‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 66 sur 87 · MARCHE SUR DOUE · texte numérisé non relu

MARCHE SUR DOUE

rcQomiiiée de publier ses nombreux exploits, mais que j'espérais qu'il nous les raconlerait lui-même avant de parlir. Philippeaux, que nous avions invité à venir dîner avec nous, nous quitta à l'instant même et partit sans nous dire adieu. Aussi me fait-il l'honneur, dans plusieurs pamphlets qu'il a publiés contre ce qu'il appelle la Cour ih' Saiimtir, de m'en désio^ner comme le ciicf, <iuoique j'y résidasse rarement, el seulement lorsque l'armée y rentrait pour y prendre (piolpie repos.

Le fi août, Rossig-nol ordonna l'altaquc de Doué et en confia la direction, non auv généraux Salomon et Konsin, comme ledit M. de Beauchamp, qui connaît beaucoup mieux les opérations des Vendéens que celles des républicains, mais au si'énéral Santerre seul, parce (]ue Salomon, qui s'é tait retiré sur Niort, lors de l'affaire de Saumur, y était encore (i). Il est vrai que Ronsin suivit la division de Santerre, mais comme simple volontaire, n'ayant jamais eu de service actif dans l'armée.

En arrivant prés de Doué avec la division, je fus témoin d un sinnulier spectacle dont je douterais encore si je ne l'eusse vu de mes propres yeux. L'évêque d'A^-ra, parcourant tous les rani»-s de l'armée vendéenne, la fil mettre à g-enoux et lui donna sa bénédiction, ce qui ne les empêcha pas d'être complètement battus par l'armée républicaine, qui, après cet avantai!;-e, se replia sur Saumur, parce que le but de celte expédition était seulement de balayer le [>ays.

(i) o Les t^éncraiix Hmsin et Salomon cliari^crent à la tèle de la cavalerie jusqu'aii.x portos de Doue, » dit le içenéral en chef en rendant compte de celle atlaire au ministre de la i^uerre, par une lettre, datée de Saumur 5 août, et lue à la<;onvention dans la séance du 9 août.

Le mèniejoir C'ioudieu écrivait de Saumur :

a Depuis plusieurs jours, l'ennemi cantormj à Doué mena<;ail d'aUai|uer Saum ir. Le irenéral Kossiurno! a cru devoir le prévenir. Ce malin, trois mille fijiniiiis, d jnt trois cents de cavalerie, se. sont portés de ce cote sois les onlres des ;jcnér.iux de bri'^ade iJaljmon el Konsio, etc. » (.V. de l'Ed.)

iiO NOTES SUR LA VENDEE

M. de Beauchamp dit encore (tome I, page 278), que la Convention nationale envoya dans les déparlements cent soixante-dix de ses membres pour y effectuer le recrutement de trois cent mille hommes dont elle avait ordonne la levée, et que ces commissaires prirent trois mille délibérations pour armer, équiper et organiser (juatorze armées. Je ne crois pas que ce soit une très bonne manière d'écrire l'histoire que d'exagérer ou de dénaturer les faits les plus simples. Il suffît d'ouvrir le Moniteur ^onv savoir que l'assemblée n'envoya qu'un seul député par département, ce qui fît tout au plus 80 membres, car il y eut plusieurs départements, tels que ceux de la Corse et de Paris, pour lesquels il n'en fut point point nommé, et ce qui est pour le moins aussi faux, c'est que ces députés prirent 3oco arrêtés pour organiser i4 armées. 11 est de notoriété publique qu'aucune de ces quatorze armées ne fut organisée par les commissaires de la Convention et qu'elles le furent successivement, d'après des rapports du comité de Salut public, qui seul avait la direction de tout ce qui concernait la défense du pays.

Il est également faux que le discours de Barrère prononcé le 26 juillet eut pour conséquence in médiate « la formation de vine^t-quatre compagnies d'incendiaires » pour détruire la ^'endée. J'y étais au moment où cette mesure terrible et absolument inutile fut ordonnée, et je puis assurer que nulle part à ce moment il n'y a été organisé de semblables compagnies. Propriétaire moi-même dans ce malheureux pays, j'ai vu incendier mes propriétés et celles de ma famille sans pouvoir en empêcher. Mais elles ne 1 ont été que par des maraudeurs isolés, qui quittaient leurs bataillons pour piller; el je puis également alleslrr que très peu de chefs ont autorisé l'incendie, quoique celle mesure fût ordonnée par une loi. J ai bien vu essayer de bi ùlcr les forcis sans qu'on ait pu y parvenir, et quand je lis dans les journaux que de vastes forêts ont été consumées parle feu, j'ai peine à le croire, à moins que ce nesoient des forêts rempliesd'arbres résineux, parce que tous les essais (jue j'ai vu faire dans la N'endée n'ont obtenu aucun résultat. On a osé soutenir que l'incendie du Palatinat, sous le ministère de Louvois, fut une me-

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