‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 68 sur 87 · LE CONSEIL DE SAUMUR · texte numérisé non relu

LE CONSEIL DE SAUMUR

l'armée des Côtes de la Rochelle, qui, suivant le même plan de campag-ne, doit se tenir sur la défensive active, et cependiut arriver aussi le iG devant .Mortag-ne, puisse résister seule aux ctTorts réunis de toute l'armée vendéenne (jui n'aura aucun autre ennemi devant elle. Je conçois facilement que l'armée de Mayeuce puisse faire en peu de temps sa jonction avec celle des Côtes de Brest, même avec la division de Mieskousky, qui est la plus près de Nantes, mais comment veut-on que l'armée des Côtes de la Rochelle, abandonnée à elle-même, puisse faire sa jonction avec la division de Chalbos, qui est à Chantonnay, avec celle de Rey, qui devra être à Bressuire le i4, avec celle de Duhoux, qui doit débusquer par les Ponts-de-Cé et être le i4 sur les hauteurs de Beaulieu, et arriver toutes ensemble devant Mortag'ne le lO. Ces différentes divisions de l'armée des Côtes delà Rochelle devront les unes et les autres livrer chaque jour des condiats partiels et isolés, tandis que l'armée vendéenne, occupant le centre, aura tout l'avantaçe de l'attaque, en se portant tour à tour et en masse sur celle de nos divisions qui lui paraîtra la plus faible. Enfin, comment pourra-t-on établir une correspondance active entre les différentes divisions de l'armée à travers le pays occupé par l'ennemi "? On ne pourra le faire que par un lonç circuit, et chaque division sera écrasée, avant que celle qui l'avoisinera le plus puisse lui porter le moindre secours. Quant à la correspondance avec l'armée de Caudaux, elle sera impossible autrement que par Nantes.

« Suivant le second plan, au contraire, les armées de Mayence et de Saumur réunies pourront prendre position à Doué le 4 septembre. Le même jour la division de Duhoux campera sur les hauteurs d'Érii^^né ; Rey marchera sur Thouars. Le second jour, les armées réunies de .Maycnce et de Saumur ferontleur jonction, par la droite, avec Duhoux, en avant des Ponts-de Ce, dont la défense sera confiée à a g'arde-natiooale d'Ang^ers, et, par la gauche, avec la division de Rey, qui marchera de Thouars sur Bressuire. Après cette jonction, toutes les divisions marcheront simultanément sur Cholet et Beaupréau, (jui seront atta(]ués par le centre, tandis que la division de Duhoux marchera, par

Clicniillé et Chalonnes, sur Montjean et Saint-Florent, pour empêcher le passage de la Loire qui sera suffisamment défendu par les postes qui occupent déjà Saiut-Geori>"es, Ingrandes, Varades et Ancenis. Pendant ce temps, la division de Rey manœuvrera sur la g-auche des armées de .Mayencj et de Saumar pojr faire sa jonction avec la division de Chalbos, qui, de Chantonnay, balayera le terrain de%'ant elle jusqu'à la Châtaigneraie. Comme il est à présumer que l'armée vendéenne réunira ses forces pour défendre Mortagne, Tiffauges, Clisson et les Herbiers, les armées de Mayence et de Saumur n'altaquîront Mortagne qie lorsqu'elles auront acquis la certitude que la division de .Mieskousky aura fait sa jonction avec celle de Chalbos.

" L'armée de Brest commencera son mouvement le G septembre et balayera tout ce qui est devant elle, depuis Rourgneuf jus(pi"à Nantes, où elle fera sa jonction, par sa gauche, avec la légion nantaise et les troupes qui se trouvent en cette ville, et, par sa droite, avec la division de Mieskousky. Tous ces corps marcheront de concert avec l'armée des Cotes de la Rochelle sur Mortagne. et l'attaqueront le même jour sur tous les points. S'ils sont attaqués par l'armée vendéenne, ils se porteront réciproiiueme.il des secours et ceux qui ne seront point attaqués attaqueront eux-mêmes pour faire diversion et no donneront aucune relâche à l'armée vendéenne, qui n'aura do retraite ni du côté de la Loire, ni du côté de la mer.

