Le 29 du même mois
autres. On surprenait les garnisons sous prétexte de Talliance, ensuite on les désarmait et on ]es chassait.
Pendant ce temps, d'infâmes intrigues étaient ourdies à Madrid. Napoléon s'était insinué dans les divisions de la famille royale. Il les avait animées en encourageant le fils contre le père, et assurant au père sa protection contre le fils. Arrivé à ce point, il jugea que sa présence était nécessaire pour accomplir cette grande iniquité; il n'en voulut pas laisser le soin à un autre. Il arriva à Bayonne *, Ferdinand devint roi aux acclamations des Espagnols et par Tabdicalion de son père. Savary s'attache àlui, comme le bourreau à sa victime, et par les plus perfides insinuations, et bientôt par la menace des dernières violences, il le conduit à Bayonne *. Murât rentre à Madrid ; le ministre Champagny fait un rapport à son maître sur la situation de l'Espagne, tissu de sophismes qui dévoilent et accusent ses odieux projets '. Charles VI arrive à Bayonne auprès de son cher allié dont il veut implorer les consolations et l'appui. Cinq jours après ♦, Ferdinand obéissant à son père, lui avait remis la couronne. Charles VI ne rentra dans ses droits que pour céder à Napoléon, sans condition, sans équivalent, les royaumes des Espagnes, des Indes et toutes leurs dépendances, et, expressément ledroit de transmettre ces couronnes à qui il jugera à propos». Ferdinand et les infants sont forcés de signer sous la menace de la vie. Ceux-ci sont envoyés à Valençay pour y être gardés à vue, et le vieux roi eut la permission de choisir le lieu de son exil «.
Un pareil attentat criait bien haut le sort qui menaçait les puissances de l'Europe. La Prusse ruinée par les revers et les contributions de la guerre, grevée par l'occupation de ses principales forteresses, condamnée par les traités à n'avoir plus d'armée, attendait sans défense le souffle qui
t. Le 15 aTril.