LE MONITEUR
liberté. Mais, dans les premiers moments, on y cherchait encore, en France et à l'étranger, les inspirations du gouvernement. M. Sauvo, qui en était depuis nombre d'années le rédacteur, venait tous les soirs, vers minuit, soumettre ce travail au ministre secrétaire d'État. II avait puisé dans son esprit d'observation, fin et délié, et dans l'exercice de ses fonctions, un tact remarquable pour juger de l'effet que devait produire sur l'opinion les publications des actes du gouvernement. Homme officiel pour tous les pouvoirs, il les servait exactement, dans leur esprit, en faisant la réserve de ses opinions. Je l'ai souvent écouté en 1814 et 1815, et toujours avec utilité pour le service du Roi. A cette époque où l'on ne savait où prendre l'expression légale de la pensée publique, il était assez commode d'en trouver près de soi un écho fidèle; il faisait mieux, il la devinait^ La responsabilité des nouvelles publiées dans le
Montpellier, parce que jusqu'à présent, on n'a vu que de loin les dangers de la patrie. A Nimes, cette indifférence va jusqu'à l'opposition, et j'apprends qu'on a refuse de marcher. Dans ces départements, on ne parle que de la paix. La prise de Lyon y a produit une consternatlon difficile à exprimer. Je me suis mise en correspondance avec le duc de Dalmatie pour être au courant des nouvelles qui peuvent influer sur la résolution que j'aurai à prendre. La continuation de mon voyage sera réglée sur ce que j'apprendrai des opérations des corps d'armée du Midi.
Je suis avec un très profond respect,
SiRB,
De Votre Majesté Impériale et Royale la plus dévouée et soumise sœur et sujette,