« Je sais que plusieurs d'entre vouî ne sont indécis entre les deux plans que parce qu'en a loptanl le de.nier l'armée de .Mayence se trouverait sous les ordres du général en chef de l'armée des Cù'.es de la Rochelle; mais pourquoi ne confierions-nous pas le commandement des deux armées au général Canclaux? Celte mesure lèverait peut-être toutes les difficultés. Nous sommes tous d'accord sur la supériorité «les talents de Canclaux. Pour(|uoi balancerions-nous ? Je connais assez les nobles sentim;Mils qui animent Rossignol pour vous répondre d'avance qu'il ne sera point humilié de faire la campagne comme lieutenant de Canclaux, et qu'il

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servirait nièire soiis ses ordres comme simple volontaire, si cela pouvail rire utile.

« J'ai exposé avec impartialité les avantages et les désavanta^-es des deux plans, ("."est maintenant à l'assemblée à prononcer. Je n'ai plus rien à dire. J'ai rempli, sans aigreur et sans prétentions, mes devoirs de citoyen et de député, c'est à vous de faire le reste. »

J'avais à peine fini que Rossig'nol se lève et dit au g"énéral Canclaux qu'il était prêt à lui abandonner le commandement, s'il voulait entrer en campati^ne rlès le lendemain. Ce beau trait de désintéressement ne fut pas apprécié commi" il devait l'élrc par le conseil de guerre.

On alla immédiatement après aux voix. Le conseil de SCuerre était composé de dix e^énéraux divisionnaires, savoir : Canclaux, Rossis^nol, Auberl-Dubayet.Chalbos, Dembarrère, Duhoux, Rey, Mieskousky, Salomon et Sanlerre, et de onze représentants, savoir : Bourbotte, Rewbell,. Merlin de Thionville. Cavai2;-nac, Fayau, Turreau, .Méaulle, Ruelle, Pbilippeaux, Richard et moi. Bourbotte déclara que ses instructions ne Ini permettaient pas de voter. Sur dix o-énéraux, sept volèrent pour l'entrée en campascne par Saumur et trois, savoir : Canclaux (i), Mieskousky et Aubert-Dubayet, pour l'entrée par Nantes. Sur dix représentants, sept volèrent pour l'entrée en campag'ae par Nantes. Trois seulement, savoir : Richard, Fayau et moi, pour l'entrée en campag-ne par Saumur. Dix voix pour, dix voix contre.

Nouvelle difficulté qui n'avait pas été prévue, car les voix

(i) o Telle avait été l'opinion de Cancla i.x, dcveloppcc avec plus d'éloquence que de solidité par l'hilippcaux , lequel était dcy<i parvenu, il force d'art, à la faire adopter en princi|ic au C(>initc de .Salut public. R'^ssic^'nol. dans son lanicaj^e grossier, prouva en vain qu'on ferait faire inuliletnenl à celte troupe une promenade de 4.'» lieues pour arriver à ^fontaiçu. dont elle n'était étoli^née que de deux marches en débouchant de Saumur; il ne fut point écoule. Dédaiirné, et prévoyant dès lors les mallieurs que le plan du comité amcnerail, il oflrit le commandement à son rival, pourvu rpie l'on consentit à (i< boucher par Sacmur : mais en celle occasion l'amour propre de Canclaux fut plus fort que le palrintisme de Rossii^nol ». .loMi.M, llisloire îles (jnerres de lu Héoolulion.i. IV. p. 29',.

se trouvant ainsi partagées par qui devait être décidée la question"? Il me semble que l'opinion de sept g-énéraux contre trois eût dû être prépoiuléranle. Il en fut autrement, et les préventions ([u'avait élevées Philippeaux contre l'armée de Saumur étaient telles que le président fut investi du droit de départir les opinions, ce qui était décider la question par la question; car il était évident que le président, ayant déjà volé la première fois pour la marche sur Nantes, voterait une seconde fois de la même manière.

