‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 53 sur 87 · BERRUYER A ANGERS · texte numérisé non relu

BERRUYER A ANGERS

lieues d'Angers, dans la commune de Saint-L.uiiherl. Le général Ouétiueau commandait quelques bataillonsde gardes nationales aux Herbiers ; Leygonnier en commandait quei- (jues autres à Vihiers. Le littoral était occupé par de faibles détachements conunandés par Boulard et Marcé. Le premier était aux Sables, et le second occupait le poste de Saint- Vincent ; il y fut attaqué et battu complètement dans les premiers jours de mars. Il avait eu l'imprudence de marcher au-devant de l'ennemi avec sa petite troupe qui se composait seulement de lôoo hommes. Ou l'accusa de trahison; n'étant pas sur lieux, je ne dois ni le défendre, ni l'accuser. Le tribunal révolulionmire l'a jugé coupable.

C'était avec d'aussi faibles moyens que commençait la campagne.

Le général Berruyer arriva à Angers le 28 mars. 11 était presque seul et déjà les rebelles avaient actiuis un degré de consistance infiniment dangereux. Berruyer disposa tout pour attaquer le poste de Chemillé qui, n'étant qu'à cinq lieues d'Angers, menaçait continuellement Saint-Lambert et les Ponts-dc-Cé (i).

S'ils se défendent si bien c'est qu'on les attaque mal. On parle de l'arrivée de Westermann à Tours avec des milliers d-; Parisiens. Il n'en faut pas tant. Le nombre embarrasse quand il est mal conduit. Si Weslermann est ce qu'on annonce lais-lc entrer par Xiorl avec deux mille hommes détermines. Ecris à les collcirnes de faire entrer Beysser par Clisson avec deux mille braves. Autorise-moi à choisir deux mille hommes dans le ra^'on d'Ançers, et je te promets qu'à nous trois, partant du même i)ied, marchant du même pas, nous balayerons tout devant nous, écraserons les chefs et leurs bandes, el le 3o juin a Cholet, réunis chez le maire, mon parent, nous entonnerons aACC toi, si tu veux t'y trouver, le chant de victoire ! s

Aux Ponl-de-Cé, le 31 mai, 1793.

(i) Le ]ilan de campaçne décide le ?3 mars 1793, par le conseil exécutif ordonnait dallaqper par ^^'iorl, mais à l'arrivée du trénéral Berruyer à Anc^ers, Goupilleau de Fonlenay modiGa ce [)lan. Le directoire du département de la Vendée dépêcha alors -Mercier (du Rocher) à Ana;ers vers les représentants Tallien et Goupilleau pour en savoir la raison.

Dans ses mémoire inédits. Mercier du Rocher dit : « J'arrivai à Ant^ers k l'auberge du Cheval-Blanc où était létat-major. Goupilleau (!e F'ontenay était présont avec Richard.

La défense de ces positions était confiée à la brave carde nationale d'Ang^ers qui avait constamment repoussé les attaques avec le plus grand couraq-c.

rcprùsenlant du peuple. Je présentai mes pouvoirs au général Berruyer.

« Il se couchait ; à peine daiçna-t-il répondre. Je le pressai de satisfaire à mes demandes. Je lui dis que j'étais chariré par une autorité constituée alin de savoir de lui pourquoi il avait chance le plan convenu.

— u Demaudez-le au député Goupilleau, qui est présent ; c'est lui qui dirige ma marche et celle des troupes qui me suivent, que je ne pouvais pas abandonner à d'Ayat (i).

« Goupilleau me dit qu'il avait toujours eu les meilleures intentions.

« Le fait est qu'il avait toutes ses propriétés dans le district de (Iliolft, et qu'il aurait été charmé de porter toutes les forces de ce cùté-là. Ce nouveau plan avait été approuvé par Beurnonville.

— M D'Ayat est sans troupes à Fontenay, l'ennemi est retranché au Pont-Charrault, il faudrait du canon pour l'en débusquer- Gviural, 16 pièces vous arrivent, elles ont même failli me prcci. jiiter de la levée dans la Loire. Oue n'en faites-vous passer quelques-unes à d'Ayat ?

— M H ne m'a pas transmis l'état de son armée quoique je le lui aie demandé six fois. Ai-je trop de forces avec moi ".' Croiriezvous que 60 briijands ont mis en déroute 900 gardes -nationales de ce pays ?

— Si cela est ainsi, comment espérer sauver votre artillerie dans des chemins coupés de ravins et bordés de bois et de tjenèts ? Vous conduisez des munitions à l'ennemi avec de telles troupes. A propos, j'oubliais de vous demander s'il est vrai que d'Ayat aille par vos ordres commander à Brcssuire ?

— « Il n'y a pas un mot de cela,

— « Ou'avez-vous donc écrit le 4 de ce mois (d'avril) au département d'Indre et-Loire, en lui demandant des chevaux?

— o Rien de ce que vous dites là.

Menou. ex constituant, qui était chef de l'état-major, ouvrit la coriiN|.onilan<e, lui. dans la lettre que je citais, ces mots: d'Ayat rotera commandant à Brcssuire.

— « C'est une faute, ajouta Menou ; il faut sûrement lire Fontenay. au lieu de Bressuire.

— « Non, non, répartit Berru\er; il n'y a point de faute. Mais cela veut dire <pie d Ayat commandera de Fontenay à Bressuire, et que (luelineau est sous ses ordres.

Berruyer dit (ju'il voulait dormir; je me relirai...

Je fis part à mes collègues et à d'Ayat de la conversation que

(!) Le général Beaiirranchel (1A v«l.

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