‹ Mémoires et observations cliniques de médecine et de chirurgieChapitre 1 sur 22 · DE METTRAY · texte numérisé non relu

DE METTRAY

INTRODUCTION

Les observations que j'ai rassemblées ici , ont été prises parmi toutes celles que j'ai recueillies clans le cours de ma pratique. En leur donnant la préférence, j'ai consulté leur actualité , et quelquefois leur importance ou leur nouveauté.

Il ne m'a pas été possible de leur donner un ordre didactique, car le plus souvent elles n’ont entre elles aucune connexion. Ce sont des matériaux épars, qui m’ont paru de nature à fixer l’attention des praticiens. Puissent-ils leur être de quelque utilité et mériter d’être réunis à ceux qui constituent le vaste édifice de la science !

Quoiqu’il en soit, je n’aurai pas à regretter le temps employé à réunir ces observations et a les rédiger. Pour quiconque aime à soulager ses semblables , la médecine est pleine d’attraits ; ou trouver un sujet plus digne d’intérêt?

INTRODUCTION

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La société ni* témoigne-t-elle pas chaque jour drs services que les médecins lui rendent par l'empressement qu'elle met à réclamer leurs secours ?

Kîd-il , en effet, quelque chose de plus précieux que la santé? Sa conservation doit nous être d’autant plus chère, que nous avons sans cesse devant les yeux la maladie et la mort. Personne ne peut résister au sentiment d'appréhension qu'elles inspirent; il domine tous les autres.

Kt, cependant, quand on réfléchit aux tribulations de ce monde , l'on ne peut s'empêcher «le reconnaître que la vie n’est qu’un ensemble de chagrins et de souffrances, adoucis par quelques plaisirs éphémères. Ltrange contradiction, que peut à peine expliquer l’impérieux besoin qui nous fait apprécier la santé comme le premier des biens !

.Mais ce bien, sans lequel il n'v a pas de bonheur, qui donc est appelé à le conserver? n’est-ce pas celui quia étudié les maladies dont nous sommes affligés , qui a interrogé les règnes de la nature pour y trouver les moyens

INTRODUCTION

de les prévenir ou d’en obtenir la guérison , celui , en un mot , qui, pour arriver à de tels résultats , passe ses jours dans la méditation et le pénible exercice de la médecine ?

Si l’on voulait trouver des compensations pour les sacrifices qu’impose noire profession , . on ne pourrait les chercher que dans l’amour de l'art et dans les nombreuses guérisons dues à sa bienfaisante intervention.

Quel médecin n’a pas senti son cœur s’épanouira l’arrivée d’un mieux d’autant plus désiré, que le malade à qui il prodiguait ses soins était déjà dans les étreintes de la mort ! et, (juel est celui qui n’a pas éprouvé une douce émotion, lorsqu’une famille, naguère éplorée, lui exprimait sa joie et sa reconnaissance !

Peut-on , d’après cela, rester indifférent au progrès de la médecine et ne pas redoubler d’ardeur pour accroître le nombre des agents thérapeutiques et des moyens chirurgicaux, qui lont aujourd’hui de l’art de guérir une science de laits, une science qu’il n’est plus permis d’appeler conjecturale ?

Les découvertes faites jusqu’à présent , nous

I M ! K O U I CMOS

‘*ii promettent «le* non moins importantes. Lu chirurgie, un procédé ingénieux e>t , à chaque instant , remplacé par un plu^ ingénieux, ri maigre le> trésor* «pu* I on trouve dans la matière médicale, il x a encore beaucoup à faire ; car, il nVal pan possible d’en douter, pour chaque maladie, le créateur a voulu qu’il x eut un remède,

Déjà, u 'avons-nous pa> la vaccine? Le 1er contre la chlorose? Le quinquina contre les lièxres intermittentes pernicieuses? Lt contre la douleur. n avons-nous pas l’opium, tant exalté par rilliistreSxdenliam?enlin. beaucoup d’autres remèdes héroïques, qui sont le triomphe de la médecine?

Puisque ces remèdes ont une action spéciale et si rllirace, pourquoi n’en existerait-il pas contre d’autres affections réputées incurables ?

Ainsi, la goutte, qui fait le désespoir des gens riches, le cancer, la phthisie, les scrofules et tant d’autres maladies , offrent encore d’amples moissons, au médecin observateur, au médecin qu’anime un zèle ardent pour dévoiler les secrets de la nature.

INTRODUCTION. X.j

En résumé, la médecine, quels que soient ses labeurs, quand on s’y livre avec goût , a un charme indicible qui attache de plus en plus. Si elle exige plus que du dévouement de la part de ceux qui sont initiés à ses mystères, elle donne en revanche, quand elle est convenablement exercée, un contentement qu'il est difficile de rencontrer ailleurs. Mais, pour jouir de ses bienfaits et pour les répandre , il faut cultiver les richesses thérapeutiques dont elle est dotée, et sans se jeter dans l’absurde , sans rien dédaigner, il faut tout soumettre au creuset de l’expérimentation.

Celle tâche est dévolue à tous les hommes de l’art. Chacun peut puiser dans la science, chacun, aussi, doit tâcher d’en reculer les limites. Combien de médecins l’auraient enrichie de faits intéressants, s'ils eussent fait connaître les résultats de leur expérience ! Cependant, lorsque des observations peuvent tourner au profit de l’humanité, on a tort de ne pas les publier. La narration du fait n’a besoin que d’étre exacte, l’utilité de la chose est un gage de l’indulgence du lecteur.

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