Ainsi l'opinion d'un avocat de Colmar, Rewbcll, qui n'avait jamais mis le pied dans la \'endée, tranclia par son double vote cette grande (jueslion, et le plan d'un autre avocat du -Mans, Philippeaux, qui ne la connaissait pas davantage, fut préféré à celui de sept généraux qui faisaient la guerre dans ce pays depuis le commencement des hostilités. A quoi tiennent les destinées des empires? Ne pourrait-on, si la chose était moins sérieuse, parodier ainsi ce que Beaumarchais fait dire à Figaro?// fallait des militaires pour jiirjer la(iuestion, elle le fut par des arocats. Kst-il étonnant après cela que, le succès de ce plan de campagne n'ayant pas répondu à l'attente de Philippeaux, celui-ci ait accusé la commission de Saumur et le général qui commandait cette armée de tous les malheurs qui en sont résultés. C'est la tactique ordinaire de tous ceux quiont tort d'accuser les autres pour n'être pas accusés eux-mêmes. Mais notre dévouement était tel «jue, quoique ce plan de campagne eût été adopté contrairement à notre opinion, cela ne nous empêcha pas, liourbottc, Fayau et moi, de marcher à la tète des colonnes. Richard seul resta à Saumur pour diriger les convois, tandis que Philippeaux et les autre? députés, — excepté -Merlin de Thionville qui marcha avec l'armée de .Mayence ainsi que Cavaignac, — restèrent bien tranquillesà Nantes pour garder les bagages. Là, pas plus (ju'à l'atlaire des Ponts-dc-C.é,/e5 boulets ne caressèrent le panache de Philippeau.r.W n'est pas défendu d'être prudent.

.M. -Mplionse de Beauchamp, avec le(juel je suis rarement d'accord sur la guerre de la N'endée pendant l'année I/qS, convient cependant (t. I, p. 3oi) que ce plan de campagne

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ne fut ccinru ni d';ipros les principes de la e-uerre, ni d'après la posilioiilopou^rapiiii[ue de l'armée ennemie, et, chose étonnante, il dit, pour la première fois, quelt|ue bien du ifénéral plébéien qui, voyant les préventionsqui s'élevaient contre lui, proposa au général Canclaux de lui céder le commandement et donna ainsi, dit M. de Beauchamp, une grande preuve d' abnégation el de dérouemenf (i).

Charelte avait toujours son quartier général à Légé. Le 27 août, il attaqua la Hoche-sur-Yon par trois points différents. Le générai Mieskousky, qui commandait la division des Sables-d'Olonne, le repoussa avec perte jusqu'à Légé. Quelques combats eurent lieu du côté de Machecoul et de Saint-Gervais entre Charelte et Beysser, mais sans résultats décisifs. Pendant ce temps, l'armée de .Mayence marchait sur Nantes. Le 3i août, les Vendéens avaient attaqua le camp qui couvrait Nantes. Ils furent repoussés. Le 5 septembre, ils attaquèrent de nouveau pour empêcher la jonction de l'armée de Mayence. Ils furent également repousses.

Dans le Haut-Poitou, le général Tuncq venait de commettre une grande imprudence. 11 s'était porté sans ordre jusqu'à Chanlonnay. Le 3 septembre, il fit une bien plus grande faute. Se croyant menacé par des forces supérieures, il abandonna son armée sans prendre aucune disposition pour la retraite, et, si sa division ne fut pas entièrement détruite, elle ne dut son salut qu'à la présence d'esprit du brave Lecomte, commandant du bataillon le Vengeur, nommé récemment général de brigade. Cet officier, blessé dangereusement, ramena cependant la division jus(ju'à Mareuil. Sur son

(i) Kossiçiiol, naffuères encore içarcon orfèvre, puis cli"f de la .35' division de gendarmerie, était actif el'ltrave. mais enlliousiaste el ^rrossier. Onoi qn'on en ail dit, il ne manr|iiait ni de tact ni de jiiiîemcnt : la défense qu'il fit à ses divisionnaires d'engauer des affaires partit-lies, et 1 opinion qu'il émit liientùl dans le conseil de fTuerrr de Saumur, le prouvent victorieusement. Au reste il aimait siiiccreinenl la repuliinpie; et |)ersonne, dai'.s les irraiides crises, ne porta plus loin labfuyalion de soi-même. — Jomi.m, Histoire des guerres de tu Rérolulion, t. IV. p. r>yi.

lit de mort, il adressa au niiuislre de la £^uerre des plaintes amères contre Tuncq. « Le général Tuncq, dit-il, a quitté son poste à la veille de la bataille, sans avoir fait aucune disposition pour assurer les derrières de sa troupe qu'il avait portée à huit lieues en avant de Luron, sans postes intermédiaires Il est parti, sans laisser aucun renseisrnement, emportant avec lui les carKs, les livres d'ordre et les notes secrètes. »

