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de se porter de là sur Niort, pour se débarrasser de toute inquiétude de ce côté; d'autres enfin opinaient de marcher sur Ang-ers et de là sur Nantes, où ils avaient des intelligences. Rien ne fut décidé, parce (jue les paysans commençaient à se rebuter de tant de fatig'ues dont leurs chefs seuls profitaient. Ils étaient découragés par les pertes immenses qu'ils avaient éprouvées à l'attaque de Saumur et à celle de la petite armée de Salomon. Ils murnmraient tout haut et désertaient en foule. L'influence de leurs prêtres était insuffisante à les retenir. Les généraux des rebelles se virent forcés d'agir promptement pour ne pas perdre le fruit de leur victoire et l'attaque de Nantes fut résolue. — Ils savaient déjà qu'Angers était évacué.
Pendant qu'on délibérait à Saumur, le général Berthier, qui était infatigable, et dont les talents et l'activité sont audessus de tout éloge, s'occupait sans relâche de la réorgani-
Les Vendéens refusèrent de dépasser Saumur et même d'y laisser garnison.
Jusqu'à ce mument l'armée royale avait été divisée sous des chefs particuliers. On sentit le besoin de la suliordonner à un seul chef. D'Elbce, qui ambitionnait ce poste, mais qui s'apertjul bientôt que Boucliauq) réunirait plus de sutlVase (jue lui, pour di-tourner ce choix proposa Gallielineau, sur lequel il exerçait une grande influence.
Il donnait pour motifs que Cathelineau avait l'un des premiers donné le signal de l'insurrection, qu'on ne pouvait lui contester la réputation d'être l'un desiilus braves officiers de l'armée et qu'appartenant à la classe plébéieimo, il serait par cela même plus agréable a la multitude. Ce choix, ajoutait d'Kibée, |)rouvera (|ue ce n'est ni l'amour du pouvoir, ni l'intérêt personnel (jui diriseaienl les nobles vendéens dans une guerre entreprise pour le seul triomphe de la religion et de la cause royale. — Cathelineau réunit la presque totalité des suffrages.
Ainsi, par une concession bien remarquable faite aux principes révolutionnaires, un simple paysan si- trouva élevé à la place la plus éminenle de l'armée royale, tandis que celle des républicains était commandée par le fils d'un duc el pair, d'un maréchal de France, hcrilier d'une ancienne et illustre maison. I-]t, chose également remar(|uablc, c'est ipie Calhelineau dut cette distinction à des hommes ([ui, à mérite au moins égal, et en mettant même de côté les préjugés de la naissance el de l'éducation, pouvaient la lui disputer par l'expérience et l'ancienneté de leurs services. (Papiers de /'Auteur.)
salion de l'année. Avec des troupes battues et fuji^ilives, il parvint eu peu de temps, à Taide de nouveaux renforts arrivés de Paris, à former une armée respectable, composée de dix-huit mille hommes, munie d'une nombreuse artillerie et de tout Ci:; qui était nécessaire pour rentrer en campag'ne.
J'ai déjà dit ((u'après la combat de Saumur Bourbotte s'é. lait rendu à Paris. Mes colléijues décidèrent que l'un de nous se rendrait à Niort auprès du général Biron, pour l'inviter à sortir enfin de l'inaction dans laquelle il restait avec une armée plus nombreuse que la nôtre et qui, en attaquant l'ennemi sur un autre point que celui que nous défendions, pouvait opérer une diversion puissante. Le choix de mes collègues tomba sur moi. Je ne pouvais pas être utile à la réori^anisation de l'armée parce que la blessure que j'avais reçue à Saumur, quoitjue léifère, m'empêchait de marcher, et que la route de Poitiers et de Niort étant encore libre, je pouvais aisément y parvenir en voilure, en prenant cependant ([uelqucs précautions [)0ur éviter les surprises de ([uelques partis vendéens.
Arrivé à Niort, Biron me reçut comme je devais l'attendre d'un homme de cour. Il me lit beaucoup de compliments, beaucoup d'assurances de dévouement, beaucoup de promesses, et n'en continua pas moins à rester dans une inaction coupable. Croyant avoir rempli ma mission, je ne restai que vingt-quatre heures à Niort, où je me rendis le soir à la société populaire. J'y rencontrai mon collègue Thibaudcau, (|ui, comme l.)elaunay et Dandenac, n'avait point de mission apparente. .Mais j'y rencontrai aussi deux émissaires venus de Bordeaux pour inviter les citoyens à envoyer des bataillons autour de la Convention pour la protéger contre les anarchistes. Je vis avec plaisir (]ue l'opinion publique ne leur était pas favorable et je distinguai, parmi les orateurs qui les combattirent avec beaucoup d'énergie, deux jeunes volontaires qui avaient été précédemment officiers de dragons, et qui, par dévouement à la cause de la liberté, s'étaient enrôlés comme simples soldats. C'étaient les deux frères jumeaux César et Constantin Faucher. En sortant de la .séance, je me disposais h faire arrclcr les deux émissaire-*
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de la Giroude. >rai.s ils étaient déjà partis et j'ai a|ipris depuis (ju'ils avaient dirigé leur route sur le .Mans et sur Laval, sans s'arrêter à Tours.
