‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 71 sur 87 · DÉSACCORD DES ARMÉKS VENDÉENNES 4U · texte numérisé non relu

DÉSACCORD DES ARMÉKS VENDÉENNES 4U

des administrations militaires qui spéculent sur les batailles perdues et agiotent la guerre sur des tas de morts. II ne faut à l'armée qu'un petit nombre de représentants, à trop de généraux un chef unique. Il ne faut qu'une même vue, un seul esprit, une même impulsion, épurer les états-majors des ci-devant nobles et de tous les hommes suspects. »

Ces mesures mirent fin aux divisions qui existaient entre les commissions de Saumur et de Nantes. Nous fûmes tous contents d'être rappelés, excepte Philippcaux, qui provocjua dans l'Assemblée nationale de nouvelles divisions par une dénonciation en :>G articles, à laquelle je répondis et dont je parlerai tout à l'heure. Bourbolte et Turrcau furent seul» conservés. Francastel, qui était aux armées du Midi, leur fui adjoint (i). Le comité de Salut public m'invita à rester jusqu'à son arrivée; mais j'étais trop content de quitter cette armée d'où je sollicitais mon rappel depuis longtemps. Je supposai que je n'avais pas reçu la dépèche du comité qui m'invitait à rester, et je partis le jour même où le Moniteur m'annonça mon rappel. Arrivé à Paris, on voulut me faire retourner à l'armée ; mais j'étais trop heureux d'être décharge d'une tâche aussi pénible. Je résistai, donnant pour motif de mou refus qu'un décret qui me rappelait était pour moi bien au-dessus des instances du comité.

Les deux armées avaient été réunies en une seule, sous le commandement de Léchelle, cl sous la dénomination d'armée de l'Ouest. Rossignol fut nommé commandant de l'armée ds Brest, ainsi que je l'ai dit ci-dessus, ce qui prouve qu'il n'avait pas perdu la confiance du comité de Salut public.

Les armées vendéennes, victorieuses sur presque tous les points, ne tardèrent pas à se diviser entre elles. La troupe de Bonchamp ne s'accordait pas avec celle de Chareîte. La première, loin de massacrer les prisonniers, les traitait avec assez d'humanité. Celle de Chareltc ne leur faisait aucun (juarticr et se livrait à toutes sortes d'excès. Les deux armées se séparèrent aux Herbiers, s'imputanl des torts réciprotjues

(i) Décret du i3 octobre.

Des rivalités funestes s'étaient établies dans leurs armées comme dans les nôtres, et elles furent ég-alement funestes aux unes commeaux autres. Chacun se fit illusion sur l'avenir. D'Elbée etBoachamp désiraient concentrer toutes les forces. Cliaretleaima mieux s'isoler et reprit sa position de Léçé. La discorde s'ag-itait en tout sens : Bonchamp était jalousé par j)lusieurs chefs; on ne pardonnait pas à d'Elbée de s'être fait nommer g-cuéraiissime de préférence à Bonchamp; le prince de Talmond et Lescure avaient ambitionné ce poste depuis longtemps; les succès avaient auiçmenlé les prétentions de chaque chef et chacun, voulant ag-ir séparément, contrariait le système des masses; La Rochejaquelein, Talmond et d'Autichamp étaient rarement d'accord avec Bonchamp et d'KIbée, qui connaissaient mieux qu'eux le caractère des Vendéens.

J'ai dit plus haut que l'armée de Canclaux était rentrée en campagne à la fin de septembre. Après s'être emparée de Clisson et de Montaigu, elle marcha de nouveau sur Mortagne. Bonchamp seul opposa delà résistance, Mais, n'ayant pas été soutenu par Charetle, il fut obligé de battre en retraite; de son côté, Lescure, pressé par les divisions de Saumur, qui, quoi ([u'en ait pu dire Philippeaux, n'ont point cessé de harceler reiinemi, ne put porter aucun secours à Bonchamp qui fut battu complèlemcnl, entre Tiffauges et Mortagne, par Aubcrl-Dubayel, qui conduisit son armée à la victoire, quoiqu'il eût déjà reçu l'avis officiel de sa destitution (datée du G octobre). Je n'ai jamais cru que Dubayct et Canclaux fussent des traîtres; mais ils étaient nobles, et tout ce qui était noble inspirait des préventions. On aurait dû peut-être faire des exceptions. Mais on avait été trahi tant de fois qu'il était permis d'être déliant. Eu révolution, on n'est pas toujours juste envers les individus. Cependant ces deux i^énéraux furent lionorablemenl réintégrés dans leurs grades. Aubert-Dubayet fut même, l'année d'après, nommé ministre de la guerre, et par la suite ambassadeur à Constantinople, où il est mort.

M. de Beauchamp affirme (paii-e '^f\r), tome 1) que l'armée de. Mayence, mécontente de ce qu'on lui enlevait Aubert-

Page 1