M. de Bcaucliamp a dit, à la page ^09 de son premier volume, que la prise d un courrier qui portait à Nantes le plan de campagne arrêlé à Saumur, avait fait connaître aux Vendéens tous nos projets. M. de Beauchampaété mal instruit. Ce plan de campagne n'a point été envoyé à Nantes par un courrier et ne devait point l'être, puisque les généraux Canclaux el Dubayet, ainsi (jue les représentants qui les accompaynaient, en avaient chacun une copie II fut livré à l'ennemi par r imprudence de Merlin de Thionrille, pour ne rien dire de plus. J'ai trouvé ce plan de campagne dans les archive.* du conseil supérieur établi à Chàtillon, lorsque nous y sommes entrés, le général Westermann el moi, après le combat du bois du .Moulin-aux-Chèvres, entre Bressuire et Chàtillon, el nous l'avons expédié, avec une grande (juantilé d'autres papiers. Philippeaux a prétendu que je les apportais moi-même. La chose était impossible, car ils remplissaient un caisson tout entier. Ce caisson, à mon grand regret, a été enlevé le lendemain par l'ennemi. Alors j'ai écrit au comité de Salul public que Chalbos cl moi avions reconnu cette copie pour être l'une de celles qui avaient été délivrées à chacun de nous à la suite du conseil de guerre de Saumur, et que nous avions reconnu les signatures du président et du secrétaire. Notre première opinion fui que cette copie n'avait pu être livrée ([ue par un traître, el, comme Philippeaux avait cherché à insinuer que j'avais fait disparaître celte pièce, je me rendis de suite à Paris, je déposai au comité de Salut public la copie qui m'avait été délivrée , et je demandai (jue tous ceux (jui l'avaient re^ue comme moi, généraux et représentants, fussenl

LA CONDL'Iïl!: DF. MERLIN DK TU ION VILLE 431

tenus d'en faire autant, afin que le Irailrc fût connu (i).

Etrectivem.Mit, le comité cxi^eii cette rci)rcsentation, et Merlin de Thiouvillo fut obligé de convenir que sa copie, qui était déposée dans son caisson, lors de la déroute que l'arnice de .NLivence avait éprouvée en marchant sur Mortaa^ne, était tombée au pouvoir de l'ennemi. Je n'accusai pas dans le temps Merlin de Thionvillc, parcequeje n'accuse pas légèrement; mais je lui reprochai vivement une ncglig^ence coupable, car il connaissait assez les usaçes qui se pratiquent aux armées, lors(|ue le mot d'ordre est tombé au pouvoir de l'ennemi, et qui consistent à en donner avis de suite à tous les postes : à plus forte raison, quand il s'ai^it d'un plan de campag-ne.

Merlin ne s'est pas entièrement justifié à mes yeux. Sa conduite réactionnaire et son luxe effréné eu rentrant à la Convention, n'ont fait qu'ajouter à mes soupçons. Ce n'est pas d'ailleurs dans un c.iisson que doit se placer un plan de

(i) Lettre de Ronsin :

23 bruir.a're, l'an II de la Hépul>li((ue une et in.livisible.

Au conseil de e^uerre tenu à Saumur le 2 s-eptembre, où la marche de l'armée de Mayenco sur .Morlas^iic, fut arrêtée par Nantes, Pliilippcaux prit vingt fois la parole pour soutenir ce plan qui devait cire d'autant p us suspect aux bons patriotes, qu'il était l'ouvraLce des ci devant mari]uis de Caiiciaux et d'Aubert-Dubayel. Philippeaux, qui avait tout [)révu pour assurer l'admission de ce plan, avait l'ail venir un mil I ionnuire, qui fut, on ne sait à quel litre, admis au conseil: IMiiiipeaux l'iulerpeliait toutes les fois qu'il s'élevait (jueiques iui|uietudes sur les subsistances, et le millionnaire jurait (ju'il ne manquerait rien à l'armée de .Mayence, et qu'il avait à Nantes des vivres à sa disposition pour plus de trente mille hommes; cependant à peine l'armée de .Mayeucc fut-elle arrivée à Nantes que des courriers furent envoyée aux re()rcscntants du pjuple Bourbotte, Clioudicu el tiichard, pour dépeiniire la détresse où l'armée se trouvait, et demander qu'il fut envoyé de Saumur et d'Anijers toutes les subsistam-es nécessaires. Il est aisé de voir (pie la malveillance el la fourberie ont présidé à C(' conseil, et la v-rité serait bient(')l reconnue, si l'liili|ipeaux était sommé de nommer le millionnaire qui osa mentir si impudemment, el exposer une armée à se désorganiser. Signe : Ronsi.n.

