Voici cette lettre
Sire,
J'ai eu llionneur d'écrire à Votre Majesté de Turin, le 19 de ce mois. J*en suis repartie le même jour, pour continuer ma route sur Paris; mais, arrivée à Chambéry, j'y reçus un courrier qui m'annonçait Toccupation de Lyon par l'armée autrichienne, et j'ai été forcée de me diriger sur Grenoble, d'où je suis venue ici par Valence dans l'intcnlion de prendre la route de Toulouse et de Limoges. Le mouvement rétrograde du corps d'armée commandé par le duc de Dalmatie me force de nouveau de m'arrOter, et l'état de ma santé ne m'a pas permis de suivre mon oncle Fesch qui a pris ici la route de Clermont. Je rais obligée à un peu de repos, et je compte attendre ici ou dans les environs le résultat des mouvements des armées qui m'environnent pour continuer mon voyage. Le prince, que j'ai trouvé à Gênes, m'accompagne. Il a cru que, pour le moment, sa place était à côté de moi ; mais U n'en désire pas moins vivement faire agréer ses services à Votre M^esté, et il a envoyé à cet effet un de ses aides de camp au ministre de la guerre pour solliciter de nouveau des ordres qui lui permettent de donner de nouvelles preuves de dévouement à Votre Majesté dans quelque grade qu'on juge ù propos de l'employer. J'ai
Les renseignements puisés aux sources que j'ai citées servaient aussi à la rédaction du Moniteur. Ce journal ne servait plus de porte-voix à Bonaparte, et je pensais qu'il devait servir à nous expliquer avec le public et à le diriger. Le Moniteur avait toujours été Torganc officiel de la Révolution, et il en renfermait les annales complètes, quoique souvent falsifiées dans Tintérét des partis dominants.
Sous l'Empire, il avait, dans ces temps de servitude, une importance qu'il devait perdre dans nos temps de
trouvé, entre Alexandrie et Chambéry, une division de 6,000 hommes se dirigeant sur le corps du maréchal Augereau ; 3,000 hommes de la division de Toscane en font partie. J'ai traversé trop rapidement le pays que je viens de parcourir pour que Votre Majesté attende de moi des détails très précis sur ces départements. Cependant, je lui rendrai compte de ce que j'ai pu ob.«*erver superficiellement.
Les habitants de la Savoie montrent peu d'énergie. La portion de leur pays qui a été occupée par les Autrichiens n'ayant pas souffert de leur présence en montre moins d'empressement il se défendre. J'ai été plus contente des habitants de Grenoble et de toute la partie du Dauphiné jusqu'à Valence. J'y ai reconnu de véritables Français. Cette population ne demandait que des armes et appelait de tous ses vœux le retour de l'armée d'Italie.
Le quartier général du maréchal Augereau arrivait en même temps que moi à Valence. On parlait diversement des événements dont le résultat a été l'occupation de Lyon. Il paraît que deux généraux se sont fort mal conduits. Le corps d'armée d'Augereau,qui se compose en partie de vieilles troupes venues d'Espagne, regrette son ancien général.
L'esprit public est faible dans les départements de Nîmes et de