‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 63 sur 87 · RÉPONSE A UNE BROCHURE DE VIAL · texte numérisé non relu

RÉPONSE A UNE BROCHURE DE VIAL

convient cependant (lu'il proposa à ce comité l'arrestation du î?énéral Duhoux qui était alors aux Ponts-de-Cé. « Nous fumes chargés, dit-il, pa£;e 92, Proust et moi, de cette mission qui n'était pas sans dangers au milieu des hussards qui l'environnaient.

«On sent que ce vigoureux parti n'était pas fait pour attirer à son auteur la bienveillance des représentants Richard et Choudieu, qui étaient à Saumur, et qui protégeaient tous les généraux perfides. Cependant nous parvînmes à l'amener à Fa citadelle ; mais pendant que je l'interrogeais, il arriva un ordre des représentants Richard et Choudieu portant que ce général serait traduit à Saumur et quele comité (d'Angers) lui1"erait passerles piécesdu procès. Duhoux fut ainsi soustrait aux peines qu'il méritait (le 23 septembre i7o3), puisque, malgré les preuves quele comité envoya aux représentants du peuple contre ce traître, il partit librement peu de jours après pour Paris avec des lettres de recommandation pour lui faire accorder une retraite. »

On va juger par l'exposé simple des faits de la bonne loi

Je n'examinerai point si Vial avait le droit d'arrêter luimême un général à la tête de sa division, et en présence de l'ennemi; toujours est-il que, le lendemain de son arrestation, Duhoux nous écrivait à Saumur, à Richard et a moi, pour se plaindre de cet acte arbitraire.

Nous ordonnâmes de suite que le général fût amené a Saumur pour v être interrogé par nous, et qu'à cet ettet toutes les pièces de la procédure fussent mises sous nos yeux pour statuer ce quil appartiendrait. Le gênerai Duhoux se défendit très mal devant nous, et nous l'envoyâmes à Paris escorté par la gendarmerie. Il y fut incarcéréà r\bbaye et les pièces de son procès déposées entre les mains de l'accusateur public. Voilà ce que Vial appelle soustraire un traître aux peines qu'il méritait et lui donner des lettres de recommandation pour obtenir une pension.

11 est vrai que Duhoux était arrivé dans la Vendée précède d'une brillaalcj réputation; c'était lui qui avait dirige la brillante défense de Lille contre l'armée aulnch.enne com-

mandée par le prince de Saxe-Teschen et l'archiduchesse Marie-Chrisline, sœur de Marie-Antoinette, Nous ne voulûmes pas que ce général fût juçé par une commission militaire; mais la preuve que nous ne voulions pas sauver un traître c'est qu'au moment où ^'ial faisait imprimer ce roman, il y avait longtemps que Duhoux avait été traduit devint le tribunal révolutionnaire (i).

J'avais quitté Niort emportant de Biron une très mauvaise opinion. Cependant W'estermann, à la tête de quelques m'iliers d'hommes, eut l'imprudence de s'aventurer jusqu'au centre de la Vendée, N'étant point soutenu par le gros de l'armée, il était facile de prévoir qu'il succomberait, comme ei effet il succomba. Il essuya une perte considérable en se r.îtirant. J'ignore si Biron avait donné l'ordre de faire ce mouvement, mais un pareil ordre ne pourrait être attribué qu'à l'impéritie ou à la trahison. El comme Biron ne pourrait être considéré comme un ignorant, il faudrait nécessai-

(i) De toutes les qualités nécessaires à un officier e:éncral. Westermann n'avait que la bravoure ; propre peut-être à commander un escadron de liussards. il ne dut jamais le succès de qnehjues coups de main à ses dispositions mais à rinlrcpidité, des volontaires qu'il a plusieurs fois inutilement sacrifies. Il fut louiTtcmps pour les soldais républicains un objet de scandale, eu donnant l'e.xemple de l'mdiscipline et de la désobéissance au.x ordres supérieurs. Plus dune fois il compromit et fit battre l'armée dont il dirip^eait l'avant -trarde sur la rive droite de la Loire, en brumaire et frimaire an II, et exposa les divers i;énérau.\ en chef, s.ir lesipels il versait d'ailleurs le blâme à pleines mains, à des leprocbes sur l'insuccès de leurs opérations qu'on ne devait souvent attribuer qu'a son imjiéritie, aux faux mouvements qu'il faisait faire à l'avaiit-prde, à sa basse jalousie, à son aversion pour la plupart des officiers généraux de l'armée dont il ambitionnait le commandement. (5n la vu depuis oser se vanter, à la barre de la Convention nationale, d'avoir tué « jusqu'au dernier des quatre-viniît-dix mille rebelles », etc. Voycz-ies journaux du temps. La révolution n'a pas eu de cbarlatan'qui eût aussi peu de talents et autant d'impudence que W'estermann (L. Tlrreal', Mémoire jtonr servir ii riiistoire de la guerre de la Vendée.)

[i) Duhoux fut emprisonné, mais il ne fut pas jug-é. Son nom figure en l'an III sur les registres d'écrou du Luxembourir. Remis en liberté après tmc détention de lo mois, on le retrouve au i3 vendémiaire an IV, avec le général Danican, à la tête des sections iisureces. (.V. de /'Ed.)

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