/'. .S'. — Le plan de campagne, tracé ce même jour, a elc retrouvé dans les papiers du conseil supérieur des brigands à ChAlillon-sur-Sivre. Ce fait a été ceriitle par Robert, chef de l'elatmajorde l'armée des cotes de Dresl. i/i. cirait d'un rjcutil de jnèces jiublié chez Momjij en l'an U.)

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campagne, et, comme je le lui ai dit à lui-même, je puis le répéter ici.

D'Elbéc, instruit de la marche de l'armée de Mayencc, convoqua à Chàtillon un conseil de g-uerre dans lequel il fui décidé que l'armée vendéenne se liendrail au centre de l'armée républicaine et que, lorsque celle-ci serait enjjag-ée dans le Bocage, on attaquerait successivement ses divisions avec des forces supérieures. C'est ce que j'avais prévu.

M. de Beauciiamp, qui sans doute n'a fait que copier les écrits de Philippeaux, avance (pp. Siy et 3i8) que l'armée vendéenne attaqua à Doué, le i4 septembre, la division de Sanlerre, tandis que ce fut, au contraire, Sanlerre qui, de Saumur, se porta sur Doué, pour v attaquer la division commandée par d'Autichamp. J'étais présent à celte affaire où j'ai vu, avant le combat, bénir les armes par l'évèque d'Ai^ra, comme le fit le cardinal de Guis avant le massacre delà Saint-Barlhélemy, ce qui n'empêcha pas d'Auticlianip d'être complètement battu (i).

M. de Beauchamp ajoute encore, à la même page, (]ue Rossignol expédia en même temps aux colonnes de Niort, de Luçon et de Fontenay, l'ordre aussi ejclraord inaire qiCinconcenable de reprendre leur première position, el que Chalbos rétrograda. C'est encore une imposture avancée par Philippeaux et répétée par M. de Beauchamp. Un ordre semblable n'a point été donné; et cela est si vrai (|ue la division de Chalbos était encore, le 17, à la Châtaigneraie, et celles de Beîl'rov et de Mieskousky n'avaient pas quitté Saint-Fulgenl et Chantonnay, positions qui avaient été indiquées parle plan de campagne du 3 septembre. Rossignol n'a point désavoué cel ordre el ne Fa point qualifié de malentendu, comme le dit encore M. de Beauchamp, puisqu'il n'a point élé donné (2).

(i) On voit (lar ce dclail donné pour la deuxième fois que Dhoudieu a confondu les deux batailles de Doué, celle du 4 aoi"it et celle du i4 septembre. Le Irait qu'il cite se rapporte à cette der- Dière [ça^nee sous le commandement de Sanlerre assisté du général Dembarère. Ainsi s'explique la conlradiclion précédemment relevée. [,V. de l'Ed.)

(a) Dans son rapj ort de l'an II, (.houdieu avait dit :

SANTERRt: ET L'AFFAIRE DE CORON 433

Ce ne fut point non plus le vénérai Turreauqui prit position à Coron. Ce fut le général Chabot, qui s'en empara avec un bataillon de ligne de ta /or/nation d'Orléans, le i8 septembre.

Notre armée était arrivée le 17 a Viliicrs, sur deux colonnes et chacune d'elles avait livré un combat à l'ennemi, l'une à Gonnord et l'autre en arrivant à Vihiers. .Nous passâmes la nuil, en avant de Vihiers, entre le chàtau du Coudray- .Montbaull et Coron. Nos avant-postes furent placés en avant de Coron, sur une hauteur dite la Grille des hommes.

