LE LIBRAIRE A QUI A LU
A la fureur d'écrire a succédé celle d'être imprimé, et le bon M. Guillaume, mon voisin de campagne, ne m'a pas donné de cesse que je ne lui aie promis d'employer ma typographie au service de son ouvrage.
Comme j'ai eu, dans le commencement, assez de peine à entrer dans mes bottes, l'envie quïl avoit de paroître, en personne, au grand jour du lumineux théâtre de l'impression l'a porté jusqu'à m'oflFrir de l'argent pour parvenir à cela ; mais le désinte-
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ressèment dont nous nous piquons, dans la librairie, m^a fait rejeter cette offre scandaleuse avec une espèce de sainte horreur, à cause non-seulement parce que je craîgnois l'appréhension de me voir exposé aux justes reproches de mes confrères les libraires, mais encore même parce qu'une bonne conscience, bien timorée, ne souffre pas certaines bassesses dans celui qui en est revêtu.
Parmi et entre le fatras immense des histoires dont ce recueil est composé, j'ai choisi les quatre que vous venez de lire, cher ami lecteur; j'en ai corrigé le style en extirpant les broussailles dont elles étoient remplies du depuis un bout jusqu'à l'autre.
J'ai rectifié de mauvaises inversions, dures; rendu moins louches des tournures amphibologiques, et corrigé un très-grand nombre de mots qui ne m'ont paru tout à fait dignes de la pureté de la langue françoise,
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telle que nous avons l'avantage de la parler au jour d'aujourd'hui.
Enfin, je crois avoir mis lesdites quatre histoires en état d'être lues agréablement par un public éclairément judicieux, d'un 50Ût délicat, et d'une juste finesse de dis-
:ernement.
Je pourrois même dire que c'est un petit service essentiel que j'ai déjà rendu, sans rougir, à plusieurs de messieurs nos plus célèbres auteurs , qui ne s'en sont pas trouvés beaucoup plus mal, et de même que leurs œuvres, que j'ai eu l'honneur d'imprimer.
Si je n'ai pas réussi pour cette fois, on dira du moins, à ma louange : laiidabilis coronatus.
Au surplus, comme mon talent n'est pas de me piquer d'écrire , et que je ne cherche pas à cacher, sous une feinte modestie apparente, le service ique je crois avoir rendu