‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 83 sur 87 · SUR L ASSEMBLEE CONSTITUANTE · texte numérisé non relu

SUR L ASSEMBLEE CONSTITUANTE

L'Assemblée conslituante, avant de se séparer, décida qu'aucun de ses membres ne pourrait faire partie de l'Assemblée létrislativp (|ui allait la remplacer. Beaucoup de personnes ont blâmé cette mesure et ont pensé qu'elle avait eu tort de confier la consolidation de sonouvra<icà une Assemblée nouvelle. Je ne suis pas entièrement de cet avis, et je pense, au contraire, qu'elle a donné non seulement un g-rand exemple de désintéressement, mais encore que c'est un acte de prudence de sa part parce que déjà des g'ermes de division s'étaient manifestés dans son sein depuis la fuite d'i Roi, et que ces discusions n'eussent fait qu'augmenter si les dissidents de cette Assemblée, qui déjà avaient essayé de réviser les principaux articles de la constitution, eussent pu faire partie de la nouvelle assemblée ; et il me suffira, pour donnerquelijue consistance à cette opinion, de citer l'exemple

Convention delà situation crilitjue dans laquelle se trouvait cette place. Accompagne seulement d'un cavalier, il sort de Maubeiige au milieu d'une nuit obscure, traverse le camp ennemi, et toutsemblait favoriser son audacieuse cnlrcprisc, lorsqu'on sonne l'alarme. Le seul obstacle qui se trouve devant lui est un fossé que son compatrnon de voyage franchit heureusement, mais lui n'a pas le même bonheur: son cheval s'abat. Les Autrichiens s'emparent de Drouel et le mènent au quartier général. Le prince de t^obourg l'accabla d'injures et eut l'indigniléde lui marcher sur le corps. De là Drouet fut conduit et incarcéré à la citadelle d'Olmutz. Il essaya de s'évader àl'aide d'un parachute qu'il avait fabrique dans sa prison. Malheureusement son entreprise ne réussit pas el il fut précipité dans les fossésdela citadelle où il secassa la cuisse. (Papiers de l'Aateur.)

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de es qui s'est passé lors de la nomination des députés à la Convention nationale après le lo août.

J'avais proposé dans les derniers jours des séances de lAssembléc lég-islalive de suivre l'exemple que nous avait donna l'Assemblée constituantle. Le motif qui me déterminait à cette proposition n'était que d'écarter des nouveaux choix les membres du parti de la Gironde, qui, dès le jour même du lo août, avaient cherché à s'emparer du mouvement et à faire croire qu'il avait été dirigé par eux ; comme j'étais sur du contraire, je prévoyais d'avance les divisions qu'amènerait néc2ssairement cette prétention qui serait vivement combattue surtout par les nouveaux membres que je prévoyais devoir être choisis dans le département de la Seine où était connue la conduite des Girondins pendant cette journée contre laquelle ils eussent lancé les foudres de leur élo(juence, si elle neùl pas réussi, mais dont ils réclamaient l'honneur, lorsque le danger avait disparu.

Vergniaud, qui était de bonne foi, fut sans s'en douter l'instrument de cette intrig'ue qui fut concertée d'avance chez Condorcet. On y avait préparé le décret de convocation d'une Convention nationale et le choix du rapporteur tomba sur Vergniaud, non pas seulement parce que c'était le membre le plus éloquent de cette réunion, mais parce qu'il était en même temps le plus populaire. Combien de fois ne m'a-l-il pas dit depuis en g-émissant sur les malheureuses divisions qui avaient éclaté entre la Gironde et la députation de Paris, que j'avais bien raison de demander qu'aucun de nous ne put être réélu. En effet, que de malheurs eussent c:é évités, si ma proposition avait adoptée.

11 est vrai que c'est la Gironde qui a jeté le gant. Elle en a été cruellement punie.

L'Assemblée constituante prononça, sur la proposition du général Lafayette, une amnistie générale pour tout ce qui avait précédé l'acceptation de la Constitution.

Ainsi se termina cette session mémorable qui a doté la France d institutions libérales, je pourraismèmedire d'insli- Ititions républicaines que les Français s'estimeraient encore

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heureux aujourd'hui de posséder : municipalilés, administration départemcnlale, choix des magistrats, choix des ministres dehi religion. Elle atout laisse à l'élection populaire : organisation delà garde-nationale, choix de ceux qui devaient commander par ceux qui devaient ohéir, vole de l'impôt par la législature, responsabilité des ministres (i). Il n'a manqué à son ouvrage pour être parfait que l'élection libre et temporaire du chef de l'État et sa responsabilité, car c'est une anomalie qu'un chef qui peut tout et qui n'est responsable de rien.

Enfin, n'eùt-elle proclamé que la souveraineté du peuple et le droit d'insurrection contre la tyrannie, que ce serait un pas de géant ! Elle a ouvert des voies nouvelles à la civilisation. Puissent nos neveux eu profiler mieux que nous !

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