Le général Chabot demanda à Santerre quelques pièces de canon pour tenir l'ennemi en échec jusqu'à ce que le corpsd'arniée put le soutenir. L'officier qui commandait l'artillerie, par un malentendu qui causa tous les malheurs de cette journée, fit avancer le parc tout entier et l'encombra ainsi dans les rues de Coron (jui sont très étroites. Et pendant le temps nécessaire pour le faire rctrog-rader, Chabot, que l'ennemi attaquait vivement, n'étant pas soutenu, ordou-

« Il est faux qiio les colonnes de Niort, de Lu(;on et de Fontenay aient eu ordre de retourner dans leiu's cantonnements; cl si cet ordre eût existe. Pliiiippeaux. qui a fait imprimer six volumes ]iour prouver les trahisons de Ronsin et de Rossignol, n'eût pas manquer de l'aire imj)rimer une [)ièceaussi précieuse;et jel'en défie. i-

Pins loin il ajoute :

« Chalbos était encore à la Cliàtaicrneraie le 17 septembre. Philippeaux a fait imprimer une lettre de lui datée de cet endroit le 17, et Pliiiippeaux ne récusera pas son propre témoignasse. Un malentendu le détermina à se retirer sur Fontcnay le iS. Mais il est fau.x ([Ue l\ossiu:nol en ait donné l'ordre. Aussi Chalbos, après lui avoir expédié un courrier pour s'expliquer avec lui, reprit le 20 sa position à la C.liàtaiur'ieraie, oii il esi resté, quoi qu'en dise Philippcaux, jusqu'au 4 octobre, cpi'il reçut l'ordre de marcher sur Bressuire et sur Chàtillon. »

L'ordre textuel de Hossii.fnol ne fut en eft'et jamais produit; mais, 'ces dernières années, .M. L. Chassin a publié dans son grand travail documentaire sur la Vendée f>alriule [i. III, p. ■]()), im arrêté des représentants Fayau et Ikllegarde, pris à la Châtaigneraie le 17 septembre i7<.)'{, qu'un peut regarder comme une preuve indirecte du malentendu et des ordres contradictoires qui motivèrent la fausse man<euvre de Chalbos évacuant la Châtaigneraie le 18 pour s'y reporter le ao sur l'(jrdre formel de Rossignol. Les explications de (ihoudieu en deviennent moins décisives, mais cela ne légitime pas les accusations incoasé(pientes de Pliiiippeaux. (-V. de l'Ëd.)

ua la retraite qui se Ht péniblement, parce que les canons et les caissons (ju'on faisait louruer difticilement, et dont quelques-uns s'étaient brisés, barraient la route pour la retraite, comme ils avaient empêché de porter des secours assez prompts à Chabot

Le corps d'armée, voyant se replier l'avant-garde, prit l'épouvante et se relira dans le plus s^rand désordre. I-a déroule devint g-énérale. Philippeaux a prétendu que (jo.coo hommes avaient fui devant 3.ooo Vendéens. Le fait est que l'armée vendéenne se composait de 20 000 hommes et qu'elle avait reçu la veille un renfort de 4-ooo hommes à Cholet. Il est constaté, par les bulletins mêmes imprimés à Chàtilion, et par les rapports des prisonniers, que cette armée était au moins de 25.000 hommes. Celle de Santerre comptait environ 10.000 hommes de troupes réglées. Le reste se composait du double environ de çardes-nalionales requises qui n'avaient aucune idée de tacliciue militaire et prenaient la fuite lorciu'elles entendaient le premier coup de canon. Il n'est donc pas étonnant iju'une armée ainsi composée ait été battue par 20.000 Vendéens açuerris.

On a beaucoup exagéré les fautes de Santerre dans cette malheureuse affaire. Il est très vrai qu'il n'y a pas déployé de grands talents; mais il est faux qu'il ait fait marcher sot» armée sur huit honuiics de front penilanl l'espace de six lieues, car l'armée tout cnliére a passé la nuit prés du château du Coudray-.Monlbault, et de cet endroit à Coron il y a peine une demi-lieue; il est ég'alemenl faux (jue Ronsiu se soit caché dans une cave, comme l'a dit Philippeaux; nous étions à l'avanl-garde, Bourbotle et moi, lorsque le combat a commencé, et nous formions rarricre-gardc pendant la retraite. En arrivant sur la montagne, nous avons trouvé Ronsin ([ui avait rallié quelques fuyards et qui s'est joint à nous. Il n'était donc pas caché dans une établo.

Le lendemain, kj, nous avons éprouvé un autre échec. La division Duhoux, qui s'était avancée jusfiu'à lieaulicu. a été complètement battue au Pont-Barre dans sa relra' précipitée. Le bataillon deJemmapes et ceux de la içarde nationale d'Angers tinrent ferme et perdirent beaucoup de

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