DIRON GENERAL EN CHEF
niée des Cùles de la IU)chelle. Ce u'élalt |K)inl assez de nous avoir envoyé le suisse NNieliuglioil(i ), (]ui cunnnandail au n> août la division de l'aris. Ou remplaça le icénéral plébéien Herruyer par un grand seigneur. .Mais Beurnonville, niinis- Ire de la guerre, qui comme liiron, était un commensal ou un ami de Philippe d'Orléans, avait ses raisons pour faire un pareil choix, n'ayant pas de confiance dans la durée de la République. C'était un général enchef qu'on envoyait aux royalistes de la Vendée. Aussi Biron u'a-t-il jamais dirigé un seul mouvement contre eux du point où il commandait, ainsi que je le dirai suivant (]ue les circonstances se préseiiteronl. Il est roslé dans une inaction complète.
Pendant que j'étais à Paris et que notre armée n'avait point de général en chef, l'ennemi se porta en forces, le i6 mai, sur la division de Chalbos, à Fontenay. Instruit de ce mouvement, Chalbos sortit de Fonlenay dont la position n'était pas avantageuse. Il vint dans la plaine et livra bataille aux rebelles. La supériorité du nombre fit un instant pencher la balance en leur faveur. .Mais une charire de cavalerie que Chalbos ordonna à propos la leur arracha. Ils furent complètement battus et perdirent leurs munitions et quelques pièces de canon.
Nous eûmes à peine le temps de nous réjouir de ce succès. L'armé vendéenne ne tarda pas à prendre sa revanche. Le vingt-six du même mois, elle attaqua l'armée républicaine dans la même position dans laquelle elle avait été victorieuse,dix jours auparavant. Celte fois, notre armée fut battue et perdit ses bagages et ses canons L'ennemi culialriom-
lequel il denieurail. Mais un se Irompcrail si l'on croyait, quand je parle ici du parti d Orléans, que je veii.x parler rlu parti de l'iiilippe- galile. C'est le fils qu'on voulait |)()ur l'oi. linniouriez, Biron, Ueurrionville <l irif'ine <iii<lf|ur>s nicirihres de la (iiroude diercliaifiii à ff.ire un gi-and iioninie du fils Ki.'-alilé. .\iixcliam))s de batailles de .lenimapes et de Vaimy. on le présentait déjà <-omnie un iruerrier illustre, lor.-;qu'il n'clait qu'un entant. IVlion ne dédaitrnait pas de correspondre avec lui et deviiit être S(jn cliance.ier. (l'oji. de l'A.)
(i)Le baron de AN'ietiiiirboff était ne en l'ologno, le 3<ijuin 1732. (.V. de l'Ed )
phanl dans Fontenay, capitale du dcparlement de la Vendée. La division de Fontenay, déjà peu nombreuse, avait été affaiblie par les troupes qu'il en avait fallu détacher pour défendre plusieurs points miportantsque l'ennemi menaçait (i).
(i) Var. des annotations de l'Auteur:
« D'Elbéc, après avoir (-lé repoussé devant Fontenav, sentit la nécessité de toncenlrer ses forces. Après avoir réuni" les divisions de I?onrhamn, La Rocbejaquelcin et Catlielineau montant a 35.000 hommes, il se ])rt-senta de nouveau devant Fontenav. Chalbos avec sa petite armée occupait la même position que "le 16. Lescure commence l'attaque. Chalbos ordonne aux trendarmes de charcrer lennemi. Mais au Heu d'exécuter cet ordre, les gendarmes, à l'exception de cinq, prennent la fuite. Plusieurs représentants étaient présents à celte affaire ou ils coururent de "-rands dangers. Garnier de Saintes eut un cheval tue sous lui et ne dut son salut qu'à un cheval <pie lui jirocura un gendarme Les Vendéens entrèrent triomphants dans Fontenav.
« Les auteurs des Victoires et conquêtes affirment, t. 1. p. i55 que les ^ endeens s'emparèrent de 42 pièces de canon 'et de là caisse de l'armée qui contenait vins^t millions, et que les républicains perdirent 1800 hommes, ce qui est très exag-éré, car l'armée de Chalbos était à peine composée de .3. 000 hommes au commencement du rombal, et il n'est pas vraisemblable qu'elle ait perdu 1800 hommes, encore moins possible qu'elle eût quarante canons, ainsi qu'une caisse contenant vinirt millions pour les besoins de 3. 000 hommes. L'armce tout entière n'en a jamais eu autant. » "^
Il convient de remarquer que Choudieu attaque ici, en partie du moins, les propres termes de son rapport de l'an H, uiibsé par Alphonse de Beauchamp et repris presque textuellement dans cet auteur par les historiens des \irtoires. conquêtes, etc. On lit en etlet dans le rapport de Choudieu et Richard :
« Le 2tJ du même mois, ils attaquèrent l'année de la République dans la même position où ell.- avait été victorieuse quelques jours auparavant. Cette fois, elle fut entièrement défaite • elle abandonna «piarante pièces de canon et tous ses bagages. »'
Itu reste, Cihoudieu avait peut-être raison de se contredire luimême ; tous ces chiffres paraissent exagérés et, sans compter les mémoires royalistes, nous avons le récit d'un témoin occulaire Mercier du Hocher), qui écrit dans ses Mémoires inédits en souvenir de la joie des Vendéens quand ils retrouvèrent ta Fontenay leur Mane-Jeanne:
. C'était un siiectacle di-ne h l^fois d'horreur et de pitié que de voir ces malheureux, leur chapelet à la main et leur fusil sous le bras, invoquer le ciel, les srenoux en terre, baiser en pleurant de joie la fameuse pièce de canon saisie avec 1 5 à 3o autres et 5. 000 fusils ; on ia couvrait de fleurs et de rubans et on la mena a l'cglise Notre-Dame où se chantait un Te Deuni au milieu des acclamations les plus enthousiastes. » (V. de l'Ed )