‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 69 sur 87 · NOS DÉFAITES · texte numérisé non relu

NOS DÉFAITES

monde. On accusa le géurral Duhoux de (nihison. Vn prisonnier, .M. de la Sorinière (i), nous assura (]ue Duhoux avait eu la nuit une conférence avec un autre Duhoux, sou parent, (jui était dans l'arniée vendéenne. Nous supposâmes que cet ol'ticier n'accusait Duhoux que pour se sauver luiincnie.Nous finies peu d'attention à sa déclaration, parceque Duhoux ayauldirio-c la belle défense de Lille, l'année précédente, contre Marie-Christine, nous inspirait la plus grande confiance. Cependant des renseis^nements ultérieurs sendjlèrenl confirmer celte accusation. Il fut destitué, et par suite emprisonné et traduit au tribunal révolutionnaire.

Pendant ce temps, l'arniée de Mayence obtenait quelques succès à Lég'é, Port Saint-Père, .Machecoul et Clisson. L'armée des côtes de Brest s'était emparée de Porl-Saiul-Père, Pornic el Bouro-neuf. Elle avait fait sa jonction avec noire division des Sables, le kj septembre. Mais, tandis que ce jour là d'Klbée balla't Duhoux à Beaulieu, un autre corps attaquait l'avant- i^arde de l'armée à Torfou le 19 septembre, et la battait éi^alement. Le même jour, les Vendéens se retirèrent à Mbntaig^u. Be.sser les en chassa ainsi que de Clisson. L'armée républicaine marcha ensuite sur Mortagne. Mais elle fui attaquée, entre Tiffauges el Torfou, avec toutes les forces vendéennes réunies. Le 21 septembre, l'armée vendéenne marcha sur Monlaigu. Beysser, surpris par celte attaque imprévue, put à peine rassembler quchpies bataillons sous les murs de la ville ; mais il était trop lard. Les républicains, se croyant trahis, se déhandérent. Le conventionnel Civaignac fil de vains efforts pour les rallier. Bevsser fui blessé. Un détachement resté dans le château de Monlaigu se fit jour la baïonnelle en avant. Charette no fit aucun quartier aux prisonniers.

Le 22, Canclaux fut obligé d'évacuer Clisson. Dans sa retraite, il oppjsa une vigoureuse résistance. De dislance on distance, il reprenait position el tenait icte à l'ennemi. On se battil de pari et d'autre avec une grande opiniâtreté.

(1) Henry Duveyrier de la .Sorinière s'évada; repris p<Mi de temps après, il fui ijuilluline à Angers, le •-•5 octobre. '.V. de l'Ed.)

L'ambulance de l'armée républicaine tomba au pouvoir des Vendéens qui ég-orifèrent sans pitié tous les blessés. Tel esl le triste résultat des «guerres civiles. Les royalistes ont reproché aux républicains quelques atrocités de ce g'enre ; mais c'est une accusation vague et qui n'a jamais été prouvée, ni précisée.

Suivant le plan de Saumur du 3 septembre, toutes les divisions des deux armées devaient se trouver réunies devant Mortagne pour l'attaquer simultanément le iG. Aucune d'elles ne put y arriver, comme il n'était pas difficile de le prévoir, parce qu'elles furent atta juées isolément. Cependant deux divisions de l'armée des Côtes de la Rochelle se maintinrent dans les positions indiquées ; aucune de celles de l'armée des côtes de Brest et de Mayence n'en fit autant. Et si je fais ici celte observation, ce n'est pas un reproche que j'adresse à ces deux armées qui ont combattu vaillamment et fait tout ce qu'il était possible de faire, mais pour justifier l'armée des Côtes de la Rochelle qui n'a été entamée sur (juelqucs points que parce qii'on lui avait laissé imprudemment plus de 60 lieues à défendre, tandis que les forces principales, qui avaient à peine une lisj-ne de 3o lieues à défendre, avaient été portées en masse sur Nantes. Mieskousky, qui n'avait que /jooo hommes sous ses ordres, conserva sa position jusqu'à la dernière extrémité et ne se retira que lorsqu'il fut convaincu que (^lalbos s'était retiré lui-même. Bien ignorants sont ceux qui ne savent pas prévoir que souvent à la g-uerre il se présente des obstacles insurmontables.

Que devait faire dans des circonstances aussi critiques le commandant en chef de l'armée des côtes de la Rochelle qu'on a tant calomnié ? Il ne désespéra point du salut de la patrie. Le 2 octobre, il convoqua un nouveau conseil de guerre et c'est cette mesure que Pliilippeaux, qui n'a vu les armées que de loin, appelle une trahison. Il serait bien à souhaiter qu'il ne se fût jamais trouvé d'autres traîtres dans nos armées.

Philippeaux, qui me faisait toujours l'honneur de me

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