‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 60 sur 87 · INTRIGUES FÉDÉRALISTES · texte numérisé non relu

INTRIGUES FÉDÉRALISTES

lieues de plus ([u'il ne fallait. Celait cvidcmnienl un renfort que nos deux collèg-uos élaicnl chargés de conduire aux fédéralistes du Calvados, et cela est si vrai que des envoyés des départements voisins et ceux même delà Gironde, qui avaient passé à Niort et à Poitiers, étaient déjà réunis à Laval et que des bataillons qu'on y avait formés étaient de suite dirig-'s sur le Calvados.

Nos doux coilônues et leurs complices ont depuis cherché à juslitier celte élranqe conduite en disant qu'ils v avaient été contraints par l'indiscipline d'un bataillon de Paris qui, de son chef, avait pris la roule de Chàteaucronticr, el dont l'exemple avait entraîné les autres. Le fait n'est exact que relativement à l'indiscipline des bataillons de Paris. Mais qui est-ce qui avait encouragé celte indiscipline, si ce n'est ceux qui les avaient enlraînés sans ordres, au commencement du combat de Saumur, jusqu'à Angers, cl qui s'claicul concertés pendant la route avec leurs chefs (jui étaient pour la plupart des ennemis de la Révolution ? De scmbl abics excuses ne peuvent cire accueillies.

Mais une preuve sans réplii|ue que ces deux représentants prirent part à celle trahison c'est que, dès le lendemain de leur arrivée à Angtjrs, le Directoire du département fit imprimer une protestation contre les événements du 3 1 mai et des premiers jours de juin, signée par quatre députés du département de -Maine-et-Loire, La Pévclliére-Lépeaux, Pilastre, Leclcrc et Lemaiguan, el que celle proclamation fut dislri- Iméc avec profusion, sous les yeux mêmes de Delaunay el de Dandenac, qui ne s'opposèrent point à cette distribution. 11 est donc évident qu'ils partageaient les principes de ceux qui fomentaient la rébellion du Calvados. Ils étaient donc leurs complices, puis(ju'ils ne prenaient la roule de Laval que pour leur conduire des renforts, ou cjne du moins telle paraissait être leur intention, el s'ils n'atleiynirent j)as ce but, c'est <iue l'armco conrnaiidée jtar \\ im(illen ne résista jias lon<Ttnnpsà l'armée républicaine dirigée contre elle par Koberl Lindcl.

D'ailleurs, une autre preuve ([ue Delaunay le jeune était un agent très utile du parti fédéraliste, c'est (pi'il fut rlnriré

par les Girondins de rédiger l'acte d'accusation contre Marat. Son voyage, sans mission ostensible, dans le département de Maine-et-Loire, n'était qu'une conséquence de son dévouement à la faction qui voulait, à quelque prix que ce fût, organiser une force départementale autour d'elle. Et cela est si vrai qu'il n'était pas nécessaire de nous adjoindre deux nouveaux représentants, puisque nous étions déjà réunis quatre députés dans le même département, Bourbotte Turreau, Richard et moi, ce qui était peut-être beaucoup trop sur uD seul point.

La prise de Saumur était pour l'ennemi d'un avantage immense. Indépendamment des magasins qu'il y trouva, et qu'on n'avait pu évacuer qu'en partie, cette place lui procurait un passage important sur la Loire, interceptait la navigation de cette rivière, coupait nos communications directes avec Angers et Nantes, même avec Niort, autrement que par un long circuit, et lui offrait de grandes ressources pour ses approvisionnements en tous genres dans les départemens de la Sarthe et de la Mayenne, déjà assez disposés eu sa faveur. Notre ligne de défense se trouvait entièrement rompue et laissait sans défense les départements de la Vienne et d'Indre-et-Loire.

Les chefs de l'armée catholique et royale tinrent à Saumur un conseil de guerre ; on y discuta les moyens de tirer les plus grands avantages des succès inespérés qu'ils venaient d'obtenir. Ils ne furent point d'accord entre eux. Les uns voulaient marciior sur Tours, qui présentait encore moins de défenses naturelles que Saumur et d'où ils espéraient pouvoir chasser aisément des troupes qu'ils supposaient découragées par une première défaite, pour appeler ensuite à la révolte les départements intermédiaires entre Tours et Paris (i). D'autres étaient d'avis de se fortifier à Saumur, et

(i) Ceux qui proposaient de marcher sur Tours n'avaient pas pour but de soulever les rives de la Loire, mais de marcher droit sur l'aris ; et mon o(jiiiic>ii est que si ce plan eût été suivi, il pouvait devenir fort dnntrcreux, parce que les Vendéens eussent renconlrc peu d'i.bslades pour arriver jusiju'à la capitale, mais

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