MORT DE LOUIS-CLAUDE CHÉRON
LETTRES inédites DE SOUMET, ETIENNE, ADRIEN DE SARRAZIN, DE BOURGOING, ETC.
NOUS voici parvenus aux premiers jours du siècle. Les Chéron voyaient s'enfuir leurs espérances de restauration monarchique; ils s'attachaient à l'éducation de leurs lils, jouissaient de leur réputation littéraire, et pouvaient croire que la hn de leur vie s'écoulerait tranquille et douce, loin des alarmes et des préoccupations. Il ne devait pas en être ainsi; c'était au contraire le moment des suprêmes épreuves. Il semble que la génération de 1789 ait été condamnée au malheur et à Texpiation : la main de Dieu, appesantie sur la France, frappait des
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mêmes coups tous ses enfants, innocents ou coupables. Les récits de François vont nous faire assister à ces tristes événements.
« C'était, dit Sainte-Beuve, l'heure où la société renaissait, et bien des salons offraient aux exilés et aux naufragés de la veille les jouissances si désirées de la conversation et de Tesprit. Il y avait les cercles philosophiques ou littéraires de M. Suard, de Mme d'Houdetot, et celui de Fabbé Morellet, que tenait sa nièce, Mme Chéron. Là dominaient, à proprement parler, les gens de lettres et les philosophes, continuateurs directs du dernier siècle. Il y avait aussi les salons du monde proprement dit, d'une composition plus variée et plus diverse. Le coup de soleil qui suivit le i8 brumaire s'était fait sentir mieux qu'ailleurs dans ce coin du monde : on aimait, on adoptait avec bonheur tout génie, tout talent nouveau, on en jouissait comme d'un enchanteur; l'imagination avait refleuri, et on aurait pu inscrire sur la porte du lieu le mot de M. Joubert : « L'admiration a reparu et réjoui une terre attristée ^ »
Chéron nous a laissé, lui aussi, une courte description de cette époque :