Le lendemain matin, je pris des renseig-nenients sur les deux volontaires que j'avaisvu s à la société, et, comme ils furent tous favorables, je proposai au i^énérai Chalbos de les employer dans sa division. Comme il avait peu d'olticiers capables près de lui, il accepta mon offre et, avant do partir, je les nommai adjoints à l'étal-major. J'aurai dans la suite occasion de parler de ces deux officiers dont le noua est devenu cher à tous les amis de la patrie, non seulement par les services (|u ils ont rendus, mais encore par les fureurs du vieux maréchal de ^ioménil, dont ils sont devenus les victimes à Bordeaux.
Pendant que les Vendéens perdaient un temps précieux à Saumur poury célébrer par des fêtes la victoire qu'ils avaient remportée sur l'armée ré[)ublicaiue, on recrutait publiijucmenl dans plusieurs départements pour le Calvados. Deix députés de -Maine-et-Loire y conduisaient des renforts comme je viens de le dire ; à Poitiers, on couvo(|uait les suppléants à Bourges; à Niort, on vantait jusque dans la société populaire les prétendus avantages du fédéralisme, et même en ma présence ; aux Sables, deux bataillons de la Gironde quittèrent leurs drapeaux pour retourner à Bordeaux se ranger sous l'étendard de la révolte. Dans le département de la Mayenne, on avait ordonné une levée d'hommes pour l'armée de WimpHeu. Uaus celui de la Sartlie, le même mouvement se disposait ; à Nantes même, qui à la tin du mois de juin a donné des preuves si éclatantes de courage, des symptômes de fédéralisme commençaient à se manifester; mais l'erreur ne fut pas de longue durée.
Noire position et celle de la républicfue entière n'étaient pas brillantes, mais le génie de la liberté est sorti triomphant de cette crise et nos ennemis ont dû se convaincre (luil ne fallait (jue du courage poursurmonter tous les obstacles.
L'armée vendéenne, après être restée environ dix jour S
dans Sauraur,rit rentrer une partie de ses forces dans l'intérieur pour tenir tète aux troupes de la République qui y occupaient encore quelques points, le gros de l'arraée se dirigea sur Angers, où elle savait ne pas devoir éprouver de résistance.
Notre armée, entièrement réorganisée à Tours, n'attendait que les ordres de Biron. Ils n'arrivèrent point. Cependant l'ennemi n'avait laissé à Saumur que peu de forces. Il était urgent de ne pas lui donner le tem|>s de les renforcer. Nous prîmes sous notre responsabilité de donner ordre de marcher sur cette ville, après toutefois avoir donné avis de notre marche au général en chef, eu le prévenant que l'armée y attendait ses ordres.
Le 25 juin, nous rentrâmes dans Saumur, après en avoir chassé le peu de troupes que l'ennemi y avait laissées; quelques jours après nous marchâmes sur Angers que l'armée vendéenne avait évacué pour se porter sur Nantes. Nous nous fîmes rendre compte, en arrivant à Angers, de la conduite des administrateurs du département et, après nous être convaincus de leur forfaiture, nous les destituâmes. Cette destitution ne fut pas seulement motivée sur l'ordre qu'ils avaient donné de marcher sur Laval ; mais encore et principalement sur l'arrêté qu'ils avaient pris pour faire imprimer et distribuer avec profusion la protestation des quatre députes dont j'ai plus haut cité les noms. Cet arrêté était un double délit, en ce qu'il était lui-même une protestation contre les décre's de la Convention nationale, mais aussi en ce ({u'ils y parlaient avec mépris du gouvernement républicain et qu'ils osaient dire (jue cette République ne serait que ridicule si elle n'était atroce. Il était impossible de laisser en place des administrateurs qui, dans ces moments de crise, tenaient un pareil lanirage à leurs administrés.
Cette destitution me tit dans le temps autant d'ennemis (ju'ils avaient de partisans dans le déparlement, et ils en avaient beaucoup, parce que jusque-là ils avaient constamment montré quebiuedévouemenl à la cause de la liberté. L'un d'eux, le docteur Tessié-Ducluseaux, avait même marché à Li icte d'une division de la garde nationale d'Angers pour