g-arnison. Les habitants sortent de la ville et eniratrent le combat.

Les \'endéens sont victorieux; ils entrent dans la ville. Le marquis de Beauveau, procureur-syndic du district, est fusillé par «Mix au pied de l'arbre de la liberté. Les auteurs des « Victoires tt Conquêtes des Frau^-ais depuis 1792 jusqu'à i8j5 » disent, paire 109, tome I, qu'il fut tué dans la mêlée. Le fait n'est pas txact. Il l'ut assassiné jtar les Vendéens ; mais « ces messieurs 1» n'ont pas voulu imputer un ]>areil crime à des hommes envers lesquels leur partialité perce à chacpie page. — Ce marquis de IJeauveau est le même que sa famille avait fait enfermer à la Bastille comme biuame. il avait épousé en |)i'emières noces une demoiselle de Keilvadd-Muluc, d'u.u- des familles les |)lus distinguées de Bretagne, et pris femme une seconde fois dans l'Américpie septentrionale. Le jeune frère de Cambon, le re|)résenlant qui a dirii^é les finances en 1792, 98, 94. devait être fusillé comme le marquis de Beauveau, parce (pi'il avait accepté les fonctions de maire ; mais, comme il était à la tête d'une maison de commerce (]ui faisait vivre beaucoup d'ouvriers, on lui fil <^ràci:. (Papiers de r Auteur.)

Beurnonville se plaig'nit amèrement de la réception que j'avais faite à Wieling-hofT et demanda mon rappel. Le comité de défense çénérale paraissait assez disposé à le demander, mais il hésita parce qu'il fallait en motiver la demande devant la Convention. D'ailleurs, j'étais du nombre de ceux qu'il n'était pas fâché de voir éloii^nés des séances. On remplaça Wietini^hofr parle -énéral Berruyer (i)'. C'était un vieux soldat cpii avait fait les premières campagnes de Corse et qui avait obtenu, après quarante-huit ans de service, deux médaillons portant deux épées en croix comme ofHcier de fortune. Par conséquent il n'était pas jeune et peu propre à diriger des opérations militaires dans un pays tel que la Vendée. Cependant il était encore vigoureux et nous le vîmes arriver avec plaisir.

C'était bien peu que de nous envoyer un général sans troupes. Nous nous en plaignîmes sans succès et, telle était l'insouciance du comité de défense générale,pour ne rien dire de plus, qu'il ne nous fit pas même l'honneur de nous répondre, force nous fut de nous borner à nos faibles moyens.

Comme cette conduite du ministre de la guerre et celle du comité de défense générale ont été les premières causes de tous nos malheurs, je crois devoir faire connaître les noms des membres qui composaient ce comité, tous choisis sans en excepter un seul, dans le parti de la Gironde : Brissot, Gcnsonné, Rouycr, Guadet, Barbaroux, Buzol, Defermon, Boyer-Fonfrèdc, Pénières, Vergniaud, La Source et Doulcel (ci-devant man[uis de Pon(écoulant\

Avant notre arrivée, les gardes nationales'd'Angcrs, sous la conduite de Gauvilliez, qui depuis est devenu général de division et qui a rendu d'immenses services à la République, avaient été dirigées sur la rive droite de la Loire, en face de Saint-Florcnt-le-Viel. Un Aiible détachement, composé également de gardes-nationales, sous le commandement de l'adjudant-général Talot (2),éluit cantonné à quatre

(i| Berniycr Mean-François), 1737-1804.

(lieu .^■^''""'' ^'""^ ^'^"'''^ ''^ l'adjudant général Talol à C/iou-

« Los Biig-ands n'ont do vraie force ([uo la pour qu'on a